Quand le « soleil rouge » les aveuglait, d’Évelyne Tschirhart : Illusions perdues…

Evelyne Tschirhart nous fait parfois l’honneur de nous adresser des articles, que nous publions toujours avec plaisir. Enseignante certifiée d’arts plastiques, elle écrit souvent sur la lente agonie de l’école, rongée par le wokisme et le pédagogisme, mais aussi par la réforme Haby du collège unique, et par le changement de nature de nombre d’élèves, issus de l’immigration.

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Mais elle fit partie aussi de cette jeunesse qui crut en l’idéal de la révolution culturelle de Mao, à un tel point qu’elle a enseigné le Français en Chine durant cette période. Elle nous propose, cinquante ans plus tard donc ce livre, publié aux Éditions Balland, par ailleurs fort bien écrit et agréable à lire, qui retrace, plus de cinquante ans plus tard, de manière romancée, la découverte de la Chine par de jeunes intellectuels alors maoïstes.

A travers l’histoire d’un enseignant, Charles, l’auteur nous entraîne dans une réalité quotidienne bien éloignée, pour le peuple chinois, de la belle histoire à laquelle les maoïstes français voulaient croire.

Impossibilité de partager la vie de leurs collègues chinois, omniprésence du Parti unique dans tous les domaines de la vie, y compris le plus intime, culte du chef poussé à la caricature, les quatre enseignants français déchantent vite, et ne supportent plus les restrictions quotidiennes des libertés les plus élémentaires, et la propagande grotesque auquel le peuple chinois est soumis en permanence.

Ils découvrent, horrifiés, la volonté de détruire toute l’histoire passée de la Chine, par les Gardes rouges, au nom de la nécessité, demandée par Mao, de rayer du quotidien des Chinois tout vestige issu de la féodalité et de la bourgeoisie. Il appelait cela « Les quatre vieilleries à faire disparaître » : les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes et les vieilles habitudes. Passionnés par l’art, nos enseignants découvrent donc, horrifiés, la disparition et la destruction de trésors de la civilisation féodale.

Commençant petit à petit à regretter une France bourgeoise qu’ils avaient combattue, ils découvrent que finalement, la démocratie, même imparfaite, de leur pays, a de nombreux avantages par rapport à la révolution prolétarienne pour laquelle ils s’étaient engagés.

Refusant de participer à la propagande grossière du parti unique, ils entameront un bras de fer avec les cadres politiques de l’école, qui se terminera par leur départ.

Une belle histoire d’amour entre deux des héros restera longtemps au niveau d’une belle amitié, avant que, de manière très classique, voire très bourgeoise, l’homme ne demande la main de la femme, et seulement après l’accord, se permette de l’embrasser.

La conclusion d’Évelyne Tschirhart est de plus pertinentes, puisqu’elle explique que la Chine, bien que modernisée, n’a pas changé, concernant le poids du parti unique et l’absence de liberté des citoyens, mais elle craint, développant le projet mondialiste, que cela soit le reste du monde qui ressemble bientôt à la Chine et à son crédit social.

Jeanne Bourdillon

Acheter le livre :

https://editions-balland.com/Quand-le-%C2%AB-Soleil-rouge-%C2%BB-les-aveuglait_oeuvre_12807.html

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1 Commentaire

  1. Un grand merci à Jeanne Bourdillon pour cet article élogieux sur mon livre. Si l’erreur est humaine, elle doit servir la vérité : dire ce que l’on voit et en tirer les saines conséquences. Chaque époque nous met face à ce dilemme , aujourd’hui plus que jamais !

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