Quand Carlos annonçait l’alliance des djihadistes et des marxistes

Publié le 29 janvier 2015 - par - 521 vues
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RI7Besancenot prolécharia2Un article tout à fait intéressant de Yolène Dilas-Rocherieux qui analyse de manière prémonitoire – puisqu’il fut publié en 2004 – les événements tragiques qui nous touchent partout dans le monde.

Je vais tenter de vous le résumer tout en renvoyant le lien vers le texte intégral.

http://le-debat.gallimard.fr/articles/2004-1-communisme-revolution-islamisme/

Décortiquant le  livre de Carlos paru en 2003, L’islam révolutionnaire, l’auteur y dénonce l’insuffisance et la complaisance même des explications que nous livrent nos vieilles sociétés pleines d’amour, de compassion et de culpabilité envers les Autres en général et l’islam en particulier, alors même que ces autres sont de toute évidence animés d’un  »  projet politique criminel.  »

Comment, dit-elle, peut-on accepter qu’une régression sans précédent des droits conquis par les peuples puisse passer pour revendication légitime ?

Carlos s’y fait le chantre d’une nouvelle espèce de révolutionnaires chez lesquels  s’épousent l’islamisme radical et un marxisme léninisme renouvelé en lutte tous deux contre les dérives du capitalisme effréné afin de donner naissance à   » une structure totalitaire « .

Ce processus agglomère   »  une élite révolutionnaire, une conjoncture politico-historique et des masses souffrantes en quête d’identité. » 

On mettra l’accent sur le cynisme du dispositif qui compte essentiellement sur la désespérance de masses populaires prêtes à se sacrifier afin de donner toute leur place   » au dogme islamique et à la terreur comme explication et solution universelles aux désordres de la planète. « 

Carlos fut déçu par les révolutions occidentales et ne voit comme seule issue à l’avènement de la société idéale que l’instauration d’une révolution mondiale, où « Seuls des hommes et des femmes armés d’une foi totale dans les valeurs fondatrices de Vérité, de Justice et de Fraternité, seront aptes à conduire le combat et à délivrer l’humanité de l’empire du mensonge ».

Carlos ne voyait que des avantages à cette idéologie musulmane dominée par la charia et dont il  semble n’avoir retenu que la partie concernant l’égalité économique et le rêve d’un grand soir… Les violences infligées aux faibles et aux femmes ne semblent pas vraiment le toucher… Mais quand on sait son penchant immodéré  pour les femmes, le fric et l’alcool, on comprend mieux les distorsions de sa « pensée  »  et de ceux qui y font référence!

L’auteur nous ramène aux penseurs du nihilisme russe  » de la fin du XIXe siècle comme Netchaev, adorateur d’une seule science, celle « de la destruction » de révolutionnaires d’un type nouveau  « épris du bien » et se comportant en  » monstre lugubre « .

Les méthodes préconisées par Carlos vous parleront car elles sont celles des djihadistes d’aujourd’hui dont nul ne peut plus douter de la détermination à créer un nouvel ordre mondial.

–  » Formation d’une élite intellectuelle et combative pour terroriser l’ennemi, déstabiliser l’économie, déstructurer la société civile, afin de (…) discipliner les masses en révolte »

–  Légitimité à user de la violence rédemptrice et (…)  visée de la cité vertueuse.

Esprit de sacrifice  » des combattants ayant pris conscience de leur engagement dans une lutte sans merci entre les pauvres et les riches, dans ce qu’il nomme  la troisième guerre mondiale « .

Ce geste destructeur serait guidé non par la haine, mais par l’idéal le plus haut, la foi en Dieu soutenue par la doctrine parfaite qui commande aux croyants de défendre la terre d’islam et de travailler à l’application de la charia, le droit islamique.

Les combattants martyrs s’appuieront sur les populations musulmanes et sur une « diaspora dispersée dans tout l’Occident« .

Il faudra bien sûr tenir compte aussi des renforts inespérés que sont un prolétariat galopant en Occident, les récents  » convertis à l’islam des banlieues  » ainsi que  » les groupes hostiles au libéralisme et aux États-Unis, engagés dans le mouvement altermondialiste.

Pour Carlos   » l’islam  leur permettra à la fois d’exprimer leur colère d’hommes aliénés et de se régénérer sous l’autorité d’un pouvoir céleste tout puissant : « L’homme moderne ne peut se passer de Dieu ». ( Tout est dit… Obscurantisme te voici!)

–   Le désarroi de populations  » qui ont perdu l’habitude de souffrir « , irait de pair avec un  » message d’espoir pour tous les oubliés des ghettos du capitalisme et des camps de réfugiés « . Il s’agit bien ici  » de ruiner les puissants en dissuadant les investisseurs et les touristes, d’atteindre psychologiquement la société civile » afin – selon Carlos – d’égaler ce magnifique exemple de cité idéale qu’est pour lui la Corée du Nord!!!!

Nous découvrons in fine à quel point le cerveau de Carlos, totalement lessivé par sa religion d’adoption fait de  la doctrine islamique cet espace  » parfait  »  qui  » ordonne l’histoire des sociétés en les replaçant dans la relation ami/ennemi, légitimant ainsi la destruction de « l’autre », sur fond de promesse d’un futur radieux.   » Il y aurait en l’islam révolutionnaire plus qu’une religion, un « contrepoison contre la sénilité morbide qui touche l’Occident », car elle opère la synthèse des combats contre le colonialisme, l’impérialisme et le sionisme, et fusionne, d’un point de vue doctrinal, les principes sacrés de l’islam avec des modèles d’analyse et d’action socialistes, marxistes et nationalistes. 

Instruit de la psychologie des foules, Carlos est persuadé que l’islam deviendra le refuge de tous les souffrants de la planète, car au moment où « la ville brûle », où « les murailles sont prises », les populations savent qu’il leur faut gagner le donjon : « L’islam est aujourd’hui le donjon de l’Occident ».

Article qui fait froid dans le dos quand on sait le mépris de la vie qui anime les combattants et à quel point les martyrs de l’islam sont dans leur immense majorité des êtres qui n’ont jamais choisi de l’être.

Cela nous dit, plus que jamais, l’urgence de ne pas laisser le combat pour l’amitié entre les peuples, le partage plus équitable des biens et des ressources, l’accès au bonheur et à la paix sur cette Terre entre les seules mains de dangereux fanatiques dont la cervelle brûlée mélange sans recul critique des catégories qui n’ont rien à voir ensemble mais que tout oppose telles la raison et la foi, la paix et la violence, l’égalité des droits et le totalitarisme etc. dans une dialectique sommaire et imbécile.

Nous devons impérativement replacer nos valeurs loin d’un libéralisme, hélas, souvent obscène, qui pourrait bien nous amener la mort de nos civilisations.

Viviane Lamarlère

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