A quand remontent les revendications policières ?

Publié le 29 octobre 2016 - par - 4 commentaires - 891 vues
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policesigsauer
Ancien commissaire divisionnaire de la police nationale et syndicaliste engagé, retraité depuis 1997, je comprends et soutiens le sentiment de révolte qui provoque depuis 10 jours les manifestations de nos policiers, d’Etat ou municipaux, rejoints par endroit par les sapeurs-pompiers. Mais des personnels de santé comme des enseignants, victimes autant de violences ahurissantes pourraient tout aussi bien les rejoindre, comme nombre de citoyens qui, à travers eux, sont menacés !

Si le titre de votre article http://ripostelaique.com/en-quoi-la-situation-des-policiers-pourrait-elle-etre-pire.html suscite l’idée qu’on ne pourrait rien voir de pire dans l’agression des policiers, il faut pourtant l’envisager, tant les politiques pénales menées depuis plus de 30 ans ont définitivement assuré les voyous en tout genre, casseurs ou islamo-racailles d’aujourd’hui qu’ils jouissent d’une impunité quasi-totale.

Je connais cette historiette véhiculée depuis des mois déjà et trop vraie malheureusement de la réalité policière, pour ceux qui n’osent plus sortir leur arme (ce qui n’a jamais été mon cas) et ne devrait pas en être, le vrai risque étant de finir estropié à vie, sinon mort, avec la reconnaissance d’une médaille sur un cercueil et l’oubli assuré ! A l’instar de votre « morale de l’histoire »…

Sinon, comme le dit Robert Paturel, porte-parole en réserve des frondeurs, « Il faut attendre de brûler dans sa voiture avant de réagir ? », s’interroge-t-il auprès de « L’Obs », fidèle à son mantra : « Plutôt jugé par 12 que porté par 6 ». Comprendre mieux vaut finir devant le tribunal que mourir en service. » On ne peut que le rejoindre !
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20161025.OBS0278/policiers-en-colere-robert-paturel-le-gorille-qui-veut-parler-a-cazeneuve.html

Vous êtes plusieurs analystes à traiter de ces sujets devenus explosifs comme la police, justice, immigration, islamisation, valeurs de la Nation etc. qui se retrouvent dans une seule question : que sera la France de demain si nous ne faisons rien ? Mais vous le faites, et bien d’autres voix s’élèvent pour dire que les limites du supportable sont depuis longtemps dépassées. Et qu’il faut réagir !

Car on peut poser en face de votre article cette autre question : « A quand remonte cette situation invraisemblable vécue par les policiers en France ? »

Sur une criminalité déjà très préoccupante, j’avais personnellement tenté une analyse fin 2001, au moment de la campagne de J. Chirac pour les présidentielles et législatives, que j’avais adressée à quelque 80 députés et sénateurs de droite, pour beaucoup encore en charge…, et qui m’ont très vite assuré de leur « soutien » et « appui », sur la démonstration d’un constat plus qu’alarmant avec pour conclusion, une liste de 10 propositions… qui se retrouvent aujourd’hui quasi intégralement dans les revendications des manifestants.

Donc des requêtes très anciennes et jamais résolues malgré les engagements politiques de droite, par lâcheté, et encore moins de gauche, par idéologie et clientélisme…, après une campagne médiatique de J. CHIRAC gagnée sur l’agression de Paul VOISE aussitôt oubliée (avec les autres victimes des barbares…), le mandat en poche…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Paul_Voise

Aujourd’hui, le couvercle a explosé sur l’énorme pression et les menaces mises sur la tête des policiers de base et la hiérarchie par les socialistes au gouvernement pour les dissuader de riposter aux faits les plus graves. Quand les consignes pour le faire traînent tout autant et volontairement à venir.

Faut dire que le supplice du « grille-pain » portes bloquées opéré à Viry-Châtillon par des barbares assassins a permis le sursaut de nombre d’entre eux, et le « collectif » fera qu’ils devraient obtenir gain de cause, les syndicats étant obligés de « prendre le train en marche » ! On l’espère ! Mais l’histoire nous appelle à la vigilance !

Après, il faut s’interroger pour savoir pourquoi nos policiers en sont arrivés à cet état de victimes expiatoires d’une situation qui leur est imposée…

Les policiers sont « pris entre le marteau (socialiste) et l’enclume (LRPS) »… car rien n’a vraiment été fait depuis l’angélisme et le laxisme engendrés par l’ère mitterrandienne (sinon depuis les années 70), sous l’impulsion du Syndicat de la Magistrature et du Syndicat des Avocats de France, de gauche affichée s’entend, pour faire face à une criminalité nouvelle avec en particulier les zones de non-droit.

Des policiers privés des mois durant (jusqu’au plan X ou Y…) des moyens nécessaires pour répondre à leurs missions pour la sécurité des personnes et des biens, et se protéger eux-mêmes. Avec la certitude que ce sont les délinquants qui finissent en prison et non les policiers comme cela peut arriver en cas de non-reconnaissance de la légitime défense ! Sans oublier les sanctions sur la carrière qui ne relèvent pas seulement d’un usage des armes présupposé abusif !
http://ripostelaique.com/laffaire-policier-sebastien-jallamion-devient-cas-decole.html

D’où cette exigence fondamentale aujourd’hui pour rééquilibrer la donne entre racailles assassines et policiers, de l’établissement de règles de légitime défense, précisément légitimes et absolues dans leurs éléments justificatifs.

Mais la cause la plus grave à l’origine du découragement des policiers c’est la permanence au niveau de la JUSTICE d’un climat autant de défiance à leur égard que d’attention répétitive et dévastatrice pour la société envers les délinquants, nombre de magistrats se croyant investis d’une mission pour « maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre… » etc. etc.

Les journalistes ne font « qu’effleurer » et encore très rarement et prudemment le véritable problème qui est à l’origine de la montée de la délinquance en général puis communautaire et par ricochet du ras-le-bol des policiers : la magistrature.

Il faut se reporter à la naissance du syndicat de la magistrature en 1974 et le « manifeste » de Oswald Baudot, substitut à Marseille et membre du SM, qui prône la « partialité » dans l’exécution de la justice : « Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron… pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice.»… etc. etc.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/25/01016-20130425ARTFIG00724-l-ideologie-seventies-du-syndicat-de-la-magistrature.php

…la police traduite en l’image d’un cochon que transmettait Clément Schouller en 2006 dans une « méthode » pour conditionner une partie de la population, essentiellement la jeunesse délinquante, contre l’autorité de l’État…
http://moreas.blog.lemonde.fr/2006/12/13/un-petit-cochon/

…pour arriver au «mur des cons» découvert en 2013 dans les locaux parisiens du SM et qui n’est, « au fond, qu’une expression caricaturale d’une idéologie radicale »…, jamais sanctionné (pour toutes ces positions…) sauf à attendre le résultat du renvoi en correctionnelle de sa présidente Françoise Martres.
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/28/mur-des-cons-la-presidente-du-syndicat-de-la-magistrature-renvoyee-en-correctionnelle_4775424_1653578.html

Mais comme en conclut François Teutsch pour Boulevard Voltaire : « Courage Madame Martres. Le Parquet requerra une relaxe. Et il y a fort à parier que vous serez promue. Par une justice indépendante et impartiale ».
http://www.bvoltaire.fr/francoisteutsch/mur-cons-francoise-martres-renvoyee-devant-tribunal-correctionnel,209340

A ce stade, il faut aussi rappeler le passage calamiteux de C. Taubira à la justice dont Philippe Bilger dresse un constat accablant : « Le peuple a été obstinément renvoyé dans ses cordes alors qu’il avait la faiblesse de s’occuper de ce qui le regardait et donc du mauvais ministre de la Justice qu’était C. Taubira »…
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/01/27/31001-20160127ARTFIG00285-philippe-bilger-il-sera-impossible-de-faire-pire-que-taubira.php

Tout cela fait qu’on ne peut s’étonner que le ministre de la Justice, J-J. URVOAS, se déclare toujours opposé à toute évolution des règles de légitime défense… et relève seulement un « problème de communication entre policiers et magistrats »… Et propose que «tout nouveau policier qui va occuper une fonction opérationnelle dans un commissariat vienne passer trois jours dans une juridiction, (…) pour découvrir le métier de juge. Et inversement, que tout nouveau magistrat puisse venir trois jours dans un commissariat de police». On pourrait en rire !

Il reprend ainsi à son compte la position des magistrats qui se disent « fâchés » (damned !) par les propositions du ministre de l’Intérieur !
http://www.lci.fr/societe/le-plan-cazeneuve-souleve-des-interrogations-aupres-des-magistrats-2009875.html
Comme le suggère Robert Paturel pour le DGPN : « Je propose un truc à Falcone (Jean-Marc Falcone, directeur général de la police nationale, NDLR) : qu’il se pointe dans un quartier chaud habillé en gardien de la paix avec un pistolet à bouchon. On verra comme il s’en sort ! »… Idéal pour magistrat débutant…

Ce sont en effet les policiers qui souffrent le plus des agissements des magistrats et qui les ressentent avec le plus d’acuité. Plus ou moins le reste de la population en a conscience, mais les avocats (de gauche aussi à environ 70%) font d’autant plus écran de fumée que cela arrange leur « business », aidés en cela par la quasi-totalité des journalistes qui sont du même bord.

Ils sont  permissifs par idéologie, formatés ainsi à l’ENP pour être laxistes avec certaines couches de la population alors qu’ils sont intransigeants avec d’autres… ou font preuve d’abus de pouvoir…Il n’y a pas de véritable justice. Elle est « orientée ».

La Police ne peut donc plus être impartiale et efficace puisque ses actions sont systématiquement mises à néant par 95% des magistrats qui en tirent gloire ! Ils « rééquilibrent les chances » comme ils disent !… De toute manière pour les juges, les policiers sont tous d’extrême droite ! Ce à quoi il faut ajouter leur mise en danger physique permanente par le pouvoir ! Sciemment !

D’où la déliquescence de l’autorité qui fait la force d’une Nation. Et, si rien n’est vraiment fait pour l’inverser, nous n’avons pas tout vu dans ce registre !

Cette manifestation des policiers n’est pas nouvelle. Y compris chez les gendarmes avec la campagne des lettres anonymes de 1989, suivies des « défilés » des épouses avec poussettes sur la voie publique, et les manifestations en armes de 2001. Sous un gouvernement déjà socialiste, et sans que les engagements aient tous été tenus ! Mais les gendarmes au moins conservent un usage des armes plus protecteur et, malgré une certaine réticence, rentrent le soir dans leurs « casernes », où ils ne risquent pas le terrible sort de ce couple de policiers égorgés à Magnanville !

Alors « Légitime défense pour le policier et autrui… »…
Faut-il une loi quand une ordonnance suffirait pour un projet et un débat connus depuis novembre 2002 où le sénateur Charasse (PS) avait déposé un amendement à la loi de sécurité intérieure autorisant les policiers « à faire usage de la force armée dans les conditions prévues, en ce qui concerne la gendarmerie nationale »… finalement retiré pour… « un examen dans le cadre d’une prochaine réforme du Code pénal et de procédure pénale présentée par le ministre de la Justice… »…
C’est-à-dire aux calendes grecques…

Proposition du seul B. Cazeneuve à l’étude et remise à fin novembre pour son examen par l’Assemblée nationale : pour forcer le résultat de l’équation machiavélisme/immigrationnisme/ angélisme des socialistes + soutien/identité heureuse/lâcheté déjà éprouvée de la droite il faudra plus que de la vigilance !

Bon courage à nos défenseurs de l’ordre public et de la sécurité qui sont en première ligne !

Georges ALBERT

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Notifiez de
Yves

Je ne dirai pas « à quand remonte les revendications policières » mais plutôt « quand auraient telles dû commencer » ce qui n’est pas du tout la même chose. J’ai vécu 30 ans dans le 93. Et là tout à commencé en 1981 après l’élection de François Mitterrand et cela n’a jamais cessé d’aller décrescendo depuis. A l’époque les policiers se faisaient déjà insultés lors de leur patrouille et ne descendaient pas de voiture, ils passaient leur chemin. Ils avaient déjà des ordres pour ne rien faire. Je suis parti comme beaucoup d’autre car je ne me sentais plus en sécurité, entouré de voyous « je ne dis pas jeunes » vendeurs de drogue, casseurs, racketteurs…Malheureusement Il aura fallu 35 ans pour réagir

BALT

Si je soutiens totalement la police contre les criminels et la justice collabo-laxiste, je ne la dédouane pas totalement lorsqu’elle verbalise et s’en prend à des honnêtes gens solvables et non violents alors qu’elle ferme les yeux et se sauve face à la racaille ( peut être sur ordres il est vrai ).

Lia

Un des meilleurs articles de RL. Argumentation « charpentée », vécu et piqûres
de rappel pour les néophytes. Ainsi, le manifeste du substitut Oswald Baudot en 74. Vraiment les bras m’en tombent. Il est patent que, ce manifeste a influencé des générations de magistrats. Avec le recul, j’estime que des gens comme Baudot ou Schouller ont du sang sur les mains. Tout comme les politiques. Certains magistrats sont des idéologues à la con, façon maoïstes, trotskos et consorts. Doux Jésus ! Que c’est ringard ! Je me demande si -pour des motifs de nature idéologique- certains magistrats n’auraient pas amoindri l’action des services de renseignements.

ésus

Il n’y aura pas de demi-mesurettes, il ne restera qu’une solution : c’est le peuple qui prendra les armes;c’est iirrévocable,on ne peut plus revenir en arrière.
Pour per mettre aux magistrats de juger dans la sérénité, je propose qu’ils aillent avec les policiers patrouiller dans les quartiers difficiles.