Racailles du Trocadéro : imaginons Clemenceau à la place de Valls…

Publié le 20 mai 2013 - par
Share

En ces jours où le ministre de l’intèrieur socialiste, prèfère s’attaquer aux paisibles veilleurs de La Manif pour Tous qu’aux racailles aux trois quarts, d’origine immigrée cassant et pillant tout un quartier de Paris, il n’est pas inutile de rappeler le souvenir d’un grand ministre de l’intèrieur républicain et de gauche, Georges Clémenceau, en 1907 durant les grèves des sablières de Villeneuve-le-Roi et de Vigneux, il utilisa la force contre la CGT, ainsi à Villeneuve-Saint-Georges lors des manifestations, il y eu 6 morts.

Il est d’ailleurs intéressant de noter, que l’un des dirigeants de ce mouvement, un anarchiste et une grande figure historique du syndicalisme révolutionnaire, Georges Yvetot était alors secrétaire de la Fédération des Bourses du travail à la suite de son maître et ami Fernand Pelloutier, il était donc durant cette période le numéro deux de facto du syndicalisme français. Il sera notamment, en décembre 1902, cofondateur de la Ligue antimilitariste, puis élu secrétaire de l’Association internationale antimilitariste (AIA) et finira comme beaucoup d’anarcho-syndicaliste et antimilitaristes en 1940 à Vichy.
Mais revenons à Clémenceau qui fut toujours un défenseur de l’ordre républicain et le démontra à plusieurs reprises.Et ce bien avant le socialiste de la SFIO Jules Moch, qui en 1947 fit tirer dans le tas durant la grève insurrectionnelle des mineurs du nord, déclenchée par le PCF.

ClemenceauPrésident du Conseil le plus à gauche qu’ait connu jusqu’alors la IIIe République, et en même temps ministre de l’Intérieur, comme il aimait le rappeler « premier flic de France », Clemenceau est confronté à d’importantes grèves (1906 bat des records). C’est d’abord, en mars 1907, une grève des électriciens à Paris. Le génie militaire rétablit le courant. En avril, une grève de l’alimentation, lancée par la CGT, touche Paris. La fonction publique réclame le droit de grève (la Poste le 12 mars 1909), c’est pour Clemenceau, qui a le sens de l’autorité de l’État : inimaginable et il fait révoquer des dizaines de postiers, ainsi que Marius Nègre, fondateur du Syndicat national des instituteurs, et le syndicaliste révolutionnaire Émile Janvion. La Ligue des droits de l’homme, déjà, apporte son soutien aux révoqués.

Au printemps 1907, la révolte des vignerons du Languedoc s’étend à l’ensemble de la population de la région et prend une tournure insurrectionnelle. Le 21 juin, la Chambre confirme son appui à Clemenceau, et il reçoit le leader gréviste, et non violent, Marcelin Albert, le 23. Il trompe celui-ci en lui offrant 100 francs pour payer son billet de retour, ce qui détruit sa légitimité. La grève s’essouffle, et le 29 juin 1907, la Chambre vote la loi revendiquée, qui fixe une surtaxe sur les sucres utilisés pour la chaptalisation.

Lors des manifestations des vignerons du midi en mai-juin 1907, révolte des vignerons ou il y eut deux morts et devant l’extension du mouvement, le gouvernement à la demande de Clemenceau fit intervenir la troupe : le fameux 17e de ligne, qui se révolta, mais c’est Clemenceau qui en  permettant aux mutins de se rendre sans qu’il y eût de sanction arrêta la révolte. Rappelons que cette grève avait pour objet la demande d’arrêt de la chaptalisation du vin et l’arrêt de l’importation des vins d’Algérie que le gouvernement devait déjà acheté en Algérie pour occuper la main-d’œuvre locale dans les vignes.

D’abord vilipender par la chambre des députés, notamment par Jaurès, Clémenceau ne céda pas et, alors président du conseil il mit son autorité et son poste en jeu et fut réélu par 327 voix contre 23. Clémenceau, le dreyfusard, est devenu le « briseur de grève » et avec le temps deviendra « le tigre ».

En juillet 1907, deux grévistes sont tués à Raon-l’Étape. L’année suivante, il est confronté à la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges : deux grévistes tués le 28 mai 1908. Le socialiste Édouard Vaillant accuse la « politique du gouvernement » d’être « responsable du meurtre ». Clemenceau rétorque : « la Chambre (…) dira si elle veut faire avec nous l’ordre légal pour les réformes contre la révolution ». Hormis les socialistes, la majorité le soutient.

Le conflit redémarre le 2 juin 1908 à Vigneux, où deux grévistes sont tués et plusieurs sont blessés : il s’agit de la violence policière la plus grave depuis le début de la IIIe République, dans la mesure où les gendarmes ont tiré à bout portant dans une salle, sur des ouvriers désarmés et accompagnés de femmes et d’enfants. Le 30 juillet, toujours à Vigneux, quatre grévistes sont tués et du côté des forces de l’ordre il y a plusieurs blessés.

Clemenceau décida alors des arrestations massives dans les rangs de la CGT (Griffuelhes, Pouget, etc.), malgré l’attitude conciliante du secrétaire général. Clemenceau, tout comme Viviani, préférerait plutôt favoriser une tendance moins dure à la CGT, poussant à ce que celle-ci abandonne le vote par membres (un membre = une voix) au profit d’un vote par syndicat (une fédération = une voix). Ce qui existe encore aujourd’hui.

La gauche essaiera toujours de lui coller l’étiquette « d’assassin de Villeneuve-Saint-Georges », mais celle-ci ne résista pas à quelques mois, et pour l’histoire, Clémenceau sera toujours « le Tigre » et « le père la victoire ». Il est également confronté à des grèves d’employés voulant faire appliquer la loi sur le repos hebdomadaire, notamment dans le secteur de la boulangerie.

Alors que la presse s’effraie des « Apaches », il soutient la création de la Police scientifique en France par Alphonse Bertillon, un des « experts » de l’Affaire Dreyfus, et la création des « Brigades du Tigre » (officiellement : brigades régionales mobiles) par Célestin Hennion, nommé à la tête de la nouvelle Sûreté générale. Ce dernier met en place un fichier des récidivistes et crée un service d’archives, tandis que les Brigades régionales fichent les « nomades ». Le projet de loi du 25 novembre 1908 « relatif à la réglementation de la circulation des nomades » aboutira à la loi du 16 juillet 1912 « sur le port du carnet anthropométrique d’identité » : recensant les empreintes digitales ; ce carnet, qui ne s’applique qu’aux Tsiganes, préfigure la carte d’identité et le livret de circulation. Ainsi, la gauche républicaine est-elle à la source de ce carnet, qui fit tant hurler la gauche et les verts.

Mais l’action de Clemenceau, le Dreyfusard (contrairement à Jaurès) ne se résume cependant pas à la répression. L’abolition de la peine de mort est mise à l’ordre du jour de la Chambre le 3 juillet 1908, suite à une intervention de Joseph Reinach. Le gouvernement et Clemenceau président du conseil sont pour, ainsi que Jaurès, Briand et l’abbé Lemire ; mais la commission parlementaire est contre et son rapport est approuvé le 8 décembre 1908 par une majorité rassemblant le centre et la droite catholique.

Le projet de loi sur l’impôt sur le revenu, présenté en février 1907 par le ministre des Finances Joseph Caillaux, est bloqué par le Sénat. Mais en revanche, la loi Ribot sur les Habitations bon marché (HBM) est votée en avril 1908, puis, en juillet 1909, est voté sous Clémenceau, la loi sur le bien de famille insaisissable, qui vise à protéger les paysans. La posture de « premier flic de France » l’amène à se brouiller durablement avec Jaurès, qui n’écartait pas, au début de son cabinet, une possibilité d’alliance avec le leader radical. La SFIO et la CGT ne sont clairement pas sur la même ligne que le radical-socialisme de Clemenceau. D’où cet échange savoureux au Parlement :
« Monsieur Jaurès, vous promettez tout à l’ouvrier, mais vous n’êtes tout de même pas le Bon Dieu !
– Et vous, vous n’êtes pas le Diable !
– Qu’en savez-vous ? »

Durant la Première Guerre mondiale, Clémenceau en 1917 à 76 ans, est appelé au secours et devient président du conseil malgré les socialistes qui l’ont toujours trouvé « trop belliciste ». Mon seul programme c’est « la guerre, toujours la guerre encore la guerre ».
L’ex-empereur Guillaume II écrira dans ses Mémoires : « La cause principale de la défaite allemande ? C’est Clemenceau. (…) Non, ce ne fut pas l’entrée en guerre de l’Amérique, avec ses immenses renforts (…) Aucun de ces éléments ne compta auprès de l’indomptable petit vieillard qui était à la tête du gouvernement français. (…) Si nous avions eu un Clemenceau, nous n’aurions pas perdu la guerre. »

Ce petit rappel historique pour illustrer la différence entre un véritable ministre de l’intérieur républicain tel Georges Clemenceau et ce petit apparatchik socialiste minable Manuel Valls qui se prend pour un ministre de l’intérieur, ou bien même un Louis Joxe qui avait une haine des policiers de base, sans compter Chevènement qui à côté de Clemenceau « le tigre » était un tigre sans dents et sans griffes.
Aussi il n’est pas difficile d’imaginer que face à toute cette racaille du Trocadéro, Georges Clemenceau aurait su trouver le mot juste : feu !

Lazare Zylbergleitt

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.