Quelles leçons la France peut-elle tirer de la crise espagnole ?

Publié le 3 octobre 2017 - par - 17 commentaires - 1 074 vues
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On se demande quels enseignements peuvent être tirés en France de la crise espagnole.

Tout d’abord, contrairement aux Espagnes constitutionnellement indivisibles mais aux réalités multiples, la France est depuis la Révolution un État totalitaire. Les provinces et leurs parlements ont été abolis, les systèmes juridiques (sauf parenthèse en Alsace) ont été unifiés, et les découpages administratifs arbitraires sont régulièrement modifiés pour éviter la reconstitution d’entités sub-étatiques. Seule la réalité géographique conserve leur caractère insulaire à la Corse et péninsulaire, à la Bretagne, mais plus aucun pays, comté, duché, principauté ou enclave étrangère d’avant la Révolution ne peut être exactement retrouvé sur les tracés départementaux actuels. Les langues, dialectes et parlers ont été méthodiquement effacés par les hussards de la République et l’idéologie nationaliste a été imposée par la conscription au cours de trois guerres contre l’Allemagne, dont deux Guerres mondiales, une seule (1914-1918) n’ayant pas été déclenchée par le gouvernement français. A quelques rares exceptions, les peuples de France ont été presque totalement fondus en une nation unique. Enfin, il est vraisemblable que le gouvernement français, contrairement à son homologue espagnol en 2015, ne tolèrerait pas la présentation à des élections d’une personne ou d’un parti proposant un programme sécessionniste dans une région, même s’il accepte des programmes de dénaturation de l’État au niveau national.

Plus trivialement, aucun fonctionnaire parisien ne pourrait imaginer l’existence d’une police provinciale, et jusqu’aux années quatre-vingt personne n’aurait imaginé qu’une portion de territoire soit inaccessible à la police nationale ou à la gendarmerie. La République française est le premier régime à avoir doté un grand pays de forces de maintien de l’ordre professionnelles de deuxième catégorie, dites ailleurs anti-émeutes, dont elle enseigne le concept et l’emploi aux grandes démocraties, par exemple à la Russie lorsqu’elle a abandonné la milice populaire soviétique, et aux États-Unis d’Amérique lorsqu’ils ont compris que l’armée territoriale de réserve ne suffirait plus. A titre de comparaison, la France est une fois et demie plus peuplée que l’Espagne mais ses 108 escadrons de gendarmerie mobile et ses 60 compagnies républicaines de sécurité (sauf erreur) alignent près de 25 000 professionnels anti-émeutes, alors qu’en Espagne les onze compagnies de l’unité d’intervention policière et les huit groupes de réserve et de sécurité de la gendarmerie totalisent moins de 4 000 hommes.

Contrairement à beaucoup de pays, la France n’a pas pour autant abandonné l’idée d’utiliser en maintien de l’ordre de dernier recours les forces armées (dont les petits-enfants des viticulteurs du Midi et les enfants des boutiquiers de Bab El Oued cultivent la mémoire), sans qu’il soit nécessaire, au contraire de l’Espagne notamment, de proclamer préalablement l’état de siège. Certains jeunes officiers des transmissions ou du train sont surpris de trouver dans la bibliothèque régimentaire de leur première affectation le TTA (traité toutes armes) sur les forces de maintien de l’ordre de troisième catégorie, aujourd’hui aussi absent de la formation à l’École spéciale militaire que du TTA 150 (la bible du sous-officier), mais qui, gagnant à être ouvert parallèlement au traité de Serge Moscovici sur L’âge des foules, révèle des concepts et des modes d’action totalement étrangers aux professionnels de la défense.

Pour résumer, les peuples de France ont été éradiqués (au sens premier), la sédition est interdite, la police nationale est présente partout et l’État dispose de moyens conséquents de défense du régime. La situation est donc inverse de celle de l’Espagne.

Et au-delà des peuples de France, au-delà de la sédition démocratique, au-delà de la présence policière et au-delà des capacités de coercition du régime ?

Au-delà des peuples, le gouvernement encourage la constitution d’une communauté particulière, sur une base idéologique. Au-delà de la sédition, il tolère la remise en question non seulement de l’autorité de l’État mais également des principes fondateurs essentiels de la société française, comme l’égalité des personnes et des sexes, la liberté de conscience et d’expression, ou encore la souveraineté de l’État et son indépendance séculière. Au-delà de la présence policière, il accepte la constitution de plusieurs milliers d’enclaves de droit étranger où les services publics ne peuvent pénétrer. Au-delà de la force publique, il a dépouillé la France d’un outil de défense, dont il transforme les restes en illusoire instrument de protection rapprochée du régime. Ce début du XXIe siècle est marqué par l’arabisation, l’islamisation, l’implantation des colonies et enclaves « émeraude » et le désarmement.

Les livres blancs gouvernementaux sur la défense ont imaginé en 1994 six scénarios divertissants justifiant la réduction des forces armées de défense à un corps expéditionnaire offensif, et en 2008 six scénarios de diversion introduisant le désarmement ultime. Face à la réalisation de ce programme, il apparut nécessaire d’ouvrir la réflexion à trois éventualités réalistes, bien distinctes mais non exhaustives :

la sécession locale d’une forte minorité adepte d’une idéologie distincte,

– l’intervention militaire d’un pays revendiquant plusieurs millions de ressortissants menacés en France,

– l’intervention d’une coalition militaire multinationale d’imposition d’une autre paix.

Une étude (le Septième Scénario) a donc été conduite selon les mêmes schémas que la prospective officielle, les résultats en ont été soumis aux plus hautes autorités militaires qui ont alors (en privé) loué ce travail qu’elles n’auraient pu confier à aucun état-major.

On peut comparer aujourd’hui ce scénario de la sécession d’une minorité idéologique aux événements annoncés puis accomplis en Catalogne.

Sans considération ici des questions identitaires, la Catalogne est une province géographiquement délimitée qui paie à l’État central plus d’impôts qu’elle ne reçoit de subventions, et qui a l’avantage énorme de disposer déjà d’un gouvernement. Elle peut donc avoir intérêt à établir des frontières pour s’y auto-gérer. Au contraire, les enclaves Émeraude en France constituent un archipel géographiquement éparpillé qui est totalement subventionné et ne contribue pas au budget national, et ne dispose d’aucune administration interne. Elles n’ont donc aucun intérêt à proclamer leur séparation. De plus la Catalogne n’a aucune velléité de conquérir le reste de l’Espagne, tandis que les enclaves Émeraude en France ont une vocation horizontale à s’élargir, et une prétention verticale à établir un autre régime sur l’ensemble du territoire français (voire plus). La Catalogne a souhaité conforter sa légitimité historique par une légitimité démocratique au moyen d’un référendum. L’idéologie Émeraude, bien qu’en progression démographique, ne reconnaît aucune forme de légitimité autre que théocratique, même pas une légitimité « démocratique » des hommes libres après exclusion des femmes, des incroyants et des esclaves. Aussi, les enclaves ne convoqueront pas de référendum. Un an après la sortie du Septième Scénario, Laurent Obertone a repris dans Guerilla l’étincelle d’un simple dérapage policier.

Si cette étude mentionnait la prise d’acte par un prêcheur local de la séparation étatique signifiée par l’envoi de l’armée française, dont on se rappellera que la sénatrice-maire Samia Ghali avait demandé le déploiement à Marseille le 30 août 2012, c’était simplement pour caractériser la gravité de la crise et ouvrir l’éventail des moyens utilisables par l’échelon politique, et simultanément pour autoriser intellectuellement l’intervention étrangère et internationale. Mais en réalité, il ne semblerait pas très judicieux pour une enclave sous perfusion dite « sociale » (plus exactement monétaire) de proclamer sa séparation de l’État nourricier. Par ailleurs, si le gouvernement français décidait d’intervenir, c’était essentiellement en raison de la configuration géographique et de l’imbrication des populations qui impliquaient l’isolement d’une ville d’un million d’habitants et la prise en otage de plusieurs centaines de milliers de Français loyalistes. Il y avait certes aussi le risque secondaire de la constitution de mouvements d’auto-défense. Pour la facilité de l’étude, et en particulier l’introduction du volet intervention étrangère, la métropole Alexandrite avait été située sur une côte, mais cela ne signifie pas que l’enclave qui mettra ainsi en échec la totalité des moyens de coercition de l’État ne sera pas significativement plus proche de Paris.

L’Espagne a continué de prétendre à la normalité, ne changeant pas le cadre légal pour déployer la police chargée d’empêcher les Catalans sans armes de se présenter aux bureaux de vote ouverts dans les administrations locales. Au contraire, le gouvernement français, dans le Septième Scénario, déclare un 14 novembre (prémonition fortuite publiée en août) l’état d’urgence institué en 1955, afin d’instaurer le couvre-feu. Mais après étude de la question, ledit gouvernement, toujours dans cette étude, décide de ne pas proclamer l’état de siège car cela n’apporterait aucun moyen supplémentaire. Compte tenu des capacités étatiques méthodiquement analysées dans cette étude, face à la sécession locale d’une forte minorité adepte d’une idéologie distincte, le gouvernement français ne peut que capituler.

Deux ans après la parution du Septième Scénario (www.lulu.com/fr/shop/stratediplo/le-septième-scénario/paperback/product-22330739.html), aucune étude n’a infirmé ses conclusions. Aucun peuple de France ne fera sécession dans un avenir prévisible, mais le gouvernement n’est pas en mesure de reprendre les plus grosses enclaves qui se sont affranchies de la souveraineté de l’État.

Stratediplo

www.stratediplo.blogspot.com

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Notifiez de
coll

L’éclatement des nations, c’est dans l’agenda des mondialistes, Car le parlement de L’Europe, préférerai diriger des régions que des états nation, tout est préparer, par petite touche, Pour que demain toute l’Europe soit des vastes Landers, client des USA;

Aresky M

Trés juste amigo ;La Russie avec Poutine malgré ces défauts indéniables(manque de Démocratie) l’a bien compris ! mais au moins il défend ses ressortissants pas comme De Gaulle qui à abandonné les Pieds Noirs et les Musulmans pros français en Algérie une fois l’indépendance (inévitable) acquise !

Aresky M

La bourgeosie catalane la plus pourrie d’Europe ! compradore et hypocrite ;elle a exploité
les résidents catalans immigrés du sud en misant sur le flamenco et en dansant la sardane inaudible pour le tourisme le pseud référendum simplement anticonstitution votée aussi parles Catalans !à la sortiede la dictature Rajoy ni le roi ni un autre ni l’Europe peuvent rien il faut la modifier c possible démocratiquement prévu on se tue à vous le dire !
si non sortie de l’europe et de l’euros et puis + de 50% de la population n’est pas d’origine catalane surtout immigration intérieure venue du sud pas prete de renoncer à une nationalité espagnole universelle on la verra bien lorsque le scrutin sera légalement possible et les « illuminés » catalanistes ‘ne veulent pas de cette procedure légale

sav73

Nous aussi en Savoie faut demander notre indépendance nous sommes la vache a lait de certaines régions Françaises ……

SUCCOJA Michèle

Amis catalans, mieux vaut être seul que mal accompagné. Pour le reste, c’est à vous de prendre votre destin en main, les Français n’ont pas à s’en mêler…..pour le moment.

dufaitrez

Encore un baratin longiligne ! Illisible !
La France a la Corse, la Bretagne et la Savoie.
Comme dit hier, Madrid aurait autorisé, le ridicule serait apparu aux yeux de tous, et dégoûté tous les impétrants !! La preuve par l’Absurde !
Une Catalogne indépendante ? Avec ses services publics, sa fiscalité, son Armée, etc ?
MDR !

jolamonna

je comprends jamais rien a ses articles!

Labande Ajojo

Je ne me prononcerai pas sur le fond du problème qui appartient aux concernés. Par contre je me pose une question. Les médias mainstream ne s’insurgent pas sur le fait que les policiers Espagnols ouvrirent le feu sur ceux qui se rendaient aux urnes. Imaginez un incident du même genre en France et devinez (facilement) quelle aurait été l’attitude de nos valeureux « journalistes »…

Aresky M

Faux personne n’a ouvert le feu simplement dispersé un rassemblement illégal sur décision de justice comme en France tout les jours !

VivelaFrance

Vous commencez à nous gonfler sérieux avec vos articles vantant la sécéssion de la Catalogne, dont on se fout ici comme de notre première paire de chaussettes. Je ne vous laisserai pas insulter la France à laquelle vous ne connaissez rien, que nos rois ont mis des siècles à contruire, en nous trairant de totalitaires!
Nous en France, nous sommes JACOBINS dans notre écrasante majorité et le régionalisme nous fait rire, on ne les prend pas au sérieux. Alors rendez vous utile, barrez-vous à Barcelone rejoindre vos potes de Podemos et votre chef Puigdemont!!!

Brouillon

Ne vous déplaise VivelaFrance, Stratediplo ne fait que constater un état de fait. Soit la création d’un État dissident éclaté sur tout le territoire, dont la loi est la charia et la religion l’islam. Vous devriez relire pour comprendre. Le jacobinisme centraliste est vaincu.

Lustuc

L’UE n’a qu’une option pour ne pas s’ effondrer et voir le continent revenir aux nations…c’ est l’ union politique. Mais elle a, contre elle les revendications identitaires nationalistes. Elle joue donc les nationalismes regionaux contre les nationalismes des grands etats-nations, comme la France et le royaume uni. Je crois qu’ en la matiere; il faut se demander: « a qui profite le crime ». L’UE a contre elle l’echec economique, financier, les revendications identitaires qui ont mis trump et theresa may au pouvoir et qui constituent une lame de fond qui monte contre elle. Je crois donc qu’ elle joue le nationalisme regional contre le patriotisme national. Macron pousse a une union politique mais qui ne peut reussir qu’avec une Europe divisee en regions et non en etats (trop puissants).

Nemesis

Pour ceux qui se rendent en Espagne (après la frontière française jusqu’à Barcelone) le drapeau catalan est présent depuis des lustres … Donc rien d’étonnant concernant ce qui s’est déjà passé et ce qu’il advient actuellement. Je parie qu’ils obtiendront satisfaction … Quant à la France elle est pratiquement perdue car le phagocytage en place ne nous permet pas de faire le nécessaire pour conserver notre pays français avant tout. Le nombre de ceux qui veulent échapper à la destruction de notre pays est insuffisant. L’élection d’un Macron en est la preuve la plus visible.

Echec&Mat

« Aucun peuple de France ne fera sécession dans un avenir prévisible » C’est vite oublier l’imprévisible comme ce fut le cas en juin 40, où le binôme offensif panzer-stuka, avait surclassé le concept défensif de la ligne Maginot. Notre ancien président n’a t-il pas susurré dans les coulisses du pouvoir, qu’une partition ne serait pas à exclure s’il le fallait ? Un nouvel Edit de Nantes, en quelque sorte !

Echec&Mat

Stratediplo a certainement lu « Minorités & Régionalismes dans l’Europe fédérale des Régions » de Pierre Hillard, ou l’enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l’Europe.Vouloir faire cohabiter des principes aussi contradictoires que les solidarités nationales avec des fédérations ethniques est une absurdité. Aujourd’hui dans la bataille existentielle que mène la France, nos politiques ne sont pas à un paradoxe prés ! Sur la carte de l’Europe des ethnies ébauchée par la Waffen SS, on observe que la France n’échappe pas au puzzle du régionalisme où nos politiques trouveront bien une petite place pour nos nouveaux « amis » en s’inspirant pourquoi pas du traité de Saint Clair sur Epte entre le chef Viking Rollon et Charles le Simple cf. les origines de la Normandie, pour avoir la paix !

Yves ESSYLU

L’établissement d’administrations locales sous régime de la Charia existe en GB
Quant à la Catalogne immigrationniste elle sera peut être le prochain califat islamo-marxiste

Brouillon

Ce serait bien pour nous rendre compte du risque que nous courrions en cas d’islamisation de la France.