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Qui explique au Dr Marty qu’il déshonore toute la profession ?

Je fais suite aux précédents articles sur RL concernant le docteur Marty et, en particulier au dernier de Bernard Bayle, qui m’a devancé en exprimant par avance une partie de mon propos.

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En effet, le cas du docteur Marty est particulièrement symptomatique de la dérive d’un certain nombre de médecins ; dérive déjà très ancienne, mais qui éclate de manière paroxystique aux yeux de l’opinion à l’occasion de la crise du Covid. Car inutile de se le cacher, au-delà des errements et des comportements complètement débridés de certains médecins, la crise a révélé un état général du secteur de la santé et des mentalités des professionnels qui a fini de gravement ternir l’image publique de la médecine. Il en est résulté une méfiance du public à l’encontre de tout le secteur. Les dégâts sont tels que la corporation aura bien du mal à remonter la pente et à convaincre de sa bonne foi. Surtout si des éléments incontrôlables comme le docteur Marty s’autorisent à parler au nom de tous et à convoquer toute la profession au renfort des polémiques qu’ils créent. 

Car, dans la corporation, il y a d’abord les grands initiés largement stipendiés par les laboratoires. Ceux-là se sont exprimés à tort et à travers, et surtout de manière tellement univoque qu’elle en est devenue suspecte. Il y a la cohorte de médecins fonctionnaires de la santé qui confortent la doxa majoritaire en imposant aux autres les diktats des laboratoires. Il y a le troupeau de ceux qui ne disent rien et se conforment par suivisme et par peur de contredire l’institution. Pour finir, il y a les voleurs de pommes sans titres ni renommée, qui « s’agranent » comme ils peuvent en grappillant quelques miettes sous les tables auxquelles les convient les médias pour faire le mauvais buzz. Ils sont comme ça, quelques-uns sortis de nulle part, qui tels les matamores, se sentent grandir devant les caméras. Le docteur Marty est de ceux-là, il s’agite, vitupère, joue la mouche du coche, dit tout et son contraire, formule toutes sortes d’avis sur tout, invective les uns, puis les autres, pour ensuite finir dans sa propre fange où il se vautre et dont il se barbouille aux yeux de tous.

Il y a enfin les vertueux, les courageux, les résistants dont on connaît les noms ; qui conformément à leur engagement et à la tradition scientifique s’honorent de porter un message de vérité, d’entretenir la controverse scientifique contre la doxa majoritaire, et s’acharnent à vouloir soigner en toute liberté.

Moins connus que les ténors, citons ici le collectif « laissons les médecins prescrire » qui regroupe déjà presque 100 000 praticiens dans toute la France. Ceux-là ont pris le parti de pratiquer leur art en liberté. Il y en a forcément un près de chez vous. La liste est disponible sur leur site. En cas de malheur, si vous veniez à attraper le Covid, c’est vers eux qu’il faudrait immédiatement vous retourner. Je recommande d’ailleurs de sonder brièvement l’avis de votre médecin référent sur ce qu’il pense de la crise du Covid et de sa gestion, et d’aviser en fonction de ses réponses, s’il en formule, ou plus probablement de son silence. C’est le moment de le tester sur le fond et éventuellement de changer de référent.

Médecins engages

Bien entendu, le docteur Marty, puisque c’est de lui qu’on parle, ne figure pas sur cette liste. Lui a pris le parti des médias, du battage médiatique, de la sale polémique, de l’invective, de la soumission au discours majoritaire, et donc surtout, celui de renoncer à sa liberté de soigner.

Qu’avons-nous vu sur les plateaux de télévision, sur les réseaux sociaux, sur internet ? Des médecins s’injuriant, des polémiques ordurières qui n’avaient rien de la controverse scientifique, des nuées de professeurs de médecine, certains vertueux, vraiment compétents et conformes à l’image qu’on se fait du scientifique, d’autres totalement dans l’idéologie, sinon dans la manipulation, exclusivement intéressés par l’argent, par les caméras et les micros, par leur carrière ; d’autres encore en conflit d’intérêts manifeste, affidés aux laboratoires et grassement soudoyés par eux. 

Et d’ailleurs, qui n’a pas été surpris de voir le nombre incroyable de professeurs de médecine en France ? Quel est le dessous des cartes des promotions, comment se font les carrières, comment se fait la cooptation ? Pourquoi encore plus de professeurs de médecine en France que de généraux dans l’armée mexicaine ? Certains ayant l’air d’avoir le niveau comme moi je suis fait pour danser le Lac des Cygnes. Ceux qui me connaissent comprendront…

Quand même, quelle déconvenue quand on en voit certains s’exprimer à la télévision ! Mais qui sont ces gens ? D’où sortent-ils, quel est leur niveau de culture générale et de compréhension de la vie ?

On a quand même vu un professeur de médecine de Nantes menacer le professeur Raoult depuis un des ordinateurs de son service… Mais où en est-on, où en sont-ils ? Ce type est-il fou ? Qu’est-ce qui l’anime, pour ainsi se vautrer dans la fange et s’exposer de manière aussi triviale au risque de se déshonorer devant ses pairs ?

Toujours est-il que de toute cette exposition insane de la corporation des médecins, il résulte désormais une méfiance légitime des patients à l’égard du secteur de la santé. Méfiance par rapport à ce que l’on nous a dit de la soi-disant pandémie de Covid, méfiance par rapport au vaccin pour lequel les laboratoires se sont fait par avance exonérer de responsabilité pénale et financière, méfiance généralisée qui fait que nombre de patients, dont moi et de nombreux proches, se gardent bien d’aller à l’hôpital ; ne serait-ce que pour une simple consultation sans lien avec le Covid. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, nombre de patients fuient les médecins, ils les fuient d’autant plus qu’ils sont âgés et atteints de pathologies intriquées et qu’ils comprennent confusément que l’hôpital est le lieu de tous les risques.

Il n’y a bien entendu aucune étude ni sondage sur le sujet. Pourtant c’est un fait qui commence à prendre un certaine matérialité : l’hôpital fait peur, les médecins font peur à un certain nombre de patients.  Chacun le ressent. Chacun dans sa famille ou parmi ses proches a vécu ou entendu une histoire sordide mettant gravement en cause soit des médecins, soit l’hôpital soit l’institution de la santé. La crise du covid et les comportements collectifs des professionnels de santé n’ont fait que conforter ce doute. Le constat est là, il est catastrophique : la médecine a beaucoup perdu de son prestige et de la confiance que lui accordaient sans réserves les patients.

Encore une fois, le blogueur Aldo Sterone exprime parfaitement les craintes d’une grosse partie de l’opinion et le grave discrédit dont s’est affublée la médecine en général.

Et, bien entendu, quand on écoute et que l’on voit le docteur Marty, on ne peut que se voir conforté dans ce doute sur l’état général de la médecine. Pris dans des polémiques qu’il a suscitées et dans un emballement médiatique qu’il ne contrôle plus, le docteur Marty se victimise et s’autorise à convoquer autour de lui l’ensemble du personnel de santé. Selon lui, les médecins seraient les boucs émissaires de la crise. Inversion accusatoire classique lancée par un homme seul qui, par les polémiques qu’il crée et les invectives qu’il lance, déshonore toute la profession.

Qui est cet homme sorti de nulle part qui, quoique se parant du titre de président d’un syndicat fantôme, ne représente que lui-même ? Qui s’autorise à se victimiser et à hurler au loup sur tous les médias, convoquant les pouvoirs publics dans l’infection qu’il a lui-même créée par ses excès ? 

Que font ses pairs ? Pourquoi le laissent-il parler au nom d’une corporation dont il ternit gravement l’image publique ? Où en est la médecine en France ? 

Que le docteur Marty soit une grande gueule dans la vie, qu’il se surévalue, qu’il ait envie de paraître, qu’il cherche à combler son vide, soit. Sa morphopsychologie torturée indique en effet clairement qu’il n’est pas parfaitement ajusté. C’est d’ailleurs précisément la raison pour laquelle les montreurs d’ours des médias l’ont rapidement identifié comme un bon candidat, et l’ont donc choisi pour participer à l’émission les Grandes Gueules. Justement comme on caste un candidat pour participer à un « dîner de cons » pour faire du mauvais buzz sur les sentiments les plus bas et sur le trash. Le docteur Marty était le candidat idéal : ils en ont fait un personnage médiatique qu’ils excitent devant les caméras pour qu’il brouille encore l’image publique de la médecine et la tire vers le bas.

Que Jérome Marty se soit laissé prendre à ce jeu, c’est son affaire. Mais qu’il tente de convoquer toute la profession à sa suite est minable.

Il appartient désormais à ses pairs de clairement lui signifier les limites du déshonneur dont il accable toute la profession.

Martin Moisan