Raciste, moi ? Et pourquoi pas xénophobe ?

Publié le 24 octobre 2013 - par - 1 508 vues
Share

Moi qui adore l’été indien, la salade russe et le café turc ? D’ailleurs, comment pourrais-je être raciste puisque des savants distingués (on ne sait pas toujours par quoi ils se distinguent, mais passons) nous expliquent que la race est une notion dépassée, qu’elle n’existe tout simplement pas. Selon eux, Duke Ellington c’est kif-kif Alfred Brendel, Louis Armstrong kif-kif Maurice André, Mahalia Jackson kif-kif Elisabeth Schwarzkopf et un touriste japonais et un touriste vaudois qui viendraient imprudemment visiter Genève ne se distingueraient pas l’un de l’autre.

Cela est bel et bon et les savants ont peut-être raison dans l’absolu scientifique, mais la vox  populi dit autre chose. Les savants, puisqu’ils le sont, doivent savoir qu’on ne change pas le vocabulaire en un tournemain et que s’ils décidaient un jour de supprimer le mot virus, ils ne supprimeraient pas les maladies virales. Ils suggèrent qu’il ne faut plus dire race mais ethnie.

Cela ne fait que déplacer le problème. Mais si on supprime le mot race, on ne supprime pas le racisme,  ce qui semble être le but de l’exercice. Le président Hollande, qui croit à ces fariboles et qui est toujours à lever la main en classe (moi, m’sieu, moi m’sieu!) pour dire une bêtise demande qu’on supprime le mot race dans la Constitution. Il faudra aussi, on compte sur l’ami Fabius, modifier la Déclaration Universelle (moins les pays musulmans)  de 1948 où le mot race apparaît honteusement.

L’idée qu’on supprime la chose en supprimant le mot a été admirablement expliquée et mise en pièce par Orwell dans les Principles of Newspeak. Dans la ‘novlangue’ le mot bad n’apparaît plus, il reste un-good, augmentatif un-good-good. Comptez le nombre de fois que vous avez dit ‘c’est pas mal’. Vous avez newspeaké sans le savoir.

Pour des raisons évidentes, il nous faut lutter contre ces nouveaux dogmes de la ‘correctitude’ qui appauvrissent la langue et les notions anciennes. Le seul avantage que je vois dans ce développement, c’est qu’il n’y aura plus de délit de sale gueule puisque nous avons désormais tous la même.

André Thomann

P.S. Dans ce texte résolument non-raciste, j’ai employé à plusieurs reprises un mot arabe. Les lecteurs sagaces sauront le découvrir. Il n’y a pas de récompense.

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.