Qu'il soit allemand, anglais, français ou européen, le multiculturalisme est partout un échec

Après Angela Merkel qui, le 16 octobre 2010, reconnaissait l’échec «total» du modèle multiculturel allemand, et David Cameron, qui, le 5 février 2011, avouait l’échec de la politique multiculturelle anglaise, c’est au tour de Nicolas Sarkozy de souligner l’échec du multiculturalisme français : «La vérité – a déclaré le chef de l’Etat lors de l’émission télévisée «Paroles de Français», du 10 février 2011 – c’est que dans toutes nos démocraties, on s’est trop préoccupé de l’identité de celui qui arrivait et pas assez de l’identité du pays qui accueillait (…). Si on vient en France, on accepte de se fondre dans une seule communauté, qui est la communauté nationale, et si on ne veut pas accepter ça, on ne peut pas être le bienvenu en France (…). Nous ne voulons pas en France que l’on prie de façon ostentatoire dans la rue (…). La communauté nationale française ne veut pas changer son mode de vie, son style de vie, l’égalité entre les hommes et les femmes (…), la liberté pour les petites filles d’aller à l’école». Certes, «il faut respecter chacun dans ses différences, mais nous ne voulons pas (…) d’une société où les communautés coexistent les unes à côté des autres».
Il aura donc suffi qu’un internaute interroge le Président de la République sur le multiculturalisme pour que pleuvent enfin des vérités premières !
Qu’il s’agisse, en effet, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la France ou de n’importe quel pays européen, la question est la même, la réponse est la même, et les raisons expliquant cela sont les mêmes. Le multiculturalisme pensé comme vecteur d’intégration est non seulement un non-sens (puisqu’on se demande à quelle culture peut bien s’intégrer le multiculturel), mais encore une démission politique née du refus de considérer la culture d’accueil comme «culture dominante». Dès lors que l’immigré est encouragé à vivre sa culture première comme première culture, quelle place, sinon la dernière, peut avoir pour lui la culture du pays d’accueil ? Comment faire de l’immigré un Allemand, un Anglais, un Français ou un Européen si ses codes civil et moral sont antinomiques à ceux du pays choisi ? Quand on ne vit pas nationalement de la même façon, qu’advient-il du «vivre-ensemble» ? Et que peut-il se passer lorsque le nombre de ceux qui ne vivent pas selon les mêmes règles augmente sans cesse sur un même territoire ?
A terme, le multiculturalisme ne peut qu’accoucher de violences interculturelles, car il n’y a pas un peuple ou une communauté qui ne tienne à sa culture ! Voilà pourquoi les musulmans qui, bien qu’installés en Europe, ne se préoccupent point de ce qu’est l’Europe – préoccupent l’Europe !
Evidemment, cette préoccupation ne saurait satisfaire les musulmans européens, comme le montre la réaction de Faisal Hanjra au durcissement de la politique anglaise vis-à-vis des immigrés ou fils d’immigrés qui rejettent les valeurs occidentales. Pour ce membre du Conseil musulman britannique, la communauté musulmane est, «une fois de plus», «traitée comme faisant partie du problème, et non comme pouvant faire partie de la solution» ! Soit ! Mais comment pourrait-elle faire partie de la «solution» si la solution qu’elle préconise est «musulmane» ?
De même, pour Mohammed Shaqif, responsable de la Fondation Ramadan, «montrer du doigt les musulmans (…) ne fait que nourrir l’hystérie et la paranoïa à l’égard de l’islam et des musulmans». «Les musulmans britanniques – précise-t-il – exècrent le terrorisme et l’extrémisme», si bien que suggérer qu’ils ne partagent point «les valeurs de tolérance, de respect et de liberté est profondément offensant et incorrect».
Discours étonnant, s’il en est, car jusqu’à preuve du contraire, les manifestations musulmanes visant à condamner les violences islamiques au nom des «valeurs de tolérance, de respect et de liberté» n’ont pas encore vu le jour en Europe. Par contre, prospère en Europe un «prosélytisme religieux agressif» nourri d’antisémitisme, d’appels djihadistes et de virulences verbales, comme on a pu le constater, le 20 septembre 2010, à Limoges, où un harangueur musulman a exigé que le Code pénal français soit brûlé, parce que sur «trois mille pages» – criait-il – il n’a pas trouvé «deux lignes qui protègent les musulmans» !
Face à tant d’incompréhension, il n’y a que trois possibilités : ou bien les musulmans d’Europe choisissent les valeurs européennes, et ils sont les bienvenus ; ou bien ils choisissent leurs valeurs d’origine, et c’est en terre d’Islam qu’ils seront les bienvenus. Mais s’ils choisissent leurs valeurs d’origine en terre européenne, ils choisissent le conflit ! Cela peut avoir de terribles conséquences, la pire étant la guerre !
Maurice Vidal

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