Qu’on retire son escorte à Nadine Morano, qu’on puisse lui casser la gueule sur le périph’ !

Publié le 27 janvier 2012 - par - 3 010 vues
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Au début du mois, j’avais relaté l’histoire d’un tweet de Cécile Duflot, qui, d’après certains internautes, insultait les musulmans (http://ripostelaique.com/quand-cecile-duflot-insulte-les-musulmans.html).

J’avais alors conclu en disant : « Imaginez maintenant que ce soit Nadine Morano qui ait pondu ce tweet. Que n’aurions-nous alors pas entendu ! La twittosphère aurait alors été en effervescence, la petite phrase serait peut-être même passée sur BFM TV, et Eva Joly se serait certainement fendue d’un communiqué de presse pour fustiger « des propos dignes de Marine Le Pen » ! ». Et cette semaine, que se passe-t-il ? Un malheureux accident impliquant  Nadine Morano met la twittosphère et internet en effervescence, au point qu’Eric Zemmour y consacre son billet du 26 janvier :

 

Comme l’explique l’article suivant, l’affaire a donc commencée à buzzer sur Twitter, suite à un accrochage entre Nadino Morano et Stéphane Guillon : http://www.lexpress.fr/actualites/1/politique/l-accident-impliquant-l-escorte-de-mme-morano-vire-a-la-polemique_1075122.html. Voici les principaux tweets en question (cliquez sur la photo puis re-cliquez pour zoomer) :

Stéphane Guillon en liberté : (très) surveillant

Le dernier spectacle de Stéphane Guillon s’intitule « Liberté (très) surveillée », au motif que celui-ci serait (très) dérangeant pour le pouvoir Sarkozyste :

Le rebellocrate est en effet tellement dérangeant pour le pouvoir, que son dernier spectacle fut (très) apprécié par le journal sarkozyste Le Figaro : http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/fiche/canal+/spectacle/50011574/stephane-guillon-liberte-(tres)-surveillee.html

Ce dont Guillon se félicite sur Twitter, tout en faisant mine de s’en inquiéter :

Alors certes, les affiches de son dernier spectacle ont été retirées dans le métro par la RATP. Mais ce n’est pas parce que la RATP est obséquieuse envers le pouvoir que Guillon représente une véritable menace pour quiconque. Comme vous le voyez, il est si difficile pour lui de se voir ostracisé par tous ces journalistes, et d’être (très) surveillé par toutes ces caméras… de télévision :

Sur Twitter, en plus de passer son temps à faire son auto-promotion, Guillon  surveille de (très) près ses têtes de Turc, en premier lieu Eric Besson :

Et pourquoi Besson ? tout simplement parce qu’il fut ministre de l’immigration :

Et dans quel but Guillon fait-il cela ? Dans le but très constructif et très mature de pourrir le Tweet de ce dernier, comme il le dit lui-même :

Tout en n’appréciant guère qu’on fasse la même chose à son encontre, comme le montre cette déclaration digne de l’hôpital qui se moque de la charité :

Certes, un des intérêts du réseau social Twitter consiste à pouvoir s’abonner  aux comptes des gens que l’on n’apprécie guère, afin de suivre leur actualité et leurs déclarations. Et aussi de pouvoir dialoguer avec eux, voire de provoquer quelques joutes verbales. C’est un peu le jeu. Mais Guillon franchit « la ligne blanche » en s’amusant à pourrir le compte des autres a l’aide de son armée de 100 000 followers (il a d’ailleurs été « bloqué » par Besson qui n’en pouvait plus). A ce niveau d’acharnement, on vire dans l’action « gratuite » et méprisante. Du terrorisme intellectuel aux relents maccarthystes, dont Guy Bedos – son mentor – doit être (très) fier.

Dans la chasse aux sorcières orchestrée par Guillon, Nadine Marano figure en bonne place. C’est même sa « sorcière bien détestée », ce qui explique le buzz négatif permanent qu’il essaye de provoquer à l’encontre de sa personne. Cela consiste la plupart du temps à la faire passer pour une débile et/ou à ce moquer d’elle :

Mais oublions ce bouffon libertaire médiatique pour revenir au cœur de l’affaire…

 

Un accident impliquant quelqu’un de droite a forcément une explication politique

Au début des années 2000 Daniel Vaillant, alors ministre de l’intérieur, était surnommé « le cowboy » par les syndicats policiers, du fait (notamment) de la conduite à la « Starsky & Hutch » de son escorte. Mais cela n’émouvait pas beaucoup de personnes dans le petit monde médiatique. Il faut dire que Vaillant a une excuse en béton armé : il est socialiste. Seuls les journalistes d’Auto Plus, qui l’ont prit en flagrant délit plusieurs fois dans des reportages, s’en sont émus à l’époque. Il le qualifièrent alors de  «définitivement dangereux », comme le rappel cette archive internet d’un site sur la sécurité routière : http://www.lepermis.com/code/actu2.php?id=261&recherche=&match=

Malheureusement pour Nadine Morano, elle n’a pas la chance d’être de gauche. Et en plus elle est blonde. Rien ne lui est donc pardonné. Il s’agit d’un accident, ce n’est pas elle qui conduisait, mais tout est de sa faute, évidement !
Chantal Perrichon, la vielle rombière de la sécurité routière (http://ripostelaique.com/qui-fait-taire-lhorrible-megere-chantal-perrichon.html), a donc saisie l’occasion de lui rentrer dedans en déclarant à l’AFP : « Il est inconcevable de mettre en danger la vie des piétons ou des motards pour des signes extérieurs de puissance » (…). « Fini le temps des seigneurs qui regagnaient leur fief en intimant aux manants de dégager la route». Elle confirme ainsi que La Ligue Contre la Violence Routière – comme la plupart des associations du genre – ne mène pas un combat pour la sécurité, mais un combat idéologique d’inspiration marxiste (pour changer). Dans celui-ci, l’automobiliste conduisant une voiture puissante (ou supposée telle) remplace le méchant bourgeois, tandis que la victime de la route est forcément une victime  – quelque part – d’un capitaliste égoïste. Dans cette idéologie collectiviste, celui qui prend les transports collectifs est donc un bon citoyen. Bref, la droite fait une fois de plus les frais d’avoir embrayé sur une thématique gauchiste. Et Nadine Morano n’est qu’une victime médiatique collatérale. Mais quelque part, en tant que membre solidaire du gouvernement actuel, je dirais ironiquement : « c’est bien fait pour sa gueule ».

 Casser la gueule aux « salauds » est un droit de l’homme inaliénable

Nadine Morano s’est très bien défendue dans cette affaire en répondant « « Les escortes de motards font partie de la sécurité (…) ». Dommage qu’elle n’ait pas développé son propos, à l’attention de tous ceux qui n’y entendent rien. En effet, s’il y a un côté « passe-droit et parade » dans les escortes de personnalités, il s’agit avant tout de sécurité ! Car les personnalités publiques – surtout quand elles ne sont pas de gauche – ne se font pas seulement « agresser » verbalement sur Twitter. Elles se font aussi agresser physiquement, par des individus qui estiment être dans leur bon droit et  avoir tous les droits, parce qu’ils sont dans le bon camp. Souvenez-vous cette agression subie par le Président de la République :

 

Que se passerait-il si on retirait à Nadine Morano son escorte de motards ? Elle pourrait alors se retrouver coincée dans un bouchon, au risque de subir les foudres d’une  automobiliste mécontente pour une raison ou une autre. Cette dernière pourrait alors très bien interpeller les autres automobilistes en hurlant « Y’a Nadine Morano dans le bouchon, si quelqu’un veut aller lui casser la gueule ! ». Car une voiture ne protège pas longtemps d’une bande d’abrutis en colère :

 

Souvenez-vous : « Y’a Nadine Morano dans le magasin, si quelqu’un veut aller lui casser la gueule ! », c’est un appel qu’on a déjà lancé à l’encontre de la ministre, un jour où elle faisait ses courses :
http://www.francesoir.fr/actualite/politique/casser-gueule-nadine-morano-vendeuse-licenciee-106378.html

Le comble de l’histoire c’est que la vendeuse a expliqué que c’est parce que «(…) nous avons trouvé que la présence d’un garde du corps avec Mme Morano était exagérée. (…) » qu’elle a demandé à ce qu’on casse la gueule de la ministre. Justifiant par là-même la présence du garde du corps !

La vendeuse a dit qu’elle plaisantait. On peut plaisanter bien sûr, encore heureux. Mais sous couvert de plaisanterie, les gauchistes de tous poils font des appels permanents à la violence et expriment en public leur souhait de voir leurs adversaires ennemis mourir de mille façons, comme l’illustre ce tweet d’un internaute réagissant – à côté de la plaque s’il en est – à l’affaire de l’accident de Nadine Morano. Chronique de la haine ordinaire :

 

Que la vendeuse ait plaisanté (à moitié) ou non, d’autres auraient pu prendre son appel au premier degré – tout est possible dans ce genre de situation les exemples sont nombreux -, et ainsi casser la gueule à Morano devant sa fille, voire casser celle de cette dernière dans la foulée ! Ce qui justifie amplement  le licenciement de la vendeuse. Mais le plus incroyable, c’est que ce qui a fait le buzz, ce n’est pas cet appel à la violence physique à l’encontre d’une personne, mais le licenciement de la « pauvre » vendeuse qui aurait été virée à la demande de Nadine Morano ! Un buzz orchestré par les récidivistes de Rue89. Incroyable, c’était presque à Nadine Morano de se justifier :

 

 Cette inversion systématique – et symétrique – de toutes les valeurs sociales de base (et non typiquement « de droite ») par la gôche, devient tout simplement insupportable aux yeux même des citoyens ordinaires ! Car ils en font désormais eux aussi les frais tous les jours (dans les transports en commun, dans la rue, au travail, à l’hôpital etc.).

Le comble c’est que ceux qui prônent sans cesse l’égalité de droit sont les premiers à  ne pas respecter pas les droits des autres (droit à la sécurité, à l’intégrité physique, droit de propriété…). Ce sont les premiers à traiter de manière différente – et souvent agressive – les personnalités quand ils les croisent. Justifiant par là-même que celles-ci et leurs proches prennent – encore plus – leurs distances avec le commun des mortels. En roulant en escorte, en mangeant dans des restaurants huppés, en dormant dans des hôtels luxueux, en vivant dans des quartiers surprotégés, en mettant leurs enfants dans des écoles privées… ne serait-ce que pour ne pas se faire emmerder, ou de se faire casser la gueule ! Au point, malheureusement, de les conforter dans le fait de vouloir vivre un peu dans un autre monde. La faute à qui ?

Stéphane Buret

 

 

 

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