Qu’ils s’en aillent tous !, crie Jean-Luc Mélenchon, mais il oublie juste les barbus !

Publié le 22 novembre 2010 - par
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Qu’ils s’en aillent tous ! Vibrant, Jean-Luc Mélenchon pousse ce cri du cœur dans son dernier ouvrage, certains qualifieront ce cri plutôt de « coup de gueule », ils brandiront les cartons rouges : populisme, dérapage, il s’en fiche Jean-Luc il assume !

Il déclare que son livre, volontairement bref « n’est ni un manifeste, ni un programme ». Il veut faire partager « un optimisme et un enthousiasme » à tout un peuple qu’il sent désespéré avec des idées noires, lui parle d’idées déclinistes auxquelles il aimerait tordre le cou ! Il veut nous redonner le moral Mélenchon …Il faut reconnaître que l’idée est séduisante car nous en avons bien besoin, voyons maintenant son propos !

Frapper un gros coup, comme à la fin du XVIII ème siècle, chambouler la République c’est l’idée forte, mais il faut, dit-il, « savoir comment et pour quoi le faire ». Il propose un croquis à partir duquel il souhaite qu’on débatte. Redonner le pouvoir au citoyen, l’amener à participer à la rédaction d’une nouvelle constituante, ce n’est pas rien comme projet ! Comme en 1789, il œuvrerait pour une nouvelle révolution qu’il qualifie de citoyenne. Il s’inspire en cela des hommes forts d’Amérique du sud dont il est un fervent admirateur : Lula, Chavez qui ont remis leurs peuples sur le chemin des urnes en les appelant à s’impliquer dans la rédaction de leur constitution… ! En analysant le taux des abstentionnistes en France par rapport à l’élection présidentielle: 8 millions aux municipales, 20 millions aux européennes, Mélenchon pense ainsi réveiller les déçus de la politique, les re-motiver sur un projet dont il aimerait qu’ils soient les bâtisseurs !

Farouche opposant à la finance spéculative capitaliste mondialisée, à ces actionnaires qui profitent du travail des autres, il ose dénoncer les nantis qui, pense-t-il, s’en mettent plein les poches sur notre dos. Il faut que ça cesse, clame-t-il. J’avoue que sa manière de rapporter les faits est éloquente, plutôt que de parler en euros il étalonne ses comparaisons en années SMIC ce qui rend sa démonstration terriblement concrète, il emploie le mot « vertige ».

Baudoin Prot grand manitou de la banque BNP Paribas a perçu en 2009, année de la crise, 200 ans de SMIC ( + 131 %) auxquelles s’ajoutaient sur un autre compte 4,6 millions d’euros en stock-options, alors que les 200.000 salariés de la BNP n’ont eu droit, eux, qu’à 1% de prime soit 1200 euros.

Autre exemple, Carlos Ghosn a empoché cette année 770 ans de Smic il a licencié 6.000 personnes depuis 2008. Il cite d’autres responsables de Sanofi-Aventis, Total, GDF Suez, pour ce dernier cas il souligne ces deux chiffres : moins 31% pour la boite mais plus 32 % pour Gérard Mestrallet son dirigeant.

Il épingle aussi les chanteurs, « les marioles de la télé », et surtout les sportifs. Les tennismen de la dernière équipe de France qu’on a vu jouer à Roland Garros et leur coach, tous évadés fiscaux. Il en veut particulièrement à Anelka, évadé fiscal lui aussi, qui a déclaré au journal 20 minutes : « je ne veux pas jouer au foot et payer 50% de ce que je gagne ». Il rappelle à ce sportif qu’il doit tout aux impôts et cotisations de ses concitoyens : « formé aux frais du contribuable par l’Institut National du foot, il doit sa carrière aux cotisants de la Sécu ! Sa carrière ayant été sauvée par une coûteuse réparation de ses graves blessures aux genoux payée par la sécurité sociale ». Jean- Luc peste donc contre tous ces sportifs qui sont : « les plus gros consommateurs de soins médicaux proportionnellement au reste des actifs » alors qu’ils sont : « les heureux bénéficiaires d’une exonération de cotisations sociales sur les revenus attachés à leur image », droit défendu par Rama Yade, en charge de ce dossier. On comprend pourquoi son pamphlet a fait lever tant de boucliers (fiscaux)! Il évalue à 40 milliards la fraude fiscale , exactement le montant du service de la dette du pays.

Alors Mélenchon bout, Mélenchon fulmine, tout cet argent qui s’évade, tout ce fric qui ne profite pas aux Français. Il rejoint en cela le courroux d’un Jacques Myard, pourtant à l’opposé de son courant politique, qui veut proposer une loi afin qu’aucun sportif ne puisse porter le maillot de l’équipe de France s’il est évadé fiscal. On est à l’opposé du slogan : les caisses sont vides. Les milliards qui disparaissent et qui sont ainsi gaspillés au profit de quelques uns « il faut les rendre » tonne Mélenchon, tout est devenu déraisonnable et scandaleux : « De l’argent il y en a beaucoup et il est à nous. Nous allons le reprendre, et nous n’avons pas peur ! » Avec cela Jean-Luc pense qu’on résoudra tout, ou presque ! Lui il réglementera !

S’il admet une nécessaire fourchette des salaires, afin que les personnes qui ont des responsabilités soient correctement rémunérées, il fixera des règles simples. Au sein d’une entreprise pas de salaire en haut de l’échelle qui fasse plus de 20 fois celui du bas de l’échelle, et en France pas de revenus de 20 fois supérieurs à celui du niveau médian, celui en dessous duquel vit la moitié des Français ! On revient à des normes imposées par un pouvoir politique qui tiendrait sa légitimité de son élection sur les bases de la nouvelle constitution proposée par les citoyens re-motivés… Y aurait-il de la casse dans cette phase transitoire ? JLM n’y pense pas ! Il y a dans cette détermination là quelque chose à la fois d’énergique mais un ton « caporal rouge » un brin inquiétant !

Déçu, il est maintenant en colère contre l’ Europe : « L’Europe n’est pas la solution, mais le problème » écrit-il. L’Europe nous coûte cher, il souligne au passage, pour ceux qui l’ignorent, que chaque Français contribue, chaque année, au budget européen à hauteur de 284 euros, contre seulement 200 euros pour un Allemand et 150 pour un Britannique. Abus de pouvoir, totalitarisme, l’Europe nous a obligé à démanteler notre service public, supprimant en catimini les tarifs réglementés (énergie), elle organise le gaspillage. « Il n’existe pas un seul exemple d’un mieux social quelconque qui soit venu de l’Europe en France. Pas un ! » dit-il. Il se met définitivement du côté des anti-Européens et on voit mal comment il pourrait faire équipe avec les verts ou les socialistes… Il sera bien seul Jean-Luc Mélenchon sauf à se rapprocher, sur ce sujet là du moins, d’un Dupont Aignan.

Il arrive donc en pourfendeur du capitalisme mondialisé, pensant être à lui seul le sauveur de gauche. Comme Sarkozy avait affirmé : « votez pour moi, je suis l’homme qu’il vous faut » Jean-Luc Mélenchon, sorte de clone de Sarkozy, se veut être le sauveur enthousiaste de gauche, la barre à gauche toute !

Ami avec les Chinois pour lesquels il semble avoir des sentiments idylliques, il souhaite un rapprochement avec ce pays. Peu lui importent la dictature, le pouvoir musclé, les droits de l’homme. « La Chine est une puissance pacifique, il n’existe aucune base militaire chinoise dans le monde… La Chine n’est pas intéressée au rapport de forces de cet ordre ». Ce que ne veut pas voir Jean-Luc, c’est que la Chine est en guerre, que cette guerre est économique. Elle rachète partout, des territoires en Afrique par exemple, elle va spolier les Africains de leurs richesses, avec peut-être plus d’habileté que les anciens colonialistes, mais elle va le faire ! Pas de bases militaires certes, mais de vraies colonies ! Si l’on regarde à la loupe les inégalités en Chine, les Chinois de base pourraient, sans doute, faire le même pamphlet que le sien et crier « qu’ils s’en aillent tous » contre tous ces Chinois richissimes milliardaires, à l’aise, comme des poissons dans l’eau, dans le système qu’il dénonce et qui se moquent comme d’une guigne des millions de Chinois très pauvres d’en bas ! la richesse est la richesse, la misère est la misère là-bas aussi ! On sent là Mélenchon dans un positionnement typiquement idéologique : A bas les Américains, vive les Chinois !

Lorsqu’il était au PS Jean-Luc passait pour un des grands laïques du parti. On pouvait donc espérer qu’il ne renonçât pas à cette défense là. On pouvait espérer que la montée en puissance des barbus dans notre pays le titillât un peu ! Que nenni ! Et pourtant, je doute qu’il approuve le fait qu’une religion veuille nous imposer la manière de procéder à l’hôpital, et le menu qu’il faut faut manger à la cantine, mais il n’en parle pas (on sait qu’il préfère épingler régulièrement Benoit XVI ou le Dalaï Lama, ça ne mange pas de pain et c’est plus facile !). Lui qui se prétend grand laïque, n’a pas un mot sur le scandale du détournement de fonds publics que sont les constructions de mosquées et de médersas aux frais du contribuable français ! Là aussi ne devrait-il pas dire : « c’est notre argent qu’ils nous le rendent ? ».

Il pourrait utiliser cet argent détourné pour redonner moyens et rayonnement à l’école publique dont il veut restaurer la fonction première: « car sa vocation est d’éveiller la liberté de l’esprit, et non d’installer des verrous dogmatiques dans les crânes » et on ne peut que l’approuver ! « Nous ne nous laisserons pas intimider, comme l’a été la gauche face aux séides de l’Église catholique lors de la loi Savary ». Non Jean-Luc, tu te trompes, nous ne sommes plus en 1981, l’eau a coulé sous les ponts, tu n’auras plus en face de toi les séides de l’Église catholique mais ceux de la religion musulmane, autrement plus coriaces, les barbus qui veulent le voile à l’école (car ils reviendront à la charge), la nourriture halal dans les cantines, qui contestent les enseignements en histoire, philo, sciences, le sport pour les filles… Les verrous dogmatiques vont sérieusement s’immiscer dans les cerveaux dans nos 2000 mosquées et médersas françaises ! Tu n’es pas au bout de tes peines ! Lourde tâche Jean-Luc qui t’attendra si l’on ne chasse pas de notre pays la finance islamique des rois du pétrole, tous ces pétro-dollars qui achètent notre patrimoine historique et nos entreprises (il n’y a pas que les actionnaires américains), qui agissent en perturbant bien plus gravement notre République que ton « ami » le Dalaï-Lama. Ces barbus salafistes et wahhabites : qu’ils s’en aillent tous, Jean- Luc ! Tu sembles les avoir oubliés !

Chantal Crabère

(1) Qu’ils s’en aillent tous ! Vite la révolution citoyenne de Jean-Luc Mélenchon chez Flammarion.

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