Quand un militant algérien explique, à Vénissieux, les réalités de l'offensive islamique dans son pays

Le 24/9/2009 se tenaient les rencontres internationalistes à Vénissieux, avec des représentants de l’Iran, de l’Irak, du Liban, de la Grèce, du Bénin, du Honduras, du Venezuela, de l’Algérie et de Cuba.
Le représentant pour l’Algérie, Ali Boudjenah a évoqué la situation de son pays, qui lutte à la fois contre la bourgeoisie compradore (compradore, mot qui vient du portugais, signifie bourgeoisie affairiste qui s’enrichit en accaparant les richesses du pays) et contre l’islam politique. Il explique que cette bourgeoisie s’est accaparée de toutes les richesses du pays, (le pétrole, les richesses minières), qu’elle se débrouille pour ne pas payer d’impôts et bénéficier de la rente pétrolière.
Le PADS (parti algérien pour la démocratie et le socialisme) a été créé pour remplacer le parti communiste algérien (dissous après l’indépendance, puis à nouveau autorisé, puis dissous etc.) sous le prétexte que c’est un parti « ancien » (il a été créé en 1936), mais c’est évidemment pour supprimer le mot communiste.
Nous remarquons que le gouvernement sous la coupe du FLN, a soigneusement tenté et réussi à plusieurs reprises de supprimer ce parti le plus contestataire et avoir les mains libres pour imposer sa politique.
Nous remarquons aussi que nous avons, en France aussi, la même bourgeoisie qui, avec l’aide de Sarkozy, bénéficie de cadeaux fiscaux faramineux, qui ne seront pas remis en question malgré la crise.
Mais Ali Boudjenah m’a absolument stupéfiée et ravie avec son analyse sur l’islam politique.
Il condamne l’intégrisme religieux, certes, mais surtout l’islam politique.
Il dénonce l’aveuglement (plus ou moins volontaire) des gouvernements en Algérie mais aussi en France et dans tous les pays occidentaux.
Il ne mâche pas ses mots pour regretter le « lâchage » du parti communiste français sur ce sujet. Il parle clairement du Hamas et du Hezbollah : ce sont des partis intégristes, qui veulent enfermer le peuple dans un état non démocratique (même s’ils mènent, d’autre part une lutte juste pour libérer leur pays et créer un état palestinien) .
Ce militant dénonce l’amnistie générale pour les terroristes sanguinaires.
Ayant parlé avec ce militant (j’ai fait mes débuts d’institutrice en Algérie), il m’a conseillé d’acheter Alger républicain (il avait apporté quelques exemplaires) pour lire l’histoire de Gharbi.
Ce patriote algérien a risqué sa vie pour combattre les islamistes criminels. En 2000, un criminel intégriste Ali Merad, son voisin amnistié, provoque sans cesse le vieux résistant. Gharbi, harcelé, alerte à maintes reprises les services de sécurité. En 2001, Gharbi n’en peut plus : il tire sur le terroriste. Il est jugé et écope de 20 ans de réclusion criminelle. Il fait appel : la peine est aggravée à chaque fois, condamnation à perpétuité puis condamnation à mort !
Les terroristes, enhardis par cette clémence de l’Etat, réclament toujours plus. Ils reprennent souvent le maquis et recommencent à tuer, puis « négocient » leur retour. La reddition, ça rapporte ! Les criminels se réintègrent en bénéficiant d’avantages, sous la forme de « 500 millions de centimes pour chacun ». On peut parler de « mafia islamiste » non ?
Un petit bémol cependant à l’analyse de ce militant algérien : je ne pense pas que l’intégrisme religieux soit inoffensif. Il prépare le terrain pour l’islam politique.
L’intégrisme religieux islamique, c’est l’instrument dont se sert l’islam politique pour crier à l’islamophobie, pour imposer l’équation : islamophobie = racisme
J’écris cet article pour faire connaître l’analyse de ce militant, qui donne au passage une bonne leçon au parti communiste français, et aux partis dits « progressistes », de la gauche bobo aux partis d’extrême gauche en excluant une bonne partie du PCF, proche d’André Gérin qui, elle, a bien analysé la montée de l’islamisme en France.
C’est pourquoi nous allons soutenir l’action de ce courageux député dans son combat contre la burqa.
Un débat aura lieu à Vénissieux en sa présence le 5 décembre. Le lieu et toutes informations seront précisés prochainement.
Mireille Popelin

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