Quand un homme politique parle en public…

Quand un homme politique parle en public, il prend soin d’adapter son discours aux réactions de la salle, quitte à donner raison à celui qui l’interromprait ! Il est même capable de faire machine arrière, par respect pour son contradicteur. Avant tout, il lui faut plaire ! D’où l’image d’une tolérance élevée au rang de vertu, même s’il n’y a là qu’une apparence.

Évidemment, l’homme politique se dispense de lire ses notes, pour montrer qu’il sait ce qu’il a à dire. Plus encore, le public doit pouvoir penser que le message ainsi délivré n’est pas qu’un simple message, mais une profession de foi.

Il reste que le discours politique ne serait pas ce qu’il est si l’homme qui le tient n’était habité par une ambition de tous les instants. C’est cette ambition qui dicte ses choix, insuffle ses propos, fustige ses adversaires, et va jusqu’à choisir ses amis, quand bien même ils ne se comptent que sur les doigts d’une main.

En effet, dans l’univers politique, la méfiance est permanente. En conséquence, il faut que l’homme politique sache très exactement qui l’entoure, car la course au Pouvoir ignore la véritable amitié.

C’est pourquoi l’homme politique veut le Pouvoir sans partage – afin d’être lui-même le Pouvoir !

Ne soyez donc pas étonné si Le Prince, de Machiavel, est la Bible de l’homme politique, et si ce dernier est, par excellence, l’homme à la langue fourchue !

Maurice Vidal

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13 Commentaires

  1. « Non ho paura del nemico che mi attacca… ma del falso amico che mi abbraccia »
    Benito MUSSOLINI
    TRADUCTION : « Je n’ai pas peur de l’ennemi qui m’attaque… mais du faux ami qui m’embrasse. »

    Proverbe français :
    « On n’est jamais trahi que par les siens. »
    On ne se méfie jamais assez des plus proches…

    A méditer…

  2. Machivel ça ne casse pas trois pattes à un canard.
    Le prince, ce sont des conseils pour conserver des territoires gagnés par la guerre : ne pas changer les lois, laisser les peuples vivre comme avant, ou liquider tous les anciens princes d’un seul coup, commettre toues les atrocités en une seule fois et ne pas y revenir.

    « Ne soyez donc pas étonné si Le Prince, de Machiavel, est la Bible de l’homme politique,  »

    Ce serait plutôt Ciceron la bible

  3.  » Une nation peut survivre à ses fous,et même a ses ambitieux.Elle ne peut survivre à la trahison de l’intérieur. » CICERON

  4. J’ en ai marre de lire « Bible  » partout !!!
    On essaie de rendre ce mot courant comme  »
     » crèche »,par exemple .
    Et je me souviens de  » mosquée-Cathedrale  » absurdité lorsqu’ on sait la signification du mot Cathédrale !!!!!!!!!!

    • Totalement d’accord avec vous.
      Moi, c’est le mot « fascisme » que je défends. Il est mêlé à toutes les sauces, partout et tous les jours…
      Fruits de l’inculture, ou de la bêtise, ou de la perversité : ces mélanges sont effectivement des outils pour certains.

  5. « Celui qui contrôle la Peur des gens devient le maître de leurs âmes »

    Machiavel

    • bien vrai gengis khan controlant ses mongols pe ureux rome ses legions couardes le daymo ses samourais tremblotants ect

  6. La clef des politiques est le discours. Peu importe le contenu, l’important étant de plaire. Giscard l’avait démontré en affirmant qu’il était capable de faire un discours pour défendre un thème et d’en faire un autre ensuivant pour le démolir. Exercice premier des énarques.
    Croire un politique venu de ces grandes écoles formatrices est une naïveté confondante et pourtant, la foule voire l’individu devant sa télé est enclin à le croire pour peu que ce politique y ajoute un brin d’émotion, ce sel qui transforme le plomb en or. Ce sel qui fait que la parole devient or si vous y mettez quelques larmes, pas trop, juste assez, une goutte seulement pour renverser les raisons, les méfiances, les expériences de chacun.
    L’émotion feinte au service du politique, c’est la clef du pouvoir. Imparable.

    • Merci Gérard !
      Beau commentaire avec lequel je suis assez d’accord !

      « Au plus je connais les humains, au plus je préfère les animaux »… Je ne sais plus de qui est-ce, mais j’approuve totalement.

  7. C’est vrai c’ est surtout de préférence la bible des dictateurs si vous l’avez lu, en réfléchissant un peu, vous verrez que Macron a du en faire l’exégèse et appliquer ses conseils à la lettre.

  8. Machiavel a beaucoup souffert toute sa vie et on peut voir qu’il est assez maigre. Il a souffert de la faim toute sa vie. Il était très important pour lui d’avoir un protecteur en Laurent II de Médicis, le plus riche. Il vivait dans un pays constamment en guerre : les villes entre elles et Charles Quint et François 1er…
    Je me demande comment il a fait pour supporter une vie aussi dure. Lorsqu’il partait en mission, souvent on lui fournissait une bourse insuffisante. Il ne pouvait pas beaucoup donner à sa femme et à ses enfants. Je n’arrive plus à retrouver le livre de sa biographie. Ce livre formidable racontait sa vie. Une vie de peines, de sollicitations incessantes auprès des seigneurs de guerre, de voyages constants à ses périls pour peu de remerciements.
    Un homme EXCEPTIONNEL !

    • Les hommes politiques actuels, bien gras et bedonnants, bénéficiant de beaucoup en ne faisant pas grand chose, ne peuvent pas comprendre Machiavel qui était tout le contraire.
      Si je retrouve ce livre, je vous donnerai le titre.
      Machiavel qui a toujours vécu dans un pays en guerre (sans parler du fou Savonarole), qui manquait du nécessaire sauf lorsqu’il vivait sous l’aile de Laurent II de Médicis.
      Lorsque j’ai refermé ce livre, je me souviens que j’en avais les larmes aux yeux.
      Il paraît que la souffrance ouvre l’esprit et donne l’inspiration. Machiavel n’a jamais cessé de lutter seul jusqu’à sa mort pour sa femme et ses enfants.
      Il s’est crevé à la tâche, étant victime de jalousies. Je compatis à toutes ses terribles souffrances.

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