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Qu’est-ce qui a pris au pape de comparer certaines IVG à une pratique nazie ?

Le Saint-Père est en croisade. Sa croisade serait plus efficace avec quelques nuances…

Le pape François est dans son rôle quand il condamne l’avortement. En cela, il s’inscrit dans la doctrine traditionnelle de l’Église catholique. Mais il devrait y avoir quelques limites à son combat pour les fœtus.
Ces limites ont été largement dépassées samedi au Vatican alors que le pape recevait des associations. La presse ne précise pas le nom de ces associations mais tout donne à penser qu’il y avait « Laissez-les vivre » ou quelque chose d’approchant. S’adressant à ses visiteurs, le Saint-Père a déclaré que l’avortement, s’agissant des fœtus mal formés, était « un eugénisme en gants blancs. »

Il a utilisé une image qui se voulait frappante : « Savez-vous pourquoi on voit de moins en moins de nains dans nos rues ? Parce qu’on s’en débarrasse ». Sous-entendu : dans le ventre de leurs mères ! Pour qu’il n’y ait aucun doute sur sa pensée, il a ajouté que c’était comparable « à l’eugénisme nazi » !

Doit-on imaginer que les nazis faisaient cela « en gants noirs » ? Le pape s’est néanmoins abstenu – félicitons-le – de reprendre les invectives haineuses de quelques élus de droite quand, en 1974, ils écharpaient Simone Veil, « l’avorteuse ». Elle se rendait coupable, selon eux, « d’un génocide comme à Auschwitz ».

La même période, donc, que celle évoquée par le Saint-Père. Le pape se permet beaucoup. Mais tout ne lui est quand même pas permis. Le pape est un être complexe. Il oscille entre un progressisme frénétique et un conservatisme d’un autre temps. Son progressisme le pousse à déclarer sans cesse sa flamme aux migrants. Son conservatisme l’amène à parler de l’avortement en termes insupportables.

Pour autant, pas de quoi s’alarmer. Le pape n’est pas infaillible. Jésus, d’ailleurs, ne l’était pas non-plus. En mourant sur la Croix, il fit des reproches amers à Dieu : « Eli, Eli, lama sabachthani ? » (Dieu, Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?) Dieu le détrompa en l’appelant auprès de lui. Alors, le pape…

Benoit Rayski

PS : Dans la plupart des pays d’où viennent les migrants couvés par le pape François, l’avortement est interdit. Ça donne à réfléchir sur les engagements du Saint-Père.