Québec : racket au nom du kasher ?

Une grande émission québécoise de télévision, nommée JE, avait réalisé en 2007 un reportage majeur sur ce que le reportage appelait le « racket du kasher », reportage qui a eu beaucoup de succès et qui continue de circuler en vidéo sur internet (1).
Quelques chiffres donnés par le reportage : le Québec a 7 millions d’habitants dont 100 000 juifs ; parmi ces derniers, le rabbinat estime à 30 % ceux qui mangent kasher, ce qui fait donc 35 000 personnes interessées par la certification kasher. Et pourtant, le responsable de supermarché interrogé dans le reportage estime que 75 % des produits du rayon épicerie (hors lait et viande) sont kasher. Invité à les montrer, il finit par y parvenir, mais laborieusement, car le sceau de certification est minuscule : « Ils les cachent, ils les cachent. »
Car aujourd’hui, par le miracle des interprétations extensives faites par les rabbins (2), tout peut être kasher. Exemples dans le supermarché du reportage : les carottes, les « croustis », les pâtes, la mayonnaise, les pains pour hamburgers, les mélanges pour gâteaux, le « coke » … aucune limite.
Les rabbins ne parviennent pas à suivre la demande de certification, et pourtant ils recrutent ! Le reportage cite l’exemple d’un organisme qui emploie 130 personnes, dont 9 rabbins et 100 superviseurs.
Pourtant, un rabbin souligne que « Nous n’allons chercher personne. ». Ce sont les entreprises qui demandent à être certifiées. Volontairement, nous assure le Tartuffe en kippa. En réalité, les entrepreneurs interviewés sont pris dans un piège diabolique.
Un fabricant de miel, qui habite une région rurale sans population juive, a du se faire certifier. Les grandes chaînes de distribution lui posaient la question : « Etes vous certifié kasher ? » ; elles n’ajoutaient pas que c’était une condition pour être présent en linéaire, mais c’est quand même ce qu’il a compris.
Car aujourd’hui, peu nombreux sont les produits simples ; tous sont composés, ou entrent comme ingrédients dans la fabrication de produits composés ; et les rabbins vérifient toute la ligne de production et tous les ingrédients ; un entrepreneur ne peut donc se permettre de faire perdre la certification kasher aux industriels qui utiliseront ses produits pour élaborer les leurs.

Dans le reportage, le cas le plus parlant est celui de cette entreprise de transports, qui a du faire bénir par un rabbin les citernes de ses poids lourds pour 35 000 dollars, et qui ne peut y transporter que des produits kasher. En effet, un produit kasher ne peut entrer en contact avec un produit qui ne l’est pas. Donc, si la citerne venait à contenir un produit non-kasher, elle acquerrait par la même le pouvoir maléfique de « dé-kasheriser » le produit kasher qui pourrait y être contenu ensuite. Impensable ! Une entreprise se transport se doit donc d’avoir des camions-citernes kasher.
Il y a, de plus, des subdivisions à l’intérieur du kasher, car un produit laitier ne peut pas entrer en contact avec de la viande, d’où encore des doublements de lignes de production déjà dédoublées.
Tout cela, bien sur, a un coût, et il ne se limite pas à la « petite » taxe (quelques milliers de dollars quand même) payée directement à l’organisme de certification.
Quel est le prix de revient complet de ces tartufferies ? Le consommateur aurait le droit de le connaître, puisque c’est lui qui paie en dernier ressort. Mais la majorité des entreprises refusent de dévoiler ces coûts.
Est-il juste que le consommateur non juif paie tous ces surcoûts ? Interviewé, un bon apôtre de rabbin nous répond benoîtement qu’il peut acheter autre chose. Ce qui est faux, sauf pour un véritable militant de la laïcité qui passerait de longs moments à retourner chaque produit dans tous les sens pour s’assurer qu’il ne comporte pas un sceau de certification bien caché. Et encore, ce militant de la laïcité n’échapperait pas à certains coûts cachés.
En effet, tous les coûts ne sont pas directs, comme nous l’avons vu avec l’exemple des citernes casher. Le coût du casher, c’est aussi le coût du doublement des lignes de production (ou de leur triplement puisque certains produits kasher ne doivent pas entrer en contact entre eux), des inspections tout au long de la chaîne et des complications en tous genres, complications inutiles, qui n’ont rien à voir avec des contrôles de qualité ou de sécurité. Quel expert comptable ira calculer et isoler le prix des marchés perdus par notre transporteur parce qu’il ne peut transporter des produits non-kasher dans une citerne kasher, ni des produits kasher-viande dans une citerne ayant contenu des produits kasher-lait ? Qui encore ira isoler, dans la comptabilité d’une entreprise, les coûts indirects de la kashérisation pour en dispenser les consommateurs non juifs ? Et, à supposer que ce soit possible, les mêmes produits auraient alors deux prix, le prix du produit kashérisé étant multiplié plusieurs fois par rapport au prix du produit ordinaire (3). Gageons que les associations communautaristes ne manqueraient pas de hurler à la discrimination.
Et ce n’est pas fini : les partisans du halal sont en embuscade et rêvent de percevoir le même type d’impôt religieux sur leurs concitoyens laïcs.
Vous avez dit « accomodements raisonnables » ?
Catherine Ségurane
Prévoyant qu’elle finira par être censurée, nous donnons ci-après plusieurs adresses pour la même vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=SehCyqJV-M4 ;
http://www.dailymotion.com/video/x24abs_halal-kacher-combien-coute-le-racke_politics ; http://video.google.com/videoplay?docid=452732467212719541#
http://www.ripostelaique.com/Viande-halal-ou-kasher-delires.html
http://www.al-kanz.org/2010/05/08/shangai-expo/ ; cet exemple est dans le halal, mais la problématique comptable est comparable.

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