Quand la Gauche soutient l'adhésion de la Turquie colonialiste et raciste

C’est le monde renversé: ce sont les partis de gauche qui soutiennent la Turquie, le pire pays colonialiste, raciste aux portes de l’Europe.
Les débats lors de ces élections européennes au sujet de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne sont stupéfiants. Ce sont les partis de Droite et d’extrême-droite qui font campagne (ou semblant de faire campagne comme l’UMP) contre l’entrée de la Turquie en Europe pour la raison de leur culture islamique qui ferait de l’ombre à l’Europe chrétienne de BenoitXVI. Et ce sont les hommes et femmes politiques de gauche et d’extrême gauche, de Martine Aubry à l’ineffable Moscovici pour le PS, mais en passant par l’extrême gauche du soit-disant Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot qui font la promotion de cette Turquie pourtant peu fréquentable pour des républicains et des démocrates. Quant au Front de gauche, il a gardé le silence.
En effet les griefs sont multiple et rédhibitoires :
 D’abord, il est à remarquer que les 70 millions d’habitants en Turquie, en majorité des travailleurs pauvres, sont manipulés par les forces financières mondialistes pour envahir l’Union Européenne afin de créer une tension insoutenable sur l’emploi, ce qui aiderait à casser les Codes du Travail et les institutions de protection sociales européens pour accroître les profits de ces forces financières mondialistes.
 Puis il est à souligner la mainmise des forces islamistes sur l’Etat et la société qui semble désormais inéluctable avec le parti d’ERDOGAN.
Enfin les activités colonialistes sanglants de cet état sont à énumérés :
 La plus grande partie de l’Arménie est annexée après le génocide de 1915, et surtout les districts d’Ararat et de Kars qui n’ont jamais fait parti de la Turquie mais qui lui ont été cédé par Lénine pour service rendu de destruction de la République indépendante d’Arménie en 1921.
 L’expulsion et les massacres de la population d’origine grecque de 1918 à 1922 (plus de 2 millions de personnes en tout quand même). Smyrne devenue Izmir était au ¾ grecque en Asie Mineure en 1918 et avait été attribuée à la Grèce par le Traité de Sèvres, mais surtout Andrinopole en Europe à la frontière grecque désormais, et devenue Edirne par la grâce de l’armée turque qui expulsa tous ses habitants (à 90% grecs) de l’autre coté de la frontière.
 L’expulsion de la presque totalité de la population dite d’origine « assyrienne » de 1950 à 1990, aux environs de 800 000 personnes qui pourtant avaient presque tous fait le choix de l’allégeance à la nation républicaine turque, pratique de la langue turque comprise, mais comme ils étaient chrétiens, ils ont bénéficié de « dragonnades » particulièrement efficaces pour les faire partir.
 La colonisation par une majorité de colons turcs avec l’expulsion « en douceur » par diverses mesures d’expropriation de beaucoup de terres appartenant à la population arabe d’origine alaouite et chrétienne du sandjak d’Alexandrette (région d’Antioche) et avec brutalité de la totalité de la population arménienne de l’ancien royaume dit de « Petite Arménie de Cilicie dans cette même région, après l’accaparation de ce sandjak (ou district) en 1939 grâce à la lâche complaisance de la France qui voulait acheté la neutralité de la Turquie face à l’Allemagne.
 Enfin la colonisation avec l’expulsion des habitants grecs par la force de l’armée turque occupant plus du tiers de l’ile de Chypre, en ayant amené dans ses bagages 100 000 colons de Turquie pour renforcer les 100 000 descendants des colons venus des la fin du Moyen Age.
 Et sans oublier la colonisation de la plus grande partie du Kurdistan avec 16 millions de kurdes sous le joug!!!
Tiens c’est curieux, les organisations islamogauchistes qui luttent contre la colonisation des terres palestiniennes par des colons israéliens, certes parfois fascistes et racistes, et qui préconisent de fait la destruction de l’Etat d’Israël, sont bien silencieuses devant ces exactions turques qui perdurent depuis au moins un siècle et qui sont, elles, authentiquement génocidaires, avec toutes les qualifications a minima de massacres systématiques, d’expulsion par la force ou l’intimidation, l’accaparation des terres, etc.
Un peu d’histoire pour comprendre cette situation, histoire que manifestement ne connaissent pas nos politiciens de gauche.
Mustapha Kemal, général prestigieux de l’armée turque, a imposé sa dictature en en utilisant et en favorisant le sentiment hypernationaliste, raciste et xénophobe de la majorité de la population turque pour se débarrasser des nobliaux de l’ancien régime des sultans et des religieux musulmans particulièrement arriérés.
Mustapha Kemal, profondément athée comme les cadres du mouvement « Jeunes Turc » dont il était issue, considérait les religieux musulmans et les préceptes religieux comme un obstacle à la modernité de son pays. Mais, bien qu’il appela « laicité », les mesures anticléricales féroces qu’il prit en référence à la France, il n’institua pas un état laïque comme on l’entend en France mais un état anticlérical qui asservit les clercs musulmans à l’Etat.
Celui-ci nomme les imams, leur donne un statut de fonctionnaires rémunérés directement par l’état. Les préfets contrôlent systématiquement leurs prêches, l’Etat entretient les lieux de cultes et les institutions de formation des imams. Ce n’était donc pas la laïcité au sens où nous l’entendons, avec séparation des églises et de l’état. A titre de comparaison, cette organisation de la religion musulmane ressemble beauxoup à l’organisation de la Constitution Civile du clergé de 1791 cher à l’Abbé Grégoire, et démantelée par la première séparation de l’Eglise et de l’Etat institué par un décret de Boissy d’Angls en 1795.
Cette mainmise de l’Etat turc sur la religion musulmane s’accompagna de mesures brutales ou insidieuses pour éliminer effectivement toute autre religion sur le territoire (le génocide des arméniens et l’expulsion des survivants continua jusqu’en 1922. Mais les massacres style dragonnades et les expulsions plus ou moins déguisées des chrétiens continuèrent jusqu’à une période récente pour les assyriens et arabes chrétiens)
Il ne faut donc pas s ‘étonner qu’un puissant mouvement islamique prenne désormais dans la société turque le relais de cet ultranationnalisme raciste et xénophobe anticlérical pseudo laïque.
Il n’y pas eu en tout cas de personnalités politiques de Gauche en France pour dénoncer le Premier ministre Erdogan, connu en Turquie comme auteur d’une pièce de théâtre intitulée Maskomia, dans laquelle est dénoncée le complot judéo maçonnique et bolchevique de la même manière que dans la Charte du Hamas !!!
Il est vrai que pour le MRAP, la LDH et maintenant Pena Ruiz, ce n’est pas conséquent quand cela vient d’un « islamique modéré » qui veut pourtant nterdire la nomination du Premier ministre danois comme secrétaire général de l’OTAN pour la raison qu’il ne s ‘est pas opposé à la publication des caricatures de Mahomet dans son pays. Seules comptent donc à leurs yeux les condamnations de l’Etat d’Israel. Ben voyons.
Mais pour le militant de gauche indécrottable que je suis, il ne peut y avoir adhésion de la Turquie tant :
– Qu’il n’y ait pas de sa part réparations financières et territorial (dont au moins le district d’Ararat, coeur symbolique de l’Arménie) à la République d’Arménie.
– Tant qu’il n’y a pas restitution d’au moins la moitié du territoire occupée par l’armée turque à Chypre et le retour des colons en Turquie qu’ils ont amené avec eux
– Tant qu’il n’ y a pas autodétermination du peuple kurde vivant à l’intérieur de ses frontières coloniales comme le préconisait le Traité de Sèvres de 1920
– Tant qu’il n’y a pas restitution d’une partie au moins du sandjak d’Alexadrette à la Syrie, celle en tout cas autour d’Antioche où vivent encore une majorité d ‘Arabes pro-syriens, alaouites et chrétiens.
– Tant que dans le Code Pénal turc ne soit pas abolies toutes les lois et décrets discriminatoires, contre la liberté d’expression et les libertés démocratiques et religieuses.
– Tant que les forces islamiques ne sont pas démantelées.
Mais les forces financières mondialistes ont besoin de cet état peu recommandable à tout point de vue pour asservir l’Union européenne en faisant disparaître notre laïcité, qui elle est de nature émancipatrice et nos lois sociales allant de pair avec nos services publics. C’est sans doute pour tout cela qu’Obama, qui est l’autre face de Bush dans la défense du capitalime libéral mondialisé à dominance amglo-saxonne, soutient la Turquie pour son entrée dans l’Union Européenne, en donnant par la même occasion des gages aux islamistes «dits modérés » par le soutien au port du voile islamique dans l’espace public.(cf discours du Caire)
Et pourquoi s’en priverait-il puisque se trouvent en France les idiots utiles à souhait de la Gauche qui soutiennent sans état d’âme un état islamique, raciste et colonialiste ?

Joseph SEMET
PS : Pour avoir des compléments d’information sur la soit-disante laïcité turque et sur les dérives de son hypernationalisme, consultez l’article 14 sur la nation et l’article 6 sur la laïcité de BOUDRAS-CHAPON sur le site: http://laicite.republique.free.fr

image_pdf
0
0