Qui est vraiment l’imam progressiste de Drancy ?

Publié le 29 janvier 2010 - par - 395 vues
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La mosquée de Drancy a reçu la visite d’un commando de 80 islamistes, et son imam a été, d’après lui, menacé de mort, à la suite d’une interview pourtant des plus ambigües parue dans le Parisien du 22 janvier 2010. En lisant cette interview avant l’agression de l’imam, nous ne l’avions pourtant trouvée que modérément modérée et moyennement républicaine.

Au départ, une interview ambigue

Commençons donc par analyser cette fameuse interview.

Dans son édition du 22 janvier 2010, rubrique régionale, ville de Drancy ; le Parisien publie, sous un titre très complaisant (« Drancy, l’imam qui dit non à la burqa »), l’interview d’un imam local nommé Hassen Chalghoumi.

Donc, cet imam, qualifié d’ « atypique » par le Parisien, prend, pour la première fois, publiquement parti pour une loi contre la burqa en France.

Voilà donc un imam modéré à mettre en valeur, se dit-on. Sauf qu’en lisant l’interview à tête reposée, on s’aperçoit qu’il n’est modéré que jusqu’à un certain point et que sa prise de position « anti-burqa » n’est pas gratuite.

Tout d’abord, il profite habilement du détour d’une phrase pour dire que le voile, lui, est une prescription coranique (« A la différence du voile qui couvre les cheveux, la burqa, ou devrais-je dire le nikab, n’a aucun fondement dans l’islam ni dans le Coran »).

Voilà  donc le voile conforté de fait, à condition de ne pas être intégral.

A ce propos, quelles sanctions accepte-t-il en cas de non-respect de la loi anti-burqa ? Le refus de la nationalité française, certes, quoiqu’il ait l’air de la trouver quelque peu extrème (« Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand va jusqu’à proposer le refus de la nationalité française … ») ; bon, notre bon apôtre est quand même d’accord pour aller jusqu’à cette extrémité. Mais cette sanction est inefficace contre les femmes déjà françaises. Alors, comment sanctionner ces dernières ?

Un retrait des allocations familiales ? Non, quelle horreur ! (« Ce n’est pas une solution, cela ferait souffrit les enfants ») ; une amende ne lui convient pas davantage. Notre imam préconise plutôt « le dialogue et la pédagogie ».

Donc, il accepte une loi, oui, mais non assortie de sanctions (sauf dans le cas d’une femme qui n’a pas encore la nationalité française, ce qui est un cas particulier).

Une règle dont la transgression n’est pas sanctionnée, ce n’est pas une règle.

Mais notre imam « progressiste », que rien n’arrête décidément dans ses exigences, va encore plus loin :

A la question « Avez-vous été auditionné par le mission parlementaire ? », il répond :

« Non. Je respecte le travail de cette mission, mais j’aurais préféré qu’elle soit composée pour moitié de députés, et pour moitié d’imams ou de membres du Conseil français du culte musulman ».

Oui, vous avez bien lu : cette mission parlementaire, qui joue un rôle dans le processus législatif, aurait du, aux yeux de notre bon apôtre, se voir adjoindre une moitié de représentants musulmans.

C’est rien de moins qu’une co-production législative que notre imam « modéré » revendique !

Laïcité « positive » à la mode islamique ?

Article-source : http://www.leparisien.fr/societe/drancy-l-imam-qui-dit-non-a-la-burqa-22-01-2010-787034.php

L’attaque-commando du 25 janvier

Aussi ambigüe que soit l’interview de l’imam de Drancy, certains l’ont cependant trouvée trop républicaine.

L’agence Novopress, dans une dépêche du 26 janvier, nous apprend que, selon des proches de l’imam Chalghoumi, leader de la mosquée de Drancy , un commando islamiste composé de 80 individus a organisé une descente dans cette mosquée de Seine-Saint-Denis le 25 au soir.

 L’imam Hassen Chalghoumi serait dans le collimateur de certains de ses coreligionnaires suite à ses déclarations dans Le Parisien en faveur de l’interdiction de la burqa dans l’Hexagone.

Les manifestants auraient proféré des menaces à l’adresse de l’imam, traité de « mécréant », d’ « apostat » et d’« imam des Juifs », a déclaré a l’AFP (Agence France Presse) un conseiller de l’imam. Le dépôt d’une plainte est à l’étude, a-t-il ajouté, précisant que le commando avait été « identifié » comme relevant de l’obédience des Frères musulmans

Article-source : http://fr.novopress.info/46821/du-rififi-chez-les-musulmans-un-commando-islamiste-a-la-mosquee-de-drancy/

Les menaces de mort

Mais il y a peut-être plus grave, d’après Libération :

L’imam de Drancy aurait été menacé de mort. Il une attaque d’agresseurs arrivés nombreux, et « rentrés par la porte pour envahir la mosquée».

«Ils ont pris le micro, ils ont commencé à crier Allah akbar, à m’insulter, à insulter la mosquée, la communauté juive, la République. Ils sont partis après une heure et demie».

L’imam Hassen Chalghoumi aurait été accusé par le commando d’apostasie, ce qui vaut menace de mort ; il estime être menacé et a déposé plainte.

L’imam, qui a de bonnes relations avec les représentants des autres religions, a affirmé sa détermination à résister : «On est là, on résiste, on croit en Dieu et en la République», a-t-il assuré. «Ma voix est celle de la majorité, je travaille pour l’avenir de nos enfants et de la République afin que l’islam y trouve sa place et que les musulmans y soient respectés», a ajouté l’imam.

Article-source : http://www.liberation.fr/societe/0101615780-l-imam-de-drancy-se-dit-menace-de-mort-par-des-islamistes

Catherine Ségurane

http://www.liberation.fr/societe/0101615780-l-imam-de-drancy-se-dit-menace-de-mort-par-des-islamistes

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