Quelques conseils à Caroline Fourest pour lui éviter d’être la risée de la France entière

Démosthène mettait des cailloux dans sa bouche pour lutter contre un bégaiement assez gênant. À défaut d’employer la même méthode somme toute peu agréable, je conseille à Madame Fourest de tout bonnement tourner sa langue sept fois derrière ses jolies dents avant de déclencher l’une de ces (b)logorrhées monocordes dont elle fait son quotidien de conscience nationale.

Cela lui éviterait de laisser passer, dans le flot continu de ses argumentations, quelques contre-vérités historiques du genre à anéantir n’importe quel discours supposé définitif. La France, « pays où l’on extermina six millions de Juifs » en est l’exemple le plus récent.

Il serait temps que Madame Fourest tempère un peu ses excès de langage par un approfondissement du genre scolaire de ses connaissances en Histoire. Cela éviterait la question qu’une amie s’est vu poser par son fils de douze ans : « Maman, c’est vrai que les Français ont tué six millions de Juifs? »

La portée du message télévisuel est telle qu’il serait je pense pertinent de créer une commission neutre capable de corriger au jour le jour les énormités proférées à jet continu par des gens rivés aux fauteuils que leur offre, face à la bouche-bée du spectateur, la nécessité de dire à tout instant, sur tout et sur n’importe quoi. Si le péremptoire inculte tuait autant que la confusion des mots, les studios et plateaux où se décide l’opinion du peuple seraient déserts. Ce qui permettrait soit dit en passant aux gens d’aller tranquillement ramasser des girolles.

Reine de l’amalgame, Madame Fourest, insatisfaite de sa propre ignorance, en rajoute une couche sur la colonisation mère des envies de meurtre de ses compatriotes inquiets du futur qui leur est promis. La perspective de citoyens prenant les armes pour éviter d’être tirés comme des lapins devant des distribanques ou dans des cours d’école l’inquiète. En gros comme au détail, la défense civile, fille adultérine de Marianne et de Jules Ferry, doit être embastillée d’urgence quant aux citoyens désignés par avance coupables de vouloir survivre libres, il leur est vivement recommandé de lever les mains et d’attendre qu’on les flingue.

À défaut de risquer comme Démosthène d’avaler du gravier, Madame Fourest devrait s’imposer l’exercice que le Fürher (la solution finale, c’était de lui, Caroline) s’imposait avant de s’adresser aux masses et pour lequel un miroir de bonne taille suffit. Se regarder parler en amont d’un discours suffit pour en gommer les dissidences, à condition d’en domestiquer tant soit peu le phrasé. C’est peut-être suffisant pour éviter de se savoir a posteriori capable de lâcher en public un tel concentré d’ignare bêtise.

Alain Dubos

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