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Que serait devenu de Gaulle s’il avait été nommé ministre du gouvernement Pétain ?

Il est d’actualité, pour tous les partis politiques et pour la quasi-majorité des historiens, qu’ils soient de gauche ou de droite, de glorifier la trajectoire gaulliste depuis 1940, et même avant (par exemple Denis Tillinac qui n’avait que 14 ans en 1962) mais également les historiens « officiels » de l’Algérie, à l’exemple de Benjamin Stora, né en 1956 ou Pascal Blanchard né en 1964.

Tous ces « historiens » n’ont appris l’Histoire, qu’ils prétendent nous enseigner, que par leur lecture de livres écrits par d’autres historiens choisis en fonction de leur idéologie politique du moment.

Bien entendu, je suis en total désaccord avec eux, que ce soit de Gaulle ou l’Algérie.

Je ne retiendrai que trois sujets : le départ de De Gaulle vers Londres, en 1940, le complot organisé en Algérie pour le porter au pouvoir, son action lors du putsch des généraux.

Concernant le départ de De Gaulle vers Londres, en 1940 et, ensuite, leurs affirmations notamment sur le rôle joué par de Gaulle lors du putsch des généraux, et les événements d’Algérie, qui, selon eux, auraient évité une « guerre civile » en France en empêchant un coup d’État militaire.

Qu’il me permette donc de compléter leurs informations car, compte-tenu de mon âge et de ma profession, je tiens ces renseignements directement de ceux qui ont vécu ces événements, notamment Georges Bidault, dont j’étais l’un des collaborateurs (souvenez-vous : c’était l’homme qui dégageait le chemin sur les Champs-Élysées écartant les passants devant le Général. Il a été par la suite supprimé de la photo), mais également mon « patron » du quotidien « L’Aurore », Robert Lazurick, député socialiste à l’époque, et qui se trouvait justement en compagnie de Georges Mandel cette fameuse nuit où le Général a pris l’avion pour Londres.

De Gaulle, secrétaire d’État à la défense du gouvernement Reynaud, avait espéré jusqu’à la dernière minute sa nomination comme ministre de la Défense, ou tout au moins secrétaire d’État, dans le nouveau gouvernement Pétain. En n’entendant pas prononcer son nom, il s’est précipité vers l’aéroport pour occuper la place réservée justement au ministre Mandel, qui avait refusé d’abandonner le territoire français, estimant qu’on l’incriminerait de fuir, étant juif.

Que serait-il devenu si de Gaulle avait été nommé ministre de la Défense du gouvernement Pétain ? Personne ne peut le dire mais on peut le supposer.

Il faut que les Français de métropole sachent que jamais les Français d’Algérie n’auraient fait appel à de Gaulle pour sauver ces départements français. Ils n’aimaient pas de Gaulle qui ne les aimait pas non plus. Ils ont été manipulés par les complotistes, car c’est bien un complot qui a amené le général au pouvoir, complot qui a débuté en 1956 avec la tentative d’assassinat du général Salan organisée par Michel Debré, trompé, comme de nombreux de ses autres partisans, par la fourberie du Général.

En ce qui concerne l’affaire du putsch des généraux, de Gaulle était parfaitement tenu au courant, minute après minute, par son gendre, le colonel de Boissieu. Il savait parfaitement qu’il n’y aurait aucun parachutage sur Paris et a fait courir l’information sur tous les médias pour obtenir les pleins pouvoirs, qu’il a d’ailleurs obtenu par ce stratagème.

Tous ces sujets, et bien d’autres, sont parfaitement détaillés dans mon livre « J’accuse de Gaulle », et je conseille sa lecture à tous les « illuminés » gaullistes, souvent de bonne foi, qui parle du Général sans le connaître ou, plutôt, en croyant le connaître.

Qu’ils n’oublient jamais que de Gaulle a, sans hésitation aucune, fait tirer des Français contre des Français, à Dakar, puis en Syrie et, enfin, en Algérie, en mars 1962, et que cela a été évité de justesse en 1968. Ne l’a-t-il pas d’ailleurs reconnu devant le ministre Alain Peyrrefitte ?

Non, messieurs les historiens, de Gaulle a trahi ses proches et les Français d’Algérie, et n’a évité aucune guerre civile en France, bien au contraire, car si guerre civile il y avait eu, c’est bien lui, par son machiavélisme, qui l’aurait provoquée.

Manuel Gomez