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Quand j’entends Bibi parler de nos anciens, je suis fière d’être israélienne

Hier soir, en écoutant le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, déclarer ému, que : « Nos vieux sont ceux qui ont bâti ce pays et qu’il faut tout faire pour leur épargner d’être contaminés par le virus Corona, et s’occuper d’eux comme ils le méritent, car c’est grâce à ces VIEUX que l’État d’Israël est ce qu’il est aujourd’hui ».

Je me suis sentie, après son discours, fière d’être juive et israélienne…

N’est-ce pas un peu grâce à notre foi ? Celle surtout qui nous somme de ne pas abandonner les VIEUX, de les respecter, les aimer, les secourir jusqu’au dernier jour.

Pour une première fois, je n’avais pas de remarques à faire, ni de reproches.

Il y a eu certes beaucoup d’erreurs faites surtout par désinvolture, ignorance, manque d’une connaissance plus approfondie de ces lieux appelés « maisons de retraite ». Le coût que le petit État d’Israël paie moralement à l’heure actuelle est le poids lourd de la mort de leurs locataires.

Cela m’a replongée dans l’ambiance de ces maisons de retraite, puant les désinfectants, où ma pauvre tante avait bêtement trouvé sa mort. À chaque fois que je lui rendais visite, j’en sortais malade et désorientée, mon larynx brûlé par les vapeurs de l’eau de javel dont l’équipe de nettoyeurs abusait.

Ces chambres, plus ou moins larges, où étaient alitées trois locataires de sexe féminin, manquaient de cloisons entre les lits, facilitant la contamination.

Ces pauvres femmes mouraient à la chaîne dans une indifférence complète.

Je me souvins aussitôt du refus obstiné de feue ma mère lorsque l’idée de lui offrir une maison de retraite nous vint, à nous ses enfants, aux lèvres.

Comment n’avais-je pas vu que ces maisons de retraite n’étaient rien d’autre que des mouroirs ?

Comment n’avions-nous pas tenté d’en sortir notre pauvre tante ?

Le remord et le regret m’habitent à ce jour.

Ma mère nous a quittés dans sa maison, dans sa chambre et dans son lit… avec l’assistance d’une aide qui demeura à son chevet jusqu’à son dernier jour. Elle recevait de nous tous, ses enfants, ses repas et notre visite, chacun au jour et à l’heure qui lui convenait. Elle partit la veille du jour de l’An, comme une sainte qui refuse qu’on prenne le deuil pour elle. Et en effet, il n’y eut pas de deuil – pas de Shiva’a. Le soir, devant le banquet de Rosh Hashana, nous avions eu un mal abominable à réciter les bénédictions.

Quelle leçon devons-nous tous déduire de ces deux défuntes ?

La course vers une vie hachée, une chevauchée infernale vers des plaisirs qui n’en sont plus , un agenda où les vieux n’ont plus de place, et comme un déchet encombrant, nous nous en séparons en les reléguant à des prétendues maisons de repos. Avouons-le, ils sont des mouroirs.

N’oubliez surtout pas qu’un jour ou l’autre, notre tour viendra… et nos enfants se débarrasseront de nous comme d’une vieille paire de chaussures.

Je sais aujourd’hui que mes enfants, après le désastre des maisons de repos suite à la pandémie du Corona, n’accepteront jamais de m’y placer, quand mon heure arrivera.

Je sais aujourd’hui qu’ils ne m’abandonneront jamais, et que leur amour, affection et soins sont la preuve irréfutable du lien qui nous unit…

Prenez soin de vos vieux… si vous êtes aujourd’hui en vie et trépignants, c’est parce qu’ils se sont sacrifiés pour vous mettre au monde, vous élever, vous aimer et vous guider… Ils ne sont pas une vieille paire de chaussures qu’il faut jeter comme le veut monsieur Attali… Ils sont ceux qui vous ont voulus au point de bosser le jour et la nuit afin pour vous aider à vous accrocher à la vie.

Thérèse Zrihen-Dvir

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