Quand le proviseur roué de coups donne raison à ses agresseurs

Publié le 14 octobre 2008 - par

Oui, vous avez bien lu. Récit d’un sordide fait-divers : le proviseur du lycée Louise Michel à Grenoble, qui avait intercepté un jeune qui faisait du scooter dans la cour, frappé à coups de poings et de pieds par celui-ci et ses amis venus à la rescousse a dédouané ses agresseurs en disant (interview radiophonique) que c’était lui qui avait usé de violence…

On essaie de se déboucher les oreilles. On demande aux amis s’ils ont entendu la même chose que vous. Confirmation : la dizaine de jeunes qui s’est attaquée aux quatre adultes était, selon la victime, en état de légitime défense.

Que faire face à une telle démission ? Une bande de désoeuvrés prennent le pari d’entrer faire du scooter dans un lycée public, histoire d’occuper intelligemment et utilement leur temps et, surtout, de faire la nique à ce que représente un lycée public : l’Etat français, la connaissance, la culture, des règles à respecter… Il est vrai qu’on nous serine depuis un certain temps qu’il faut faire entrer la société dans l’école…

Deuxième étape : ils viennent à la rescousse de celui d’entre eux qui a osé pénétrer en scooter dans le saint des saints et qui a été intercepté et ils tabassent gaiement ceux qui osent s’opposer à la loi de la jungle… Il est vrai qu’on nous serine depuis un certain temps qu’il faut faire entrer la société dans l’école…

Troisième étape : transportée à l’hôpital pour des points de suture, la victime, en figure christique, compassionnelle et masochiste se dépêche de dédouaner ses agresseurs… Il est vrai qu’on nous serine depuis un certain temps qu’il faut faire entrer la société dans l’école…

Ainsi voit-on, par un exemple ubuesque, mais, surtout, atterrant, l’état de déréliction de l’école. Car, ne nous y trompons pas, c’est bien de l’école qu’il s’agit. Quand, en classe ou dans des locaux scolaires, on excuse tout manquement à l’ordre, toute incivilité, toute violence, on les cautionne ipso facto et on participe à la destruction de ce qui fut un service public efficace, l’école de la République.

On ne cesse, à Riposte, de dénoncer ce que des irresponsables ont fait de l’école, l’ahurissant exemple que nous évoquons en est la démonstration. N’oublions pas que l’un des principes fondateurs de l’Ecole telle que l’ont organisée les Jospin, Lang et autres pédagocrates à la mode Meirieu, relayés par la FSU et ses militants, la FCPE, le SGEN, SUD et consorts, sans parler des compassionnels gauchisants et communisants, c’était qu’il fallait “faire entrer la société dans l’Ecole”… Eh bien, on a un réel exemple de leur réussite… ils ont même réussi à faire entrer les scooters dans la cour de récré !

Il fallait s’y attendre. Quand on refuse de mettre des élèves ou de jeunes adultes devant leurs responsabilités, on admet implicitement que ce sont eux qui fixent les règles, que ce sont eux qui ont raison et que l’adulte, l’institution et l’Etat ne sont que des dinosaures et que les valeurs qu’il s’efforcent de transmettre sont surannées, obsolètes et méritent d’être piétinées.

C’est une société barbare, celle de la loi du plus fort qui s’instaure, avec la complicité de pseudo-pédagogues, qui, mal dans leur peau, rongés par je ne sais quelle idéologie faussement chrétienne, je ne sais quel sentiment de culpabilité, offrent la joue gauche, donnent des verges pour être frappés, et croient ainsi gagner le paradis des enseignants promis par Meirieu et compagnie…

Tant l’on découvre, avec cet exemple, que le religieux qui a officiellement décliné en France a en fait laissé des traces, des regrets ; tant l’on voit d’ici tous ces benêts compassionnels, avec leur vocation de curé rentrée, venir fiche en l’air toute une génération, tout un système…

Christine Tasin

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