"Qui a peur de l'islam ?" Un reportage révélateur sur la réalité de l'islam de France

« Vous me faites peur »

France 4 a diffusé un reportage-documentaire de John-Paul Lepers intitulé « Qui a peur de l’islam ? »
Le propos du journaliste-enquêteur, c’était de montrer que la peur de l’islam est injustifiée, que l’islamophobie n’a pas lieu d’être… Mais le reportage lui a échappé, si je peux dire, et, au final, le spectateur ressort non pas rassuré, mais atterré et plutôt inquiet devant l’intégrisme musulman qu’il a découvert…
Sans doute conscient de cela, John-Paul Lepers a voulu lui opposer un autre intégrisme : celui des lefébvristes, qu’il surprend à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, au sortir de la messe pascale. L’accueil est hostile, très violent même. Mais la démonstration tombe à plat : d’abord, on nous cache les raisons d’un pareil accueil : « on se connaît déjà » lance le journaliste, il y a donc un chapitre antérieur que nous ignorons et qui laisse supposer que Lepers fait de la provocation et qu’il prévoyait cette réaction ; ensuite cette brutalité -certes inexcusable- n’effraie pas : on la sent uniquement dirigée contre l’équipe de télévision, pour une raison précise… D’ailleurs, quel danger véritable représentent les lefébvristes ? les messes en latin, les soutanes, le rejet de Vatican II, le refus des moyens contraceptifs, et même l’opposition à l’IVG, tout cela ne fait pas vaciller la France sur ses bases !
Il en va différemment de l’intégrisme musulman qui apparaît dans le reste du documentaire…
D’abord, au cours d’une conversation détendue avec quelques jeunes hommes, dans la mosquée Abou Bakr de Roubaix, John-Paul Lepers amène la conversation sur la lapidation. Ses interlocuteurs justifient tous en cœur cette pratique d’un autre âge, dans les pays musulmans, parce que c’est la « loi divine ». Et « loi divine », également, l’amputation des voleurs !
Déjà on est abasourdi de voir ces hommes – des citoyens français- non seulement tolérer, mais encore adhérer pleinement à l’application de ces peines barbares : pas la moindre hésitation, pas la moindre remise en cause, pas la moindre réserve ! Une acceptation totale !
Et on est effrayé quand le trésorier de la mosquée, pour répondre à une question de Lepers, affirme que, si la France devient musulmane, la charia devra s’appliquer…
Bien sûr, depuis la diffusion du documentaire, Rachid Ghassen a démissionné et il est revenu sur les propos tenus (« Je condamne sans ambigüité et fermement les propos que j’ai tenus concernant la lapidation et les mains coupées, ceux-ci ont été dit dans un contexte d’euphorie, de naïveté et surtout avec un grand manque de connaissances théologiques, je le reconnais. »), accusant le journaliste de manipulation. Manipulation ? Non ! Le journaliste n’a pas piégé Rachid Gacem -il n’y avait pas de caméra ou de micro cachés- et il se devait en toute logique de poser cette question, à laquelle, manifestement, il attendait une tout autre réponse : « Vous me faites peur ! », lance-t-il alors !
Et on est amené à penser que ces mots, échappés imprudemment dans le climat de confiance instauré par Lepers, traduisent la vérité de l’islam de France, pour lequel la loi d’Allah passe avant les lois républicaines et les valeurs de notre pays…
Un petit tour sur le site de l’Union des Associations musulmanes de Seine Saint Denis (UAM93) ¹ confirme l’approche des musulmans de Roubaix, puisqu’une longue argumentation prend la défense de la lapidation, avec une certaine ironie contre les « bien-pensants » : « La lapidation est de ces sanctions qu’on a beau jeu de conspuer à distance mais auxquelles on fait en sorte de ne pas s’exposer quand on est à proximité et qu’on a un minimum d’intelligence » « à partir du moment où une peine a été instaurée, si on ne l’applique pas, c’est comme si on envoie un signal d’encouragement à tous ceux qui seraient tentés d’agir de même. » Pour eux, il ne fait aucun doute que Sakineh doit être lapidée, selon la charia…
Qu’en conclure, sinon que les principes républicains sont loin d’être partagés par les français de confession musulmane, car seule une opposition viscérale à la charia traduirait la compatibilité de l’islam avec la République…
Revenons au reportage à Roubaix !
Des phrases, des expressions qui font choc au détour de la conversation !
Ainsi, ce « nous Algériens » qui échappe à l’un des hommes, et à qui John-Paul Lepers est obligé de faire remarquer qu’il est « Français » !
Ainsi, l’affirmation selon laquelle il faut, « pour que les musulmans soient représentés en France », que « l’islam ait un poids électoral » : Rachid Ghassen n’a donc pas conscience qu’un parti religieux, et non politique, est impensable dans un pays laïc, qui fonctionne sur la séparation des Eglises et de l’Etat !
Ainsi, cette autre remarque choquante : « si vraiment vous l’ [le Coran] aviez lu, vous seriez devenu musulman, vous l’avez mal lu, très mal lu » ». Voici qui traduit bien l’impossibilité pour un musulman de concevoir une autre vérité religieuse que la sienne, une autre vérité tout court que celle du Coran. Et cela est confirmé par le jeune imam de Villeneuve d’Asq, selon lequel « il faut avoir un bagage et des connaissances pour pouvoir comprendre le Coran », autrement dit être déjà musulman. Il a, lui aussi, cette certitude, que le Coran est au-delà de tout jugement, que celui qui critique le Coran ne peut qu’être dans l’erreur. Et ce qu’on découvre là, c’est un islam bloqué sur ses certitudes, incapable de se remettre en question et d’évoluer pour se fondre dans la société française.
Autre moment fort du reportage, celui où John-Paul Lepers rencontre, dans le cadre de la Rencontre Annuelle des Musulmans de France au Bourget, une française musulmane portant niqab et gants, et qu’on voit plusieurs fois en train de tirer sur le voile qui lui recouvre la face pour remettre l’étroite fente en place devant ses yeux.
Vision qui dérange, qui choque autant que quand on découvrait, dans les reportages, les afghanes vêtues de la burqa au temps des talibans !
S’ensuit un dialogue de sourds, le journaliste ne parvenant pas à faire saisir à cette femme l’importance, pour lui, de « lire » le visage de l’autre. Et quand il veut lui serrer la main, elle refuse : est-ce avec l’homme ou avec le « haram » (l’impur) qu’elle refuse ce contact symbolique, même à travers le gant ?
Qu’importe que cette musulmane s’emprisonne de son plein gré ! Son intégrisme religieux n’est pas conciliable avec nos us et coutumes français. Ne peut-elle comprendre que, dans un pays comme le nôtre, sa pudeur, qui consiste à cacher le moindre centimètre carré de peau, fait offense à toutes les femmes qui ne portent pas le niqab, et qu’elle assimile implicitement plus ou moins à des « putes ». Avouons-le : j’ai du mal à voir une compatriote dans cette femme, que tout oppose à moi !

A un autre moment du reportage, Lepers rencontre à Lyon des françaises musulmanes portant tchador ou hidjab, qui affirment le porter librement et ne subir aucune pression : « c’est toujours un choix », disent-elles. Mais, dans la minute qui suit, une jeune mère d’origine africaine -non voilée, elle- soutient qu’elle en connaît « pas mal » qui « sont obligées » de se voiler pour pouvoir sortir «en liberté ». Qui croire au juste ?
Quand on complète ce documentaire par celui d’Arte « La cité des mâles », on a du mal à croire que les pères, les frères ou les époux n’exercent aucune pression sur ces femmes. La charia semble, là encore, l’emporter sur l’égalité homme-femme et la liberté de disposer de soi-même inscrites dans la Constitution.
Deux moments viennent contrebalancer l’impact négatif du documentaire -que John-Paul Lepers n’avait pas prévu au départ, à mon avis- : un entretien avec l’imam de Drancy et un autre avec l’imam de Bordeaux, qui conclut presque le film.
Ce dernier, Tariq Oubrou, œil pétillant et sourire charmeur, cultivé et fin, qui se dit « pas moins français que les français », séduit par le bon sens et la modération de ses propos. Il n’hésite pas à condamner la radicalité de certains musulmans, se déclare contre le voile intégral , et soutient que l’islam, qui a une « culture de l’adaptation », peut s’adapter à la République. Dans une conférence à la mosquée de Gennevilliers, qui réunit musulmans, chrétiens et athées, il a cette phrase extraordinaire : « il y a la burqa qu’on voit, mais la pire des burqas est celle qu’on ne voit pas, celle qu’on met sur le cerveau !». John-Paul Lepers nous apprend que, formé auprès des fondamentalistes, il progresse vers un islam de France.
Hassan Chalghoumi, quant à lui, apparaît comme une exception ! En tant qu’imam de Drancy, il n’ignore pas le passé de cette ville -principal lieu de départ de la France vers les camps d’extermination nazis- et œuvre pour un rapprochement avec les juifs aussi bien qu’avec les chrétiens. Il raconte qu’il est allé à Gaza, avec un prêtre et un rabbin pour témoigner : « Nous, les citoyens français, on peut vivre ensemble en harmonie ! »
A écouter ces deux hommes, ouverts et de bonne volonté, on se prendrait à espérer en un possible islam de paix et de tolérance …
Mais ils sont bien isolés…quand ils ne sont pas ouvertement contestés et conspués, comme c’est le cas de l’imam de Drancy !
Celui-ci, accusé de « s’acoquiner avec le CRIF », d’être un « sioniste », a dû porter plainte suite aux menaces lancées contre lui. Il est la cible d’opposants, qu’il qualifie de « fanatiques », et, dans le documentaire, on assiste à leur face à face haineux avec les policiers chargés d’assurés la sécurité de l’imam et de la mosquée.
C’est le même Hassan Chalghoumi qui avait déclaré en janvier 2010 : « Je suis pour l’interdiction par la loi de la burqa, qui n’a pas sa place en France, pays où les femmes votent depuis 1945. […] A la différence du voile qui couvre les cheveux, la burqa, ou devrais-je dire le niqab, n’a aucun fondement dans l’islam, ni dans le Coran. Cette tradition très minoritaire renvoie à une idéologie qui saborde la religion musulmane. La burqa est une prison pour les femmes, un outil de domination sexiste et d’embrigadement islamiste » (il montrait là, par cette prise de position sans ambiguité, un courage qui fait malheureusement défaut à un grand nombre de nos personnalités politiques !)
Mais quelle influence peuvent avoir -ou ont réellement- un Tariq Oubrou et un Hassan Chalghoumi, pour infléchir l’islam vers moins de radicalité ?
Ce qu’on retient, c’est le slogan des musulmans intégristes de Drancy : « Ils veulent un imam de France, nous, on n’en veut pas ! » ou cette profession de foi de la femme en niqab : « On ne veut pas d’un islam de France ».
Ne pas vouloir un « islam de France », n’est-ce pas déclarer la guerre à la République ?
Chantal Macaire
1. http://www.uam93.com/news/cest-a-qui-jettera-la-premiere-pierre 1590.html?643dd299ab0d63a14113ad040155a4a7=4beaea5ed7920ca171806772e7f46704

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