Qui peut sérieusement croire que l’horreur de Toulouse ne sera pas suivie par d’autres tueries ?

Publié le 27 mars 2012 - par - 1 731 vues
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En Septembre 2011, au premier jour de l’interdiction des prières de rue par notre ministre de l’intérieur, M. Guéant, j’ai commis une vidéo de terrain (visionnée par plus de 1 670 000 personnes) dans le 18ème  arrondissement de Paris.

On y remarquait un énergumène vociférant sa haine de la France, assortie de menaces pour une fois non « voilées » vis-à-vis des non musulmans persécuteurs, et ponctuée du cri de guerre « Allah Akbar », repris dans l’enthousiasme par une foule de soumis pacifiques.

Des amis bien intentionnés m’ont « rassuré » en arguant qu’il s’agissait d’un isolé, non représentatif de sa religion de paix et qu’il ne fallait en aucun cas dériver vers un quelconque amalgame (ce que la vidéo ne faisait pas…) avec tous ceux (plus de 40%) qui votèrent en France pour les extrémistes de leur pays.

Je « prédisais » alors deux évènements :

1)   que la majorité des prieurs de rue se soumettrait à l’interdiction :

– d’une part, parce que le rapport de forces n’était pas favorable aux islamistes en France

– d’autre part, parce que cela faciliterait la poursuite des revendications religieuses pour le toujours plus de la visibilité banalisante.

2)   qu’à brève échéance, des actes graves, significatifs et sanglants se produiraient :

– d’une part, parce que les succès salafistes ne permettraient pas longtemps la retenue préconisée par ceux qui prônent la patience devant les chiffres simples de la démographie de peuplement.

–  d’autre part, parce que la compromission craintive de la majorité des politiques corrects serait suffisamment assimilée à de la lâcheté par ces mêmes salafistes et autres frères féroces, pour penser que le temps de la terreur advient enfin.

Une remarque au sujet de ces politiques soumis : dans leurs motivations, on retrouve certes la peur d’être taxé de « racisme », comme si la religion et le djihad constituaient des « races » et non de pernicieux projets politiques totalitaires.

Mais aussi et surtout, la peur de la violence destructrice, meurtrière, avec le danger d’inflammation de certains territoires de l’ex-république. On la détecte aisément dans l’auto-censure vis-à-vis de la critique pourtant encore légale de toute religion, dans l’impossibilité de dire haut ce que beaucoup savent tout bas. Quel théâtre, quel cinéma « oserait » aujourd’hui, par exemple, produire des œuvres « blasphématoires », en dehors des religions dont on ne craint rien ?

L’histoire ne se répète pas, bien sûr, mais ses leçons se retiennent peu : céder à la menace n’a toujours fait qu’empirer les situations.

Les compromis extrêmes avec des fanatiques s’avèrent souvent catastrophiques en renforçant leur cynisme et leur certitude méprisante de la faiblesse des démocrates.

Sans marcher dans le sillage des supposés prophètes, je peux à nouveau avancer une nouvelle « prédiction » :

L’horreur de Toulouse sera suivie par d’autres, aussi bien dans notre pays qu’ailleurs. Des centaines, des milliers de petits Merah (on ne sait combien, on ne veut même ne rien en savoir) couvent parfois silencieusement sous le sourire poli, dorment en attendant la jouissance de la mort d’autrui, préparent l’originalité de leurs futurs meurtres, se gavent de haine et de mépris afin de déshumaniser leurs « ennemis », leurs voisins, leurs frères « traitres à la cause »  (99% des musulmans sont assassinés par des musulmans)..

Le mot le plus employé depuis l’horreur djihadiste de Toulouse est « AMALGAME », pourtant peu utilisé lorsqu’il s’agit d’autres lieux.

MAIS,

–       il n’y a pas d’amalgame entre les djihadistes dans le monde qui profèrent tous les jours leur langage de haine, leurs promesses de mort ET les actes abjects du monstre souriant,

–       il n’y a pas d’amalgame entre cette abomination ET les mensonges directs dont nous abreuvent les médias partisans

–       il n’y a pas d’amalgame entre la pitoyable « vision du monde » de certains croyants et ces tueries  en invoquant le « nom de dieu » pour les commettre

–       il n’y a pas d’amalgame entre la conception d’une religion qui incite ET la RÉALITÉ des crimes absolus, les plus odieux, comme la destruction dans le plaisir, sans aucun sentiment de culpabilité, d’enfants de 5 ans, de 5 ans !  Combien un jeune homme de 24 ans a pu s’imbiber d’un pareil message répétitif et abominable d’inhumanité pour en arriver à ce qui est devenu, pour lui, évidence d’un acte de « justice et de bonté » divine…

–       il ne devrait pas avoir amalgame entre les nazis et les allemands, lors de la guerre mondiale, mais on ne m’ôtera pas de l’idée que certains juifs ont pu tout de même y succomber…

Enfin, rappelons-nous plus sérieusement qu’en aucun cas, il n’y aura jamais amalgame entre les victimes et les bourreaux,  sauf pour les béats et ceux qui espèrent qu’un jour, ils sauront en éviter la différence..

De tout cœur, je souhaite me tromper dans ce que je pense, mais je crains fort que le temps à venir confirme les dangers d’un totalitarisme sans pitié en Europe.

Guy Sauvage

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