1

Quel sera le premier mort : un flic ou un manifestant ?

Nous vivons des heures rigolotes et passionnantes. La plaque de nos institutions est en train de glisser et la France tremble.

Ces heures sont historiques, de la même densité que celles qui ont inspiré à de Gaulle l’idée d’aller faire un tour à Baden-Baden, conduit Nixon à démissionner alors qu’il avait été peu avant l’un des Présidents les mieux réélus de l’histoire des États-Unis ou, beaucoup plus récemment, celles qui ont précédé le départ de Boris Johnson.

Les crises se résolvent nécessairement. À quelques heures du clap de fin, les scénarios que l’on échafaude ressortissent pourtant de la chiromancie.

Le jeu est de tenter de déterminer quels sont les incidents qui seront les catalyseurs d’un processus tellement engagé qu’on ne peut plus envisager que la réaction en cours se calme dans l’éprouvette.

L’interview en direct du 13 h 00 de TF1 jouera certainement son rôle. Les deux jeunes journalistes ont raté leur entrée dans l’Histoire en négligeant la possibilité qui leur était offerte de prendre le PR en otage en lui posant les questions qui auraient pu l’achever. Ils nous auraient fait gagner du temps et épargné quelques souffrances. Ils auraient payé, provisoirement, l’affront du confort de leurs positions. Ils ont peut-être les traites d’une Audi ou les échéances d’un appartement à La Baule à honorer. Mais quelles carrières se seraient offertes à eux après les quelques coups de fil embarrassants de leur banque, prix Pulitzer en poche. Quel dommage ! Tout je monde n’a pas les ovaires de Rosa Parks !

Le coup de la montre à 80 000 €, oubliée à son poignet par le Président et subrepticement ôtée en début d’entretien, aura-t-il le même caractère toxique que la brioche de Marie-Antoinette ?

Qui sera le premier mort de ces affrontements chaque nuit plus violents : flic ou manifestant ?

Charles se présente au guichet inopportunément et je fais confiance aux syndicats pour lui faire jouer un rôle inédit.

Le coming out d’imprécateur de Cohen, flagorneur officiel du Camp du Bien, dans un récent C à vous, face à la tête consternée d’Attal, me semble la pierre de touche qui permet d’évaluer l’ampleur des dégâts du retournement des médias, évidemment téléguidé par leurs dirigeants.

Je voudrais tant être petite souris logée derrière les plinthes des palais de la République, pour entendre les conversations de Gérard Larcher, futur Président de la République par interim, de Le Maire et Darmanin, idéologues du Parti des Traîtres, de Marc-Olivier Laurent (patron de Rothshild) et de ses amis Arnault, Drahi, Pouyanné et consorts.

Le sort du Président est aujourd’hui scellé. Manu est sous leurs regards, comme la souris que m’a rapportée mon chat cette nuit, que j’examine, curieux, en la faisant tourner, la tenant pendue par la queue tandis que mon pied gauche maintient ouvert le clapet de la poubelle jusqu’au moment où je coordonnerai habilement le lâcher de queue et le lâcher de pédale.

La question n’est plus de savoir si Macron peut s’en sortir. Elle est de savoir quand il va tomber dans les poubelles de l’histoire, laissant derrière lui une France fracassée.

Calixte Joüon