Quelques précisions sur mon dernier article concernant un débat organisé par Calvi, sur les minarets

Publié le 14 décembre 2009 - par
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Chère Riposte Laïque, pourriez vous publier ces précisions ?

Dans mon précédent article commentant le débat de « Mots Croisés » sur les minarets, je n ‘ai dit mot de l’intervention de B. Gollnish.

http://www.ripostelaique.com/Calvi-invite-Gollnish-Longuet.html

Bien évidemment, je n’ai pas la moindre complaisance idéologique vis-à-vis de cet homme dont les remises en cause – quoique méthodiquement contrôlées – de la Shoah suffisent largement à disqualifier sur un plan éthique et politique. Ainsi, quelle ne fut pas ma colère de constater qu’il était, sur le plateau d’Yves Calvi, l’unique représentant des « anti-minarets » (pour caricaturer le clivage).

En effet, il se trouve que Bruno Gollnish n’est pas laïque. Son combat anti-islamique n’est pas un combat pour la laïcité mais pour la restauration d’un système autoritaire fondé, en partie, sur les valeurs du fondamentalisme catholique. Franco, Salazar ou Pilsudski sont ses références politiques européennes… Sans commentaire !

En écoutant Gollnish, on s’aperçoit aisément qu’il méprise la laïcité, creuset d’un système républicain encore honni par l’extrême-droite. Celle-ci, marqueterie de tendances ultra-conservatrices, contre-révolutionnaires, pétainistes, poujadistes, ne peut en aucun cas incarner le combat progressiste des valeurs républicaines. C’est un leurre. Hélas, face à la lâcheté de la classe politique, des millions de Français peuvent croire au faux espoir d’une alternative « frontiste » qui s’avèrerait dangereuse.

C’est en tant que progressiste que je dénonce l’islamisation de la société. Je ne stigmatise personne si ce n’est celles et ceux qui se soumettent – par conviction, par lâcheté ou par bienveillance coupable – aux empiètements progressifs que commet une certaine forme de dogmatisme islamique dans l’espace public. J’estime que les monothéismes ont tous leur part d’archaïsme et de barbarie. Bien evidemment, cette affirmation est discutable. Certains trouvent sincèrement un espoir, un réconfort, une paix intérieure, une source de sagesse ou encore une forme de vérité en pratiquant une religion. Je respecte pleinement ce choix tant qu’il s’exprime dans l’espace privé. D’ailleurs, n’étant pas athée, je crois également à une certaine forme de spiritualité. Ces croyances relèvent du domaine de l’intime.

Or, force est de constater que la culture islamique véhicule des sentiments identitaires qui tendent à s’affirmer dans l’opposition à la nation française, républicaine, laïque, indivisible et anti-communautariste. Ce n’est être ni raciste, ni intolérant que de trouver qu’un certain nombre de valeurs culturelles actuelles de cette religion sont contraires aux valeurs de tolérance, d’humanisme ou d’ouverture d’esprit. On me rétorquera que ce phénomène dénoncé est minoritaire. Peut-être. Sans doute. Mais minoritaire ou pas, il est suffisamment important pour être dénoncé.

Au XXIe siècle, en France, je suis consterné d’apprendre que l’apostasie en Islam est souvent jugé par les croyants comme une grave trahison.

Au XXIe siècle, en France, je suis révolté de constater que la pratique du Ramadan pour des raisons religieuses ou culturelles, sous le poids du traditionalisme religieux, tend à se développer aux dépens des règles laïques.

Au XXIe siècle, en France, je trouve qu’égorger des animaux pour commémorer le mythe de la soumission d’Ibrahim est barbare.

Au XXIe siècle, en France, j’estime que refuser, au nom de la religion, d’épouser un non-croyant et de pratiquer une endogamie religieuse est sectaire et intolérant.

Au XXIe siècle, en France, je pense sincèrement que revendiquer une appartenance religieuse comme principal marqueur identitaire – par opposition à la citoyenneté française – est contraire aux valeurs d’universalisme.

Cela ferait-il de moi un affreux xénophobe intolérant ?

A ce sujet, mon article précédent était particulièrement sévère vis à vis de JL Mélenchon et de V. Peillon. Pourtant, j’ai une certaine estime pour ces deux hommes politiques.

Vincent Peillon est un homme brillant, ses idées politiques sont parfois pertinentes. En outre, il avait courageusement défendu Robert Redeker en 2006 au moment où toute la classe politique fustigeait la tribune « anti-Islam » du philosophe. Aussi, je n’ai pu trouver que regrettable la position de V. Peillon lors de ce débat : langue de bois, ronronnements bien-pensants, mépris ostensible vis-à-vis du vote des Suisses… Je respecte le fait qu’il soit en désaccord avec la décision prise démocratiquement par ces derniers. Mais je ne peux tolérer le dédain qu’il exprime à l’encontre de ceux qui sont critiques vis-à-vis de l’Islam.

Concernant JL Mélenchon, personne ne peut l’accuser d’hypocrisie. Il annonce clairement ses idées qui, sur un certain nombre de sujets, sont d’ailleurs intéressantes. Néanmoins, à l’instar de Peillon, il s’enferme dans une crispation intellectuelle lorsqu’on évoque la question de l’Islam. Plus aucune discussion n’est possible. Pour une simple et bonne raison : il ne faut pas « stigmatiser » les musulmans ! Mais lorsque Mélenchon attaque frontalement le catholicisme ou le bouddhisme, il ne craint nullement la « stigmatisation » des pratiquants de ces deux religions ! Cela voudrait-il dire que les musulmans sont plus susceptibles que les chrétiens ou les bouddhistes ? Cela signifierait-il que les musulmans ne peuvent pas accepter la critique, fût-elle virulente, de leur religion ?

Cette attitude trahit en fait une sorte de paternalisme bienveillant à l’égard des Français de confession musulmane. Une bonne partie de la gauche (pour des raisons principalement électoralistes, les musulmans votant en grande majorité à gauche) et de la droite (pour des motifs essentiellement idéologiques, la religion étant perçue comme garante de la paix sociale) considère implicitement que ces derniers réagissent davantage en tant que croyants qu’en tant que citoyens. Il ne faudrait donc pas trop heurter les sensibilités religieuses des musulmans. Quelle étrange vision de la société ! La dénonciation du dogmatisme religieux devrait donc être sélective, eu égard à la prétendue susceptibilité des croyants …

C’est en suivant cette pente dangereuse que les dérives communautaires s’amplifieront.

Bien à vous

Stanislas Geyler

PS : J’ai dit quelques mots, dans mon précedent article, sur l’identité nationale. Ne pensez pas que je résume la France d’avant 1789 aux quelques noms de souverains et de châteaux que j’ai énoncés. Loin de moi toute vision de l’Histoire et de l’identité propre aux Méthodiques de la IIIe République. Notre patrimoine historique est bien plus vaste, bien plus complexe, bien plus riche que les références précitées. Celles-ci avaient uniquement pour but de cibler très succinctement quelques repères historiques… non exhaustifs ! On pourrait disserter des heures sur ce sujet. Quoique nous aimions notre patrie républicaine et que celle-ci constitue la matrice de notre identité commune, je souhaitais simplement souligner le fait que nous ne pouvions considérer l’histoire d’avant 1789 comme entièrement étrangère à notre patrimoine identitaire.

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