Que Marine ne donne aucune consigne, et que les patriotes se mobilisent pour les législatives

Publié le 24 avril 2012 - par - 1 721 vues
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Si l’électorat de notre pays a, encore une fois, mis en échec les résultats prévus par des batteries serrées et fréquentes de sondages dont la fonction manipulatrice est de plus en plus évidente, il n’a pas encore manifesté la véritable volonté d’un changement profond du « politique » qui a la main mise sur l’espace électoral de la France, ni opéré la mutation qui lui aurait permis de mettre en cause ce qui, vraiment, est à l’origine de notre dépérissement civilisationnel: les oligarchies financières et économiques mondialistes, leur transcription politique dans l’Europe en construction, leur désir d’éclatement des espaces culturels et identitaires des Nations.

Car, à les bien examiner, les résultats de ce premier tour de l’élection présidentielle font la part belle au « Système », qu’il ait les couleurs de l’UMP, du PS ou du Modem, et s’il y a des fluctuations à l’intérieur des familles politiques organisées et institutionnalisées, rien ne met encore en cause de manière essentielle les pouvoirs économique, idéologique et politique qui nous écrasent depuis de longues décennies.

Et si le président sortant a perdu 4 points par rapport à 2007 avec 27, 18 %  (Chirac n’avait fait que 19,88% en 2202 et 20,84% en 1995), le faible écart avec son rival (qui ne progresse que de 3% par rapport à Ségolène Royal) laisse la porte ouverte à toutes les possibilités au second tour … On est donc loin d’un désaveu pour l’un, d’un appel pressant pour l’autre!

Second tour qui, de fait, ne laisse le choix qu’entre un sortant dont chacun a pu mesurer combien il était l’otage des féodalités financières mondiales et de l’atlantisme pro-US…et un « challenger » dont la soumission à la City est déjà une évidence, la volonté de dessaisir la Nation de sa souveraineté affirmée dans sa demande de fédérer l’Europe mondialiste, la décision de communautariser ( y compris religieusement à travers l’implantation de l’islam) l’espace sociétal français déjà prise, l’accrochage à l’aventure atlantiste en Afrique et en Orient réel  (Hollande, un va-t-en guerre prêt à bombarder la Syrie, dans le cadre de l’ONU, dit-il!) .

Bref, un second tour qui nous offre d’abandonner Scylla pour nous précipiter vers Charybde ( ou vice-versa) !

Il y a, dans cet électorat français, une très grande part de stabilité… et surtout, imprégnée à vif, la marque imposée du bi-partisme, cette forme d’expression politique qui permet aux puissances dominantes de faire en sorte que rien ne change tout en donnant l’impression que ça va changer… Bi-partisme commode ( comme aux USA ou au Royaume Uni, bien sûr… mais aussi, comme on vient de le voir, en Espagne, au Portugal…) organisé par un mode de scrutin adéquat (quel que soit l’élu le 6 mai, il ne représentera qu’un quart de l’électorat!!!), institutionnalisé par la pression de la caste politicienne en place, véhiculé comme seul modèle possible par l’ensemble des media, conforté par des pratiques de sondages, d’enquêtes, destinées à écarter toute forme d’opposition à cette organisation de l’espace public de notre Nation.

Tout ce qui sort de cette voie tracée et imposée par les forces politiques, idéologiques, économiques en place est vilipendé et mis à l’écart…Tout ce qui peut apparaître comme moyen de conforter cette fausse dualité est valorisé.

L’effondrement de la candidature Bayrou (dont chacun a pu se rendre compte qu’elle n’apportait rien par rapport aux deux prétendants majeurs désignés par la propagande dominante ) a fait se reporter sur Hollande et Sarkozy des voix qui, pour le second, ont compensé son impuissance à affaiblir, cette fois, le Front National comme en 2007. Cet « écrasement » du Centre conforte bien le partage en deux espaces faussement opposés du politique…

Le cas « Melenchon » n’est, semble-t-il, qu’un phénomène transitoire et ponctuel, à travers un rassemblement hétéroclite qui s’affaiblira quand les communistes ( mis sous perfusion électorale par le PS) iront « à la soupe », imités d’ailleurs par maints « rrrévolutionnaires » gauchisants et salivant……Avec ses 11,1 %  ( net échec de ses ambitions qu’un discours enflammé de bateleur de foire et des postures de matamore « rrrévolutionnaire » portaient de manière ridicule et mensongère), il n’a fait que rassembler les reliques d’un PCF moribond, les refoulés de l’extrême gauche (que l’ectoplasmique Poutou ou l’hystérique dinosaurienne Arthaud rebutaient ) – 12% pour cet agglomérat en 2002, 8 en 2007 : ça relativise le score mélenchonien…- et, sans doute, un petit pourcentage d’électeurs « couches populaires » qui aurait pu être tenté par le discours de Marine Le Pen…

En fait, sa vraie fonction était celle de rabattre sur Hollande, au nom d’un anti Sarkozysme même pas primaire, des voix utiles au second tour … Rabattage hypocrite puisque, après avoir fait campagne sur l’idée de « Révolution », il appelle à faire élire un représentant éminent de l’Europe libérale et fédéraliste dont les perspectives économiques sont à l’opposé de celles qu’il prétendait ouvrir. Mais le plus cynique dans l’affaire, c’est que le Mélenchon, allié objectif de Hollande sur ce point, après avoir dénoncé les « délocalisations qui tuent l’emploi » veut faire élire un candidat qui délocalisera comme « Jospin » et qui ouvrira la porte à toute main d’oeuvre venue d’ailleurs et pour tous les emplois (services, industriels, administratifs…), ce qui pèsera encore plus sur les salaires et les conditions de travail,  et aggravera le chômage. Faire accepter par le travailleur et le demandeur d’emploi, victimes désignées du « Système »,  ce qui va les pousser à moins de revenus et plus d’insécurité professionnelle, voilà le tour de force « mélenchonien »…!!!

Le seul élément nouveau qui caractérise le scrutin du 22 avril, c’est le score élevé de Marine Le Pen. Ne parlons pas de « vague », parlons de progression par rapport aux scores précédents de son parti, même dans les moments où il était au plus haut. Faire ses 18% dans un climat de haine, d’attaques ignobles, de mensonges permanents, de difficultés de toutes sortes, bref, dans un contexte de campagne électorale qui la désignait comme l’ennemi à abattre parce que c’était la seule à se situer hors du « Système » établi et dominant , et qui proposait de s’en défaire, est un exploit… dont il faut, maintenant, faire fructifier les résultats.

Car ce qui semble nouveau, plus que la force du score qui constitue quand même une base solide sur laquelle Marine Le Pen pourra construire, c’est que les électeurs qui l’ont soutenue ont fait le choix politique de la rupture avec tout ce qui nous est imposé depuis plus de 40 ans… Ces 18% sont plus que protestataires: ils sont l’assise d’un renouveau appuyé sur le projet global que Marine Le Pen a proposé…Et ce projet est celui d’une politique qui prendra en compte les besoins réels, les aspirations profondes, les ambitions majeures de notre Peuple saisi dans sa totalité …

Retrouver l’espace fondateur de la Nation appuyée sur son identité historique, sa langue, son espace géographique, ses composantes diverses fondues en une unité profonde… Conforter le socle laïque et démocratique de notre République, et l’unité de son espace sociétal …Imposer la souveraineté monétaire, institutionnelle, et de décision en matière économique et de politique extérieure…Valoriser  le travail et promouvoir l’équité en matière de partage des richesses,  limiter l’assistanat social au strict nécessaire pour ceux qui, nationaux d’origine et de situation, en ont vraiment besoin… Assurer la  sécurité de chaque citoyen en son lieu de vie et de travail …Promouvoir les valeurs d’effort, de justice réelle, de mérite personnel dans tous les domaines… Rendre nobles l’acquisition et l’exercice de la nationalité…

Voilà des axes  largement esquissés dans les discours et les propositions de Marine Le Pen qui peuvent être complétés, précisés, pour construire le grand projet politique autour duquel pourront se rassembler ceux qui veulent une vraie rupture d’avec notre vécu depuis trop de décennies…

Et les prochaines législatives peuvent marquer l’émergence de ce nouveau mouvement politique prenant naissance, dans chaque circonscription, sur les résultats obtenus par la candidate nationale, se concrétisant sur les candidats représentant cette aspiration « bleue-Marine » ( étape cruciale non acquise d’avance!),  s’enracinant ensuite pour perdurer et préparer les succès à venir…

Que Marine Le Pen décide de laisser ses électeurs à leur libre arbitre pour le second tour serait une position raisonnable…

Mais qu’elle les appelle à se mobiliser partout pour assurer un réel succès aux candidats qui se réclameront d’elle et de son projet à l’élection législative paraît essentiel, l’enracinement possible en chaque espace territorial sera le signe de l’enracinement définitif de ce mouvement politique neuf  qui  ira, alors, bien au-delà des espaces électoraux du parti originel pour toucher chaque citoyenne, chaque citoyen, dans ce qu’ils ont de plus profond en eux:  leur  liberté d’être, d’agir, de penser, de proposer pour l’avenir de leur pays… leur attachement aux valeurs historiques qui constituent leur identité  et organisent leur espace unique sociétal… leur désir de vivre pleinement en toute sécurité du fruit de leur travail et de leurs qualités propres.

Un mouvement politique nouveau, d’opposition puissante d’abord, d’avenir triomphant ensuite, pour peu que ses promoteurs aient la volonté (et la justesse d’analyse) de comprendre qu’il ne pourra se faire qu’en rassemblant par delà même ce qui constitue le clivage traditionnel marqué par les termes de « gauche » et de « droite », clivage stérilisateur en ce monde où la ligne de partage passe entre ceux qui veulent détruire les espaces historiques des Nations pour construire une mondialisation patchwork enfermant chacun dans des différences aliénantes et assurant le succès des oligarchies financières dominantes…et ceux qui souhaitent des nations souveraines dans tous les domaines, aux identités fortes, liées entre elles par des relations d’égalité, de respect mutuel, d’échanges équilibrés..

Un mouvement qui n’en appelle donc pas à ceux qui viennent de « gauche », de « droite », du « centre »  ou d’un extrême quelconque….mais à ceux qui viennent « de France » pour « la France »

Robert  Albarèdes

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