Qu’on expurge enfin du Coran ses appels à la violence

Publié le 13 septembre 2010 - par
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Les menaces contre Christine s’inscrivent dans une longue série. Elles ne sont pas le fait de fanatiques isolés. Celui qui la menace le dit avec ses mots : « Le blaspheme est un delit dans l’islam …. Une Fatwa a été prononcée contre toi, tous les musulmans de france et de navarre ont le devoir d’exécuter cette dite fatwa où qu’ils se trouvent , La loi dans le coran dit que celui qui blaspheme l’islam doit etre poursuivi et chatié « . Cortex le dit dans son langage de voyou de banlieue. Mais les distingués diplomates de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) ne disent rien d’autre, même s’ils l’enveloppent mieux ; ils se battent depuis plus de dix ans devant l’ONU pour pénaliser le blasphème (1) et certaines ONG islamiques ayant surface et pignon sur rue demandent même à l’ONU une peine de mort mondiale (2). C’est sur ce terreau qu’ont poussé les voyous de banlieue qui menacent Christine. Ils ne viennent pas de la lune.

Alors, maintenant, il faut être clair. Les autorités en charge de l’islam de France doivent dire ce qu’elles veulent faire des passages criminogènes et asociaux figurant dans le Coran. Elles doivent expurger leur texte. Elles doivent, sourate par sourate, verset par verset, paragraphe par paragraphe, dresser la liste précise de ce qui, dans leur texte « sacré », reste d’actualité, et de ce qui est bon à jeter aux oubliettes. Ce qu’elles garderont, elles doivent l’assumer. Ce qu’elles ne veulent pas assumer, elles doivent l’abroger clairement.

Oui, je sais : le Coran, c’est la parole de Dieu ; et, abroger la parole de Dieu, ça ne se fait pas.

Oui mais … abroger des passages du Coran, cela s’est déjà fait. Il y a, dans le Coran, des versets dits « abrogeants » et des versets dits « abrogés » (3). Quand deux textes coraniques se contredisent, le plus récent abroge le plus ancien, même si personne n’est très exactement au fait de quel verset est plus ancien qu’un autre, puisque l’islam décourage l’exégèse. En tous cas, globalement, les versets « médinois » (les plus violents) (4) abrogent les versets « mecquois », plus pacifiques, ces derniers restant quand même bien utiles quand il faut endormir les kouffars (5) au moyen de citations d’apparence lénifiante. La géométrie variable fait partie du jihad rhétorique. Alors : si les religieux d’autrefois ont su trouver l’argumentaire pour abroger des versets de la parole incréée de Dieu quand elle était pacifique, ceux d’aujourd’hui doivent être capables de faire l’exercice inverse.

Oui, je sais aussi : ceux qui, en lisant le Coran, en déduisent qu’ils ont l’autorisation de tuer, ceux-là ont mal lu, mal compris, mal interprêté.

He bien justement : que leurs chefs leurs donnent une liste claire des passages criminogènes qu’ils abrogent, et nul n’aura plus l’occasion de mal lire, de mal comprendre ou de mal interprêter.

Oui, je sais aussi : ceux qui se lèvent pour exécuter les appels au meurtre sont MI-NO-RI-TAI-RES.

Et alors ? En quoi est-ce une consolation d’être assassiné par un MI-NO-RI-TAI-RE ?

Oui, je sais : les textes anciens, en principe, ne se modifient pas, car ce sont aussi des documents à valeur historique, et il est préférable de les lire dans leur contexte, sans les expurger de tout ce qui choque le lecteur moderne.

Oui mais … Le Coran n’est pas juste une archive qu’on utilise pour sa valeur scientifique. Son venin agit ici et maintenant. Quand le venin sera extrait, il sera temps de traiter le Coran avec le respect dû aux vénérables archives.

Oui, je sais : il vaudrait mieux que les musulmans apprennent à lire leur Coran comme les juifs et les chrétiens lisent les pires passages de l’Ancien Testament, c’est à dire sans les modifier ou les supprimer matériellement, mais en le lisant avec distance, dans un esprit de libre examen, en sachant (mentalement) quoi garder et quoi laisser, et, dans le cas des passages les plus atroces, en les survolant sans s’y arrêter.

Oui mais … qui la leur demande, exactement, cette lecture « distante », à part nous, les laïcards, qu’ils n’écoutent pas ? leurs chefs la leur prescrivent-ils ? En principe pas, puisqu’au contraire ils insistent sur la valeur juridique et normative du Coran, dont ils tirent la charia, la loi islamique. Or, quand on est un simple justiciable, on ne lit pas un texte de loi en prenant de la distance critique, ni en laissant de côté les articles qu’on juge inhumains. Une loi, on lui obéit. Si une autorité ne veut pas que le texte soit obéi même dans ses passages barbares, elle ne doit pas dire que c’est une loi.. Et, si elle dit que c’est une loi, il ne faut pas ensuite qu’elle fasse l’étonnée quand un débile a appliqué une fatwa au pied de la lettre et a assassiné une femme mal soumise, un homosexuel ou un juif.

Oui, je sais aussi : il n’y a pas que des passages barbares dans le Coran.

He bien justement : une fois que les passages barbares auront été enlevés, il restera quelque chose et l’islam ne disparaîtra pas. Elle est pas belle, la vie ? Allez, Messieurs les religieux, au travail ! dressez nous les deux listes, celles des passages que vous gardez et celle des passages que vous déchirez.

Oui, je sais aussi : le Coran est un texte religieux, et, à ce titre, il est protégé au titre de la liberté de religion.

Oui mais … la liberté de religion ne prévaut pas sur les autres droits fondamentaux. On n’a pas le droit d’appeler au meurtre en se prévalant de la liberté de religion. Si, demain, un sectateur de Kali ou de Moloch demande à organiser des sacrifices humains, on lui dira non. La liberté religieuse n’est pas l’alpha et l’oméga des droits de la personne. N’allons pas lui sacrifier le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique, l’égalité homme/femme.

Nos religieux musulmans doivent cesser de vouloir le beurre et l’argent du beurre. Ils doivent cesser de revendiquer à la fois, pour leur texte, l’autorité normative de la loi et la tolérance que notre société accorde aux textes simplement religieux, supposés inoffensifs..

Catherine Ségurane

(1) http://www.ripostelaique.com/A-l-international-la-liberte.html

(2) http://www.ripostelaique.com/L-ONU-va-etre-saisie-d-une-demande.html

(3) Versets abrogeants et versets abrogés :

View/articleId/514/LABROGATION-DANS-LE-CORAN-par-le-Pere-Zakaria-BOUTROS.aspx

verset-abrogeant-nasikh-verset-abroge-mansukh/

(4) Sourates mecquoises et médinoises :

http://www.islamophile.org/spip/Le-Coran-a-Medine.html
comment_comprendre_le_coran/comment_comprendre_le_coran_3.php

(5) Kouffar : infidèle ; les kouffars, c’est nous.

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