Qui menace vraiment les révolutions tunisienne et egyptienne ?

Publié le 21 février 2011 - par - 630 vues
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On apprend ce matin l’assassinat d’un prêtre polonais salésien, Marek Rybinski, battu puis égorgé dans une rue tunisienne et retrouvé déposé dans un local appartenant à son ordre. Ce crime fait suite aux descentes d’islamistes contre les prostituées tunisiennes. A Tunis, l’ordre « moral » se conjugue avec l’assassinat sanguinaire.

 On se souvient que la semaine passée, c’était la grande synagogue de Tunis qui était l’objet de rassemblements hostiles, de sauvages vociférations, mises en scène sous le patronage moral du massacre des Juifs de l’oasis d’Arabie de Khaybar perpétré au 7ème siècle par les hommes du djihad initial.

On n’aura pas non plus oublié l’expulsion, d’une manifestation tunisienne, d’une femme affirmant ouvertement que le renversement de Ben Ali ne voulait pas dire que le peuple tunisien allait se jeter dans les bras des Khomeiny locaux d’Ennhada.

On ne fera pas semblant de ne pas savoir que si des milliers de supporters délirant vinrent à l’aéroport accueillir le chef d’Ennhada, seulement quelques centaines de Tunisiens vinrent au même moment lui faire comprendre qu’il n’était pas question de revenir sur les acquis bourguibiste concernant le statut des femmes.

Ici, certaine presse relaie l’appel à la formation de « comités de défense de la révolution » tunisienne. Pourquoi pas, mais pour dire et faire quoi ?

Les CDR, cela rappellera à certains nostalgiques les premières années de la révolution cubaine, quand tout en frappant les trotskistes, l’équipe castriste n’était pas encore tout à fait ralliée aux méthodes gouvernementales émanant d’une bureaucratie dominante.

Les CDR, c’est la mobilisation pour préserver les acquis de la révolution. Mais cela veut dire aussi qu’après presque deux mois de révolution tunisienne, après deux mois de « révolution ouvrière », il n’existe pas encore d’organisations émanant de la masse elle-même et s’affirmant comme son auto gouvernement.

Cela veut dire que cette « révolution ouvrière »  tunisienne est tellement novatrice qu’elle en a rendu caduc les conseils élus, les regroupements libres de ces comités de délégués élus et la tenue de leur congrès ??? Curieuse, non, cette révolution à défendre, sans s’interroger sur les actions des organisations pogromistes qui agissent ouvertement et brutalement pour étendre à la Tunisie la dictature qui en 1980 a détruit la révolution iranienne.

Répétons notre question : Qui menace la révolution tunisienne ?

Est-ce l’ambassadeur de France fraîchement débarqué, chahuté et hué, traité  de « sarkoboy se croyant en Irak » après sa réponse sommaire, peu digne du langage mesuré des diplomates classiques, à des journalistes tunisiens? 

Qui menace la « révolution tunisienne » ?

Qui menace, l’équipe Ben Ali ? Ses nostalgiques voudraient-ils restaurer un despotisme plus ou moins éclairé, propice à leur enrichissement personnel ? Qui menace, et en faisant quoi ?

N’est-ce pas plutôt la contrerévolution à l’iranienne, qui menace d’emporter les Tunisiens vers les ténèbres abyssaux de la dictature de la charia ?

Non, ce ne sont pas les tenants de l’ordre dictatorial de la charia qui menaceraient la révolution « ouvrière » ? Mais en ce cas, peut-être que nous aurions affaire, en Tunisie, à une situation miraculeuse, avec une nouvelle génération de révolution ouvrière, avec une révolution ouvrière islamo compatible ? Les soviets plus l’électricité, comme pré condition de l’édification nécessaire du socialisme seraient devenus, pour la « révolution ouvrière » en Tunisie : les Imam, les Imam et encore les Imam ?? En ce cas, on doit comprendre ce qui enthousiasme la compagne de l’avocat islamiste qui ambitionne a faire à l’échelle de la France ce qu’elle va faire demain à Lille, quand elle recevra  l’homme qui a pris la parole devant deux millions de cairotes vendredi, pour les appeler à la guerre sainte pour éradiquer « l’entité sioniste », pour mener jusqu’au bout le combat de l’islam pour exterminer les Juifs jusqu’au dernier.

Question : que va faire la Licra ? Que fera SOS racisme ? Que fera le procureur de la république ?

Les uns vont-ils déposer plainte contre un maire collaborant à une entreprise d’appel au meurtre raciste, au meurtre génocidaire pour motif de religion ou d’irréligion ?

L’autre va-t-il saisir un juge, pour qu’il intervienne immédiatement et diligente une enquête, pour provocation au meurtre raciste d’ampleur génocidaire ?

Va-t-il laisser un chef de guerre sainte, cherchant à transformer un peuple, le peuple égyptien, en machine à tuer, mettre les pieds en France,  venir à Lille pour venir y parader devant des milliers de musulmans rassemblés par les Frères musulmans de l’UOIF, pour y recruter des combattants pour cette guerre, en particulier des candidats Shahid ?

Deux secrétaires du PS satisfaits de la condamnation d’Eric Zemmour demandent que les choses aillent plus loin. Ces messieurs, au nom de leur parti, semble-t-il, réclament des sanctions professionnelles*1.

Peut-être aussi que : comme nous voyons de curieux personnages s’insurger contre la loi décrétant l’illégalité de la bourqua, au nom de la liberté personnelle, au nom de la liberté vestimentaire des femmes, comme nous sommes interpelés par des défenseurs d’une « révolution ouvrière » tunisienne charia-compatible, nous serons interpelé par des défenseurs de la liberté d’appeler au massacre des Juifs qui protesteront contre une interdiction frappant Al Qaradhawi et ses acolytes ?

Peut-être aussi, que ces « laïques » d’un type nouveau s’associeront à la vindicte des deux secrétaires du PS et de SOS racisme ?

Pour revenir à la révolution tunisienne, un ami me disait ce matin : Alain, n’es tu pas inquiet à tord ? Ne crois tu pas que tu manques de confiance dans les capacités du peuple tunisien et dans la force et la volonté démocratique de l’UGTT?

Je souhaiterai me tromper. Mais, ai-je répondu à cet ami qui m’envoyais cette question, as-tu vu ce qui c’est passé vendredi place Tahir au Caire ?

Deux millions d’Egyptiens s’y sont rassemblés. Le chef moral des Frères musulmans, le prédicateur Al Qaradhawi, s’y est adressé à la foule. Il a centré son discours sur le « retour et le rassemblement de l’armée de Mahomet, qui s’en allait bientôt exterminer les Juifs jusqu’au dernier ». Ces appels à la guerre et au meurtre génocidaire on recueilli les hourrahs délirants de l’assistance. Cela n’a aucun sens pour toi, lui ai-je demandé ? J’attends sa réponse.

Et les médias, les diplomates, l’équipe Obama, les « révolutionnaires » en France, les « amis » professionnel de Gaza (Gaza qui est tellement victime de l’embargo israélien que c’est elle qui a exporté des vivres au profit des Egyptiens), continuent de parler béatement de « révolution », de « mouvement populaire ».

Ouvrons une parenthèse. Tiens, au fait, ai-je aussi fait remarquer à mon optimiste ami : si l’indigné, tu sais le jeune apprenti diplomate -qui a regardé écrire la charte de Droits de l’homme des Nations-Unies- s’indigne du meurtre sauvage du salésien polonais et du discours de fanatique forcené de vendredi après-midi dernier place Tahir, tu as peut-être raison d’être optimiste…

Fermons notre parenthèse. Ceux qui ont proposé de renvoyer les Suisses aux urnes, après leur vote contre les minarets, sont aujourd’hui muets comme des carpes. Un des partis de la coalition gouvernementale ayant succédé à Moubarak appelle à la guerre exterminatrice. Ce parti propose  ouvertement au peuple musulman d’Egypte d’agir, comme en 1947 le firent les Frères musulmans, entrainant alors les arabes de Palestine mandataire dans une guerre totale, dans une guerre destinée à exterminer tous les Juifs, une guerre qu’ils ont alors perdue et qui fut la cause unique du problème dit des réfugiés palestiniens, et voici qu’ils se proposent de recommencer en 2011 ce qu’ils ne réussirent pas en 1947-1948.

C’est cela qui menace la révolution égyptienne !

Ce qui menace : c’est une contre-révolution totalitaire, c’est une nouvelle et plus stricte dictature, entrainant le peuple égyptien dans une aventure d’auto enfermement sous la chape totalitaire de la charia intégrale, source exclusiviste du droit pour tous. C’est la liquidation des autochtones d’Egypte, les Coptes, voués à être assaillis plus férocement que jusqu’alors, pour subir les pogromes ou l’émigration.

C’est cela que refusent de voir les commentateurs, ce que nient les diplomates et les « révolutionnaires », ainsi que les sortes « socialistes » d’opérette, de droite, du centre, de « gauche », qui occupent le devant de la scène et nous rejouent, en 2011, avec une unanimité touchante, le rôle de Chamberlain rencontrant le chef du Reich hitlérien lors de la « négociation » de Munich. Cette fois, le chancelier s’appelle Al Qaradhawi-Ghannouchi.

C’est cela aussi qui menace la révolution tunisienne,

C’est cela qui menace la révolution égyptienne

En tant que mouvement démocratique et social.

Alain Rubin

*1 les bourgeois de Calais du démembrement de la république laïque, sous les coups de boutoirs des exigences spécifiques de l’islam, dont la liberté religieuse ne devrait être bornée par aucune autre liberté ni aucune loi humaine, les bourgeois de Calais de la direction du PS demandent d’ouvrir une boite de pandore.

C’est ainsi, qu’avec l’exigence de deux d’entre eux, que le journaliste Zemmour soit sanctionné par son employeur, ces irresponsables réclament que le code du travail soit décrété caduque sur plusieurs points.

Si on les suivait, si l’employeur d’Eric Zemmour les suivait :

 Les interdits professionnels pour cause d’opinion pourraient légalement se produire, remettant en cause un principe de base de l’actuel droit du travail.

Des sanctions pénales non causées par des fautes lourdes (vol, agression sur le lieu du travail ou hors de l’entreprise pour des motifs nés dans l’entreprise) deviendraient des « causes réelles et sérieuses » et pourraient entrainer des fautes professionnelles sanctionnables.

Les deux secrétaires du PS préconisent d’ouvrir une boite de pandore. Les relations professionnelles ne seraient plus fondées exclusivement sur la loyauté dans l’exécution du contrat de travail mais sur la conformité de la pensée et de l’expression avec un modèle de pensée et d’expression obligatoire pour pouvoir travailler…

En Europe, après guerre, la RFA connaîtra un régime d’interdits professionnels qui frappait les militants du KPD (le parti communiste reconstitué en Allemagne de l’ouest).

Ceux qui appellent, contre Zemmour, à la mise en place de ce système, réprimant devant et par le tribunal puis frappant par l’employeur, le condamnaient pour l’Allemagne. Ils le condamnaient lorsqu’il frappait les militants politiques solidaires de l’écrasement du prolétariat d’Allemagne de l’est par les chars de l’armée de la bureaucratie du Kremlin, ceux solidaires de l’écrasement à coups de pièces d’artillerie et de dizaines de milliers de déportations d’ouvriers hongrois, les hommes, les femmes, les enfants, dans le goulag, ceux solidaires des assassinats de ces allemands qui fuyaient le stalinisme en tendant de franchir le mur de Berlin ou les barbelés de la DDR.

Mais aujourd’hui, parce que Zemmour n’a fait que constater et dire ce que les services officiels signalent en interne, il doit être qualifié de délinquant et sanctionné sur un plan professionnel. Qui peut accepter cette situation ?

La situation est grave. Elle voit de ceux qui usurpent les mémoires de Blum et Jaurès, hurler avec les loups de la dhimmitude (Licra, SOS Racisme) et vouloir transférer dans les relations professionnelles le point de vue obligatoire selon eux. Cet « antiracisme » frelaté, à sens unique, serait une sorte de nouveau « marxisme léninisme », idéologie obligatoire du 21ème siècle.

La situation est grave. Elle voit aussi que ceux que « choque » Zemmour ne sont guère choqués par les invités de leur secrétaire générale.

Donner publiquement l’accolade, à des hommes qui appellent au meurtre général de Juif (Al Qaradhawi) ou à ses compagnons de combat (le Mufti de Jérusalem, les dirigeants Frères musulmans de l’UOIF), ça, c’est respectable ?

Cela, ce n’est pas favoriser ni la discrimination ni la provocation à la haine raciale ? Non, ce ne serait qu’une simple rencontre et une amicale accolade entre braves gens ? De qui se moque la direction du PS ?

Selon que vous serez puissant ou misérable, selon que vous vous prosternerez ou pas devant les tenants de la dictature de la charia, devant les organisateurs de rezzou encore artisanaux déclinant les premières étapes du « petit djihad », les jugements de cour vous feront blanc ou noir. Jusques à quand ???

Alain Rubin

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