Quand le bobo Jocelyn revisite Winston, le héros de 1984 d’Orwell…

Publié le 21 novembre 2011 - par - 1 170 vues

Avant de mourir de la tuberculose en 1950, George Orwell écrivit « 1984 ». Dans ce livre culte et visionnaire, Orwell décrivit un monde totalitaire stalinien suffisamment terrifiant pour y exprimer la plus grave inquiétude envers les hommes libres de notre temps. Son récit n’a pas pris une ride. Il demeure transposable non seulement pour 2012… et même encore trente-quatre ans après, en 2036.

Le bobo Jocelyn et Winston ont le même combat que les nobles chevaliers de Riposte Laïque. Décrire et dénoncer l’émergence d’un fascisme vert, politico-religieux et guerrier, chevauchant  le cheval de Troie des indignés de la charité et de la solidarité des candides bobos altermondialistes. N’y voit-on pas le meilleur subterfuge pour mettre à sac, nos valeurs républicaines et civilisationnelles, comme les Goths ont mis à sac Rome en 410 après J.C. ? Pris inéluctablement dans cette nasse, le besoin de libertés, l’esprit de la Résistance devient alors incontournable. Défendre les piliers de la République, de la Nation et de la laïcité, devient un impératif, un idéal non négociable. L’ Humanité perdue d’Alain Finkielkraut, le Grand Remplacement, la Décivilisation la Déculturation de Renaud Camus, toutes ces visions du futur semblent être en ordre de marche.

Dans un monde sous l’influence de ministère en tous genres, l’orthodoxie venimeuse de la politique avait fait table rase du passé le rendant ainsi mutable. Le passé était mort, le futur inimaginable. Les grandes épurations concernaient des milliers d’individus accompagnés du procès public de traîtres et de criminels de la pensée. Il était rare que les criminels de la pensée fussent jugés ou même publiquement dénoncés. L’avenir devant ressembler au seul présent, un commissariat aux archives œuvrait à faire disparaître les noms des gens qui s’étaient révoltés puis avaient été arrêtés dans la nuit et vaporisés. Les employés produisaient des versions inexactes et les appelaient «  textes définitifs ». D’autres, des armées d’archivistes s’ingéniaient à dresser des listes de livres et de périodiques qu’il fallait retirer de la circulation pour y subir l’autodafé sur l’autel. Le commissariat aux archives n’était qu’une branche du ministère de la vérité dont l’activité n’était pas de reconstruire le passé, mais de le revisiter en y incorporant sa propagande totalitaire.

Le ministère de l’Amour veillait à la loi et l’ordre, avec ses prisons et ses cellules de tortures dans les caves. Le ministère de l’Abondance gérait les affaires économiques et mentait exagérément sur les résultats en gonflant les bilans et les chiffres.

Le ministère de la vérité assénait ses slogans : « La guerre, c’est la paix » ; « la liberté, c’est l’esclavage » ; « l’ignorance, c’est la force ». Big Brother par télécrans interposés cultivait et attisait la Haine par la mise en place d’une police de la pensée. Chaque son était entendu ; chaque mouvement était perçu ; chaque écrit était lu ; chaque geste était épié. Des idiots utiles, esclaves du système totalitaire, ne remettaient rien en question. l’intelligence n’était pas nécessaire. Il était terriblement dangereux de laisser s’égarer ses pensées lorsque l’on fréquentait dans un lieu public ou face à un télécran. Le plus grand danger était celui de parler en dormant. Tout était dénaturé, le passé était raturé, la rature oubliée, et le mensonge devenait vérité.

On devait appeler tout le monde « camarade ». La discipline du parti avait transformé les enfants en espions semant la terreur jusqu’à devenir d’ingouvernables petits sauvages. L’enfant héros était celui qui, revêtu du short bleu, de la chemise grise et du foulard rouge, avait dénoncé ses parents à la police de la pensée à propos d’une remarque compromettante. Les ennemis de l’État désignaient les étrangers, les traîtres, les saboteurs, les criminels par la pensée. Le crime impardonnable était le contact sexuel entre membres du Parti. Le Parti essayait toujours de tuer l’instinct sexuel, ou à défaut de le dénaturer et de le salir. La chasteté était profondément enracinée chez les femmes du Parti. Le désir était devenu un crime de la pensée. Seule la loi octroyait aux capitalistes le droit de cuissage avec les employées de leurs usines.

LE CRIME DE PENSER N’ENTRAÎNE PAS LA MORT. LE CRIME DE PENSER EST LA MORT 

Il y avait toujours une guerre quelque part dans le monde, et chaque semaine vingt à trente bombes explosaient dans les villes.  La guerre, pour ainsi dire, n’avait jamais cessé et d’ailleurs si ce n’était pas la même guerre, nul ne se souvient avec précision d’une époque pendant laquelle son pays n’avait pas été en guerre. Il y avait eu des combats de rue, mais de dire qui, combattait contre qui, à un moment donné, était absolument impossible tant la confusion régnait dans les esprits… L’ennemi du moment représentait toujours le mal absolu et il s’ensuivait qu’aucune entente passée ou future n’était possible, avec lui. La confusion dans les esprits était entretenue par la falsification permanente de faits historiques, et de la vérité. Si tous les rapports racontaient la même chose, le mensonge choisi passait aux archives dans l’histoire et devenait vérité permanente. Le mensonge, devenu vérité actuelle quelle qu’elle fût était vraie d’un infini, à un autre infini. Dans ce cadre disait le slogan du Parti totalitaire, celui qui a le contrôle du passé, a le contrôle du futur.  Et, celui qui a le contrôle du présent, a le contrôle du passé.

Lorsque le passé n’avait pas été modifié mais détruit, le contrôle subtil de la réalité se faisait par le système de la double pensée : l’une consciente et l’autre inconsciente. Pour cela, il suffisait de retenir simultanément deux opinions qui s’annulaient, alors qu’on les savait contradictoires pour les croire toutes les deux, et en même temps. Deux exemples : Croire (conscient) que les révolutions du printemps arabe vont amener la démocratie et croire en même temps que l’islam est l’ennemi de la démocratie. Croire qu’un parti totalitaire est le gardien de la démocratie et croire en même temps que la démocratie est impossible. Ou encore, répudier la morale alors que l’on se réclame d’elle. Employer la logique contre la logique, revient à persuader (conscient) l’inconscient, avant de devenir inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer.

La Novlangue invente chaque jour des mots nouveaux tout en détruisant des centaines de mots de l’ancien langage. Se débarrasser de synonymes, d’antonymes, fait de la novlangue la seule langue dont le vocabulaire disparaît chaque année. Le but de la novlangue était de restreindre les limites de la pensée. Et, lorsqu’il n’y aura plus de mots pour exprimer la pensée, le crime par la pensée deviendra impossible. La révolution sera complète quand le langage sera parfait. Plus aucun être humain vivant ne sera capable de comprendre une conversation, sauf les prolétaires. Mais les prolétaires n’étaient pas des êtres humains. Avant 2050, toute connaissance de l’ancienne langue aura disparu. Toute littérature du passé aura été détruite. Voltaire, Chateaubriand, Balzac, Hugo, Zola, Proust…, n’existeront qu’en version novlangue. Ils seront changés en quelque chose qui sera le contraire ou l’inverse de ce qu’ils étaient jusque-là. Même la littérature du Parti changera. Le concept même de liberté aura été aboli, le slogan : « La liberté, c’est l’esclavage » n’aura plus de sens.  La liberté remplacée par l’orthodoxie qui signifie : non pensant, qui n’a pas besoin de la pensée car la suprême orthodoxie est l’inconscience elle-même.

« Notre vie nouvelle et heureuse » était la phrase favorite du ministère de l’Abondance. Big Brother avait augmenté de vingt grammes par semaine la ration de chocolat. Les statistiques officielles annonçaient une croissance-record dans tous les domaines, mais les aliments étaient infects et au goût étrange. Les cigarettes tombaient en morceaux. Une odeur composite et aigre de mauvais gin, de café imbuvable, de ragoûts métalliques et de vêtements sales, rappelait que l’on avait été dupé, dépossédé de quelque chose à quoi on avait droit. La réalité montait des cités délabrées et sales d’où trois cents millions d’êtres aux visages semblables, sous-alimentés, traînaient, çà et là, dans des maisons du XIXe S. rafistolées qui sentaient le chou et l’urine. Les prolétaires étaient des êtres inférieurs naturels, qui devaient être tenus en état de dépendance, comme les animaux. Les ustensiles de cuisine, camelote misérable difficile à obtenir, faisaient parfois l’objet de querelles entre femmes, à se crêper le chignon. Pour Winston :

ILS NE SE RÉVOLTERONT QUE LORSQU’ILS SERONT DEVENUS CONSCIENTS ET ILS NE POURRONT DEVENIR CONSCIENTS QUE LORSQU’ILS SE RÉVOLTERONT

Le passé changeait continuellement dans une colossale imposture historico cauchemardesque. Si la falsification du passé était évidente, le mobile restait mystérieux jusqu’à vous faire renier vos croyances et le témoignage de vos propres sens auditif et visuel. L’hérésie des hérésies était un sens commun. Si c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit… Dieu, c’est le pouvoir. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies. Le pouvoir sur les hommes est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le monde que nous créons est l’exact opposé des stupides utopistes hédonistes. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde, qui au fur et à mesure qu’il s’affinera deviendra encore plus impitoyable. Le progrès, dans notre monde, sera le progrès vers plus de souffrance. Il n’y aura ni femme, ni ami. Les enfants seront retirés aux mères comme les œufs aux poules. L’instinct sexuel sera anillé. Nous abolirons l’orgasme. Il n’y aura ni art, ni littérature, ni science. Il n’y aura aucune distinction entre la beauté et la laideur, ni curiosité, ni joie de vivre. Tous les plaisirs seront détruits, excepté l’ivresse du pouvoir. L’hérétique, l’ennemi de la société, existera toujours pour être défait et humilié. Les tortures, les exécutions, les trahisons, les disparitions ne cesseront jamais. Plus le parti sera puissant, moins il sera tolérant. L’ancienne civilisation prétendait être fondée sur l’amour et la justice. La nôtre est fondée sur la haine. Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout. Phénomène de domination totale. Coexistence impossible.

Si j’ai tenu à rappeler, sur deux pages,  les extraits et phrases qui m’ont le plus marqué dans  l’univers orwellien de 1984, c’est que la dictature totalitaire stalinienne que subit Winston jusqu’à la torture pour avoir aimé sa compagne, membre du parti, et sa soumission finale au système, ressemble à s’y méprendre à celle dont a échappé le bobo Jocelyn, entre les mains des Verlamistes. Le système totalitaire nazi décrit admirablement par Hannah Arendt est également fondé sur l’idéologie et la terreur exercée sur les masses. Une hiérarchie bureaucratique se met en place et pratique la rectification de la pensée. Toute remise en cause du totalitarisme taxée  de « déviations révisionnistes », était passible d’un séjour en Sibérie, dans les mines de sel.

Le roman de fiction et d’anticipation du bobo Jocelyn dérange autant à gauche qu’à droite. La nouvelle gauche a repris les méthodes idéologiques de l’extrême droite des années 30, pour diaboliser les auteurs du livre. Ces derniers étant persuadés que les valeurs de la gauche actuelle ne peuvent qu’aboutir vers une société totalitaire.  Le côté visionnaire, voire prophétique du livre comme dans 1984, est fortement attaqué par ses détracteurs dés lors qu’il dévoile leurs desseins politiques et leur mauvaise conscience. Il faut y voir un appel à la Résistance active, car la société présentée peut devenir vraisemblable. Leur livre cartonne sur Amazone.fr et sur Riposte laïque. Il interpelle de nombreux politiques sur ce qu’attendent d’eux les Français, lorsqu’ils seront rattrapés par la dure réalité avant 2012.  À l’heure ou la liberté d’expression est menacée en  France, des élus de la république, violent à Paris les lois de la laïcité et détournent les deniers publics pour financer un culte étranger. À l’école les programmes tentent d’effacer l’Histoire de la France et consacrent plus de vingt-cinq pages, en début du livre, pour étudier l’islam.

Patrick Granville

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