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Qui paie l’académicien Erik Orsenna pour assassiner la langue française ?

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L’académicien nous dit que la langue française n’est faite que d’apports migratoires.

C’est là l’évidence qui chapeaute tous les langages utilisés en ce bas monde à part, peut-être, certains idiomes amazoniens ou pygmées et, bien sûr, le basque atterri sur les Pyrénées comme un ovni dans un jardinet de Bidart ou de Baïgorry.

Orsenna nous assène donc son diagnostic rétrospectif comme le cancérologue le fait d’une simple tache noire sur la peau devenue en quelques mois un mélanome tueur.

Expéditif : le gaulois (celte, ndlr) des origines a été très heureusement digéré par un apport massivement germanique, via les Francs, sa démolition définitive étant désormais assurée par la déferlante arabo-berbère, laquelle, à ses yeux, agit au minimum comme un dépoussiérant, au maximum comme un karcher.

Erik Orsenna : la langue française n’est faite que de mots « immigrés ». Ah oui, et alors ?

Et il s’en félicite.

Au passage, notre islamo-compatible en habit vert-moulu oublie tout de même l’essentiel : le passage obligé de notre langue par la buvette gréco-romaine, laquelle nous distribue encore à ce jour des milliers de mots, de tournures voire de phrases entières sous le couvert amical de sa francisation ; en vérité l’essentiel de sa substance.

Un détail. Du gaulois au wesh-93, on passe par le teuton à la vitesse d’un mortier d’artifice sur une voiture de flics. D’accord.

Orsenna flingue velu et soudain, l’homme du monde laisse place à l’ulcéreux gastrique. Son visage ordinairement complice, attentif et bienveillant, idéal pour une signature de livres à la Fnac, se crispe, se tend, quasiment déformé par une agressivité dont on est en droit de poser la question de l’origine. Grimace à balles réelles.

Quelles frustrations, quel désordre intime, quelle revanche à prendre, quel débat singulier pour nuits tourmentées agite ainsi le bonhomme au moment où, trahissant l’honneur suprême que lui a fait son pays, il livre sa langue maternelle aux chiens qui s’encouragent en meute à la déchiqueter ?

Quel malheur de l’âme, ou du corps fait-il ainsi payer à ce qu’il considère ouvertement comme une putain mise au trottoir multiculturel pour faire chauffer la gamelle du soir ? On a connu maquereaux plus tendres envers leurs gagneuses.

Quel compte règle-t-il de cette manière de spadassin commis à un contrat par ce genre d’employeur dont il hante les palais depuis une fonction de porte-coton pour flatulences mitterrandiennes ? Qui jalouse-t-il au point de vouloir priver ses pairs du langage clair et franc dont il a fait lui-même son fonds de commerce, avec le succès que l’on connaît ?

De quel petit fascisme conformiste cet écrivain talentueux se nourrit-il désormais pour peser de tout son poids de mépris sur les imprudents qui s’aventureront à manier une langue construite et défendue par mille anciens aujourd’hui menacés de censure ? Qui le paye pour ce travail de fossoyeur ?

Questions sur un champion de tapis volant. Ou de carpette macronienne, c’est comme on voudra.

Peut-être, au fond, se pense-t-il médiocre, comme l’est sa manière de parler sur un plateau de télévision. Il fait penser, à le voir ainsi vider sa querelle intime au prix de la vulgarité, au monarque encensé, loué, fêté, triste et amer de n’avoir pu se faire aimer par la plus belle femme de son royaume.

Jean Sobieski