Quel président pourra sauver la France ?

Publié le 16 avril 2017 - par - 10 commentaires - 664 vues
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Sur la rupture démocratique et la fin du système des partis.

Le sujet de fond des élections présidentielles de 2017 c’est la France et l’Europe réformées et, plus loin, la paix ou la guerre en Eurasie et dans le monde.
Qui n’aura pas compris que dans les choix présidentiels du mois de mai se joueront les dernières élections du système national des partis et du système européen supra-national ?
En effet, beaucoup de facteurs qui y exercent aujourd’hui un rôle important disparaîtront, s’amplifieront ou seront atténués demain, modifiant ainsi les relations générales entre les acteurs du jeu politique et le système des démocraties, issues de la II. G.M.
Les transformations de ces dernières devront tenir compte d’un ensemble de rapports, dictés pour la dernière fois par les héritages nationaux.

Un simple rappel fera retenir à l’esprit des électeurs ce qu’ils connaissent déjà confusément et sans clarté :
– un désenchantement démocratique généralisé,
– une divergence radicale en France, dans la conception de la « République », sur la place de l’Islam et sur le rôle de la « diversité », identitaire ou multi-éthnique,
– un débat tendu sur la nature de la « culture » et de la justice, empêtrée dans la politique politicienne et sur le jugement, moralement indigne et historiquement faux, concernant la « colonisation », taxée par Macron de « crime contre l’humanité »,
– un choix décisif sur l’Europe, l’Euro, le couple franco-allemand et l’hégémonie continentale,
– l’existence d’un clivage Droite/Gauche, qui structure encore, non seulement les mentalités mais les corps intermédiaires de la société (syndicats, monde associatif, secteurs d’activités, mobilité sociale, innovation..), déterminant une « fracture » visible de l’organisme sociétal. Clivage qui se répercute sur les postures idéologiques et culturelles des différents candidats
et correspond à la coupure populaire entre « pays engagé » et « pays en sécession » (rebelles, frondeurs, insoumis),
– la transition vers un système d’offre politique, fédérateur d’opinions et d’adhésions à des mouvements à forte identification personnelle (Mélenchon, Macron),
– l’impact médiatique et des réseaux sociaux, destinés à accroître, à l’avenir, leur pouvoir intrusif et persuasif,
– le poids du monde multipolaire dans l’évolution de la « Balance of Power » et des grands équilibres du monde (Trump/Poutine/Xi Jinping/UE), impliquant une vision de la perspective historique et un positionnement volontariste de la France et de l’Europe aux différentes échelles du risque, mondial, régional et national,
– le rôle primordial de l’éducation et de la connaissance pour comprendre et agir, aujourd’hui et demain, au sein d’une société et d’une économie numériques,
– le primat de la force sur la morale et le droit, dans les relations internationales et stratégiques.
Cette énumération n’est guère exhaustive, car elle privilégie les aspects psycho-politiques, les plus déterminants aux yeux de la décision.

L’auto- destruction des élites et la « Grande Politique »

Nous vivons un tournant dangereux pour l’histoire de l’humanité.
Nos candidats à l’élection présidentielle et nos hommes politiques y sont-ils prêts et à la hauteur des enjeux ?
C’est là, l’horizon premier et plus exigeant de la fonction présidentielle et de « l’intelligence personnalisée de l’État » (Clausewitz), le domaine démoniaque de la « grande politique » !
Le débat présidentiel ne fait que mettre en scène ces priorités, distribuer les rôles et attribuer des chances, bref définir les grands enjeux.

Dialoguer avec l’Histoire au nom de la France

A l’échelle internationale, enfin, le nouvel élu sera l’un des « Dieux de l’Olympe » qui dialoguera avec l’Histoire au nom de la France, avec d’autres décideurs « mythiques » de la vie du monde et sur les grands dossiers de notre temps.
En Chef de l’État, il devra redresser la Nation, en Chef de guerre, il devra « penser l’impensable », en joueur absolu, il devra assumer le « risque ultime  » et épouser la solitude des décisions extrêmes.
Qui pourra donc rehausser la France ?

– Macron, ou le candidat de la brisure nationale et de la « pensée renégate » ?

Pourra dialoguer avec l’histoire et rehausser la France le candidat qui disposera de l’envergure, de l’expérience et de la vision qui calquent son charisme sur la conjoncture internationale du XXI ème siècle. Ces qualités sont celles que nous attendons de l’Homme d’État : la réunion en une même figure symbolique des deux corps du Roy : le corps spirituel, ou l’autorité irrésistible de la fonction et le corps réel, ou la majesté impressionnante du Prince.
Ce candidat ne pourra être en aucun cas l’outsider de la « pensée renégate »(Macron), le phénix des temps nouveaux, l’héritier d’un pouvoir « sans âme et sans principe spirituel », que fut la définition de la Nation par Renan.
En effet, le candidat centriste d’En Marche a dressé à Marseille, le 1er avril dernier, une ode cosmopolite à la diversité, où l’identité des Français se noyait dans un kaléidoscope d' »Arméniens, Comoriens, Italiens, Algériens, Marocains, Tunisiens, Maliens, Sénégalais….. », mélange multiculturel de déracinés.
Sur le terrain de la culture, le candidat d’En Marche!, a expliqué « qu’il n’y avait pas de culture française, mais une culture en France », promue en une grande banlieue du marketing mondialiste, aux codes signifiants interchangeables.
Ainsi, ce candidat-président, inconsistant, faussaire de l’histoire nationale et fossoyeur de l’Europe civilisationnelle, devenu télévangéliste du communautarisme et du politiquement correct, a taxé la « colonisation », expression historique de l’écart de développement et de domination des derniers quatre siècles entre l’Europe et le monde, de »crime contre l’humanité » !
Qualification historiquement erronée et moralement indigne.
Le duel entre Macron et Fillon a mis en évidence en conclusion l’écart humain entre deux conceptions du monde, de la société et de l’État.

– Fillon ou l’Europe des Nations ?

A l’opposé de l’héritier de la « Hollandie », Brutus aimé de César, épris par l’individualisme et par le communautarisme au détriment du collectif et du projet commun, Fillon a défendu une autre image de la « République », pro-européenne et critique.
A Strasbourg, il a voulu souligner que si l’on veut que le drapeau bleu étoilé ne soit qu’une parenthèse éphémère dans l’histoire des Nations d’Europe, il faudra aller très vite à la réforme de l’Union, car le danger mortel est l’éclatement des institutions européennes.
En praticien expérimenté des relations internationales, il juge fondamental de préserver cet « acquis » et souligne la nécessité de « refonder l’Europe » par une approche souverainiste, car il n’est pas question pour lui de se faire imposer des choix politiques par une Commission technocratique et non élue.
En effet, la construction européenne a été « l’œuvre des États et des Nations » et Fillon, fidèle à l’héritage des Pères Fondateurs, prétend revenir à l’idée originelle de l’Europe, qui fit de l’axe franco-allemand le moteur de l’Union.
– Mélenchon ou l’anachronisme historique ?

Vis à vis de Mélenchon, la différence majeure est de Panthéon politique :
Robespierre, Lénine,Trotski, Castro et Chavez pour le Chef de la France Insoumise ; de Gaulle, Séguin, Jean Moulin et, peut être Poutine, pour Fillon.
Quant à l’inspiration politique, l’idée d’un bouleversement radical chez l’apôtre des dictateurs sud-américains et le modèle libéral-conservateur chez Fillon, pour qui la révolution au sombrero remplace le soleil de Cuba par les bougies rouges des boîtes à nuit parisiennes, dit long sur la stature des candidats, la vision du monde et la saisie des tensions internationales.

– Marine Le Pen ou le retour à la souveraineté nationale ?

Marine Le Pen recueille actuellement les 30% des plus jeunes électeurs, mais aussi des intentions de vote et le Front National est le premier parti de France.
Or, disent ses détracteurs (Le Monde), la renégociation des traités, la sortie de la France de l’Union et de l’euro, en vue d’une plus grande protection contre la mondialisation et l’occurrence possible de crises internationales graves, « ne rendraient pas la souveraineté à la France »(C. Ducourtieux).
Au contraire, les conséquences en seraient désastreuses.
En matière de migrations, le rejet de Schengen et la préférence nationale, sont justifiés par Marine Le Pen, par les évidences de deux corrélations, sécuritaire et sociale.
La première est fondée sur la triade irréfutable de « criminalité/attentats/djihadisme », la deuxième par le coût social d’une invasion sans contrôle, aggravant les politiques d’emploi, de violence multi-éthnique et d’équilibre démographique.
Une meilleure entente sécuritaire entre Poutine et Trump en Europe, n’aiderait pas, selon les plus désenchantés, à faire barrage à la violence interne et croissante, ni aux vagues d’immigration aux portes de l’Europe.
Ainsi, les deux candidats à la hauteur des tensions internationales grandissantes, Fillon et Marine Le Pen, suffiront-ils à convaincre les Français de la gravité des choix présidentiels et de leur caractère entraînant, pour les élections législatives, qui suivront le mois de juin ?

Bruxelles, 15 avril 2017

Irnerio Seminatore 

Nota bene
Ce texte a été réduit.
Pour sa version intégrale voir
www.ieri.be

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Notifiez de
philip

Je ne supporte plus la presse et les commentaires de gens qui se disent de grands analystes et autres – – -Nous sommes dans un pays ou une de nos devises est ÉGALITÉ quand on paraphe un article on y va en profondeur – – -sur TOUS les candidats triste exemple de LIBERTÉ ou est ex l UPR pourquoi l UPR le seul qui ouvre un autre débat le FREXIT la presse et les médias écrivent ce qu ils veulent qu on DOIT lire, c est donc cela la FRATERNITÉ Allez donc prêcher vos articles sans saveur ailleurs ,et les autres candidats c est quoi des petits Vous n écrivez rien sur eux cela en dit long sur votre mentalité de vendu

Ioana

Philip,
Je crois que tu est vendu et pendu à ta colère.
Sans réfléchir tu sera usé, puis jeté à la poubelle!

Rudolph

Une priorité : dégager Fillon, qui risque de faire échouer Marine; ce type est un faux-jetons qui n’a d’autre conviction que le pognon.

orion

a ce rytme la, le pognon n existe plus.seul le pouvoir emerge,monsieur, n avez vous pas compris ce qu il se prepare ici.une guerre atroce, mais il vaut mieux mourrir les armes a la main, mais pas comme des traitres; comme disait coluche.choisit ton clan, camarade.

Haggar Dunor

La France aurait besoin d’un dictateur à poigne… Malheureusement, le seul qui en ait l’étoffe s’appelle Jean-Luc Mélenchon et ça n’est pas vraiment ma tasse de thé ! :-)

.orion

la france aura besoin d un dictateur, vous plaisantez; la france a besoin de retrouvé sa liberté nous ne voulons pas d un dictateur marxiste dans notre pays ,en tant que pays souverain de sa nation.surveillez vos propos, monsieur, amicalement

gico

L’enjeu avant de réformer la fonction publique, c’est de réformer ceux qui la dirigent: la représentation politique aujourd’hui dévoyée et assurée par des « professionnels de la politique » qui ont pour priorité de faire en sorte que leur CDD soit indéfiniment renouvelé. Le divorce entre les intérêts de la France et ceux des hommes politiques est aujourd’hui consommé. Il faut les débrancher. En d’autres termes il faut que cesse cette possibilité de se représenter indéfiniment pour les parlementaires et élus territoriaux. Nous avons 28 fois plus d’élus que les anglais mais aucun candidat n’a dans son programme le nouvellement de la représentation politique pour que des talents de la sociétés civiles puissent accéder aux responsabilités de l’Etat. Les fonctionnaires sont sur représentés

Nicolas. L

Aucun(e) des candidats qui se présentent peut sauver notre pays, mais la seule qui peut limiter les dégâts c’est Marine. Avec elle nous pouvons retrouver notre souveraineté, mais ensuite une politique de remigration devra être sérieusement étudier avant que les éléments étrangers deviennent majoritaires et fassent basculer définitivement la balance. Pour commencer votons FN dimanche prochain !

lucifer

Quel que sera l’élu, sorti des urnes, les Patriotes devront sortir du bois. Si Marine est élue, il sera NECESSAIRE de créer des brigades de citoyens en soutien aux forces de l’ordre. Si Méluche ou Macron sont élus, les patriotes seront les remparts aux exactions de tous ordres perpétrés par les voyous gauchôs qui se sentiront investis pour finir de saccager la France. Ce sera le début d’une guerre civile d’une extrême violence. Mais les français auront choisi…!

Ioana

Lucifer,
je vous conseille de lire le livre: »Waterloo2015.Vie et mort de l’Union Européenne.Fiction.Sur un coup d’État post-moderne. »