Radio Courtoisie : le mirage de la dédiabolisation ?

La célèbre radio, issue de Radio Solidarité et créée pour lutter contre le politiquement correct, cherche-t-elle à sortir de son isolement médiatique, qui pourtant a fait sa richesse pendant de nombreuses années ? C’est le sentiment que l’on peut avoir suite à l’annonce de la mise en place d’une matinale « nouvelle formule » de 7 h à 9 h, sous la houlette de Clémence Houdiakova, ancienne collaboratrice de Sud Radio.

Pierre Alexandre Bouclay, un des administrateurs salariés de la radio, se présente comme l’initiateur de cette « réforme de fond » qui vise à faire de Radio Courtoisie un « outil de combat adapté aux défis de notre époque », avec le but annoncé « d’élargir l’audience et d’éviter qu’elle se réduise comme une peau de chagrin jusqu’à disparaître ». La radio serait-elle en péril ? Difficile d’en juger car, refusant toute publicité et ne vivant que de dons, elle n’a guère les moyens de se payer un audit qui lui permettrait d’avoir une image précise sur son audience. Les célèbres « fêtes de la Courtoisie » constituaient un bon indicateur de la santé de la radio, mais du fait des restrictions sanitaires, elles n’ont pu se tenir ces deux dernières années. C’était un moment d’échanges très important pour la vitalité de la radio, et une occasion de se faire connaître du grand public et des milieux de l’édition.

 

https://ripostelaique.com/que-du-beau-monde-a-la-fete-2019-de-radio-courtoisie.html

Toujours est-il que lorsque l’on tape « Radio Courtoisie Wikipedia », il est tout de suite signalé qu’il s’agit d’une radio « d’extrême droite » voire « située dans la frange la plus radicale de l’extrême droite » !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Radio_Courtoisie

Créée par un Comité de défense d’auditeurs de Radio Solidarité (une radio libre proche du RPR et de l’UDF née en septembre 1981 avec le but avoué de libérer la parole face au virage à gauche de François Mitterrand), Radio Courtoisie est fondée le 12 décembre 1985 par certaines figures de la droite patriote, parmi lesquelles Jean Ferré et  Louis Pauwels.

Cette étiquette d’extrême droite, accentuée par le passage d’Henri de Lesquen à la présidence jusqu’en 2017, paraît à certains préjudiciable à l’avenir de la radio.

https://www.ojim.fr/radio-courtoisie-la-fronde-contre-henry-de-lesquen/

D’où la tentation de vouloir changer cette image, faire de Radio Courtoisie un média « comme les autres ». Et certains responsables ne s’en cachent pas : ainsi Michel Leblay, dans le journal du lundi 23 août 2021, déclare qu’il faut que Radio Courtoisie s’ouvre (…) qu’elle « se construise avec l’autre et face à l’autre » afin de « faire avancer la réflexion par la contradiction ».

Finie l’impertinence de la radio qui plaisait tant à ses auditeurs ? TV Libertés, dans ses brillants débuts, a été tentée par cet écueil : faire venir des gauchistes sur les plateaux pour « débattre ». C’est ainsi que dans l’émission « Bistrot Liberté », on invitait un certain Nicolas Gardères, avocat de profession, dont les propos souvent insultants n’ont guère été appréciés ni par les internautes ni par les donateurs ! Ne voyons-nous pas suffisamment ce genre d’individus sur les plateaux de télévision ? Pas vraiment besoin d’une resucée dans les médias de la réinfosphère !

https://www.lepoint.fr/societe/nicolas-garderes-parlez-vous-bande-d-enfoires-27-01-2019-2289153_23.php

Pour « rentrer dans le rang », ce qui semble la préoccupation de certains dirigeants de la radio, l’idée retenue semble d’y faire venir des gens respectables, comme si la notoriété était un gage de succès médiatique. On avance les noms de Charlotte d’Ornellas, Charles de Meyer, Gabrielle Cluzel, François Bousquet, Anne Coffinier… Ce sont des personnes déjà connues des auditeurs, soit comme patrons d’émission, soit comme invités dans d’autres émissions. Finis les bulletins de réinformation annoncés par la musique du Seigneur des Anneaux, mis en place par Jean-Yves Le Gallou et assurés par des bénévoles, souvent talentueux et peu avares de leur temps.

Parmi ceux-ci, de sympathiques étudiants, ambassadeurs de la radio auprès de leurs congénères.  Il est vrai que la formule commençait à poser problème dans la mesure où l’on est passé de cinq bulletins par semaine à deux bulletins. Mais il faut dire que pas un centime n’a été investi ni pour le recrutement, ni pour la formation de ces bénévoles. Mis à l’écart de toute réflexion sur la fameuse « nouvelle formule » de la réinformation, ils n’ont pas eu leur mot à dire. Au revoir et merci ! Il faut dire que la communication interne n’est pas le fort de la radio. Carl Hubert, patron de la réinformation, qui a coordonné ses équipes pendant de longues années, a dû se contenter d’apprendre par courrier les grandes lignes du nouveau projet… À croire que la courtoisie est parfois un vœu pieux !

La nouvelle matinale fera ses preuves ! C’est très bien d’inviter le matin des diplômés, des experts, des spécialistes de ceci ou de cela pour donner leur point de vue sur l’actualité. Mais cela donne un curieux mélange d’informations factuelles et de causeries.  Est-ce bien l’attente des auditeurs ? Nul ne le sait vraiment. Qui écoutera deux heures de matinales avant d’aller travailler ? Sauf à s’adresser à un public de retraités ! Les bulletins de réinformation avaient le mérite de présenter l’actu de manière synthétique, avec un angle toujours critique : de quoi vous réveiller le matin pendant que le café chauffe ! Mais il semble que la formule ait fait son temps. Des questions se posent : quelle sera la valeur ajoutée de la nouvelle formule ? Attirera-t-elle davantage de donateurs ? Les finances suivront-elles ?

Autant de questions cruciales pour l’avenir de la radio « du pays réel et de la francophonie » que nous aimons tous, pour son originalité et pour la grande qualité de ses émissions.

Radio Courtoisie 95,6 MHz

Hector Poupon

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23 Commentaires

  1. J’étais auditeur de RC depuis 93, contributeur financièrement jusqu’à ce que le président Henry de Lesquin soit viré par le putsch organisé par Dominique Paoli et sa clique. Paoli depuis 2017 lèche les bottes du système. Elle a tout chamboulé dans l’organisation des programmes. Depuis le cocovid, elle ne se déplace même plus dans les studios. Elle présente son émission du lundi soir, soit alitée, soit les pieds dans les pantoufles. Radio Courtoisie est mal partie.

  2. Vous citez Louis Pauwels comme créateur de la radio qui ne le fut pas et vous oubliez le grand Serge de Beketch qui le fut !
    Par ailleurs cette nouvelle « matinale » est trop longue et me semble, par ses invités de l’autre bord, assez lénifiante et racoleuse.

    • Le fondateur de Radio Courtoisie, c’est Jean Ferré. Il y a consacré toutes ses forces, vraiment jusqu’au bout.

  3. Il fut un temps ou elle était même qualifiée de radio de le Pen, alors qu’elle se prévalait d’être la radio de toutes les droites.
    C’était évidement un qualificatif fallacieux car JMLP n’était invité de mémoire qu’une ou deux fois par ans par Serge de Beketch, quant à MLP je ne me souviens pas l’avoir entendue une seule fois.
    Sous de Lesquen c’était plutôt de villiers.
    En revanche m myard est toujours là, lui qui répondait aux questions des auditeurs qu’il restait à l’ump car pour lutter contre la politique de son parti, il valait mieux être à l’intérieur, lui qui est contre l’europe, contre l’euro, contre l’immigration excessive, contre…… tout ce qu’a fait sont parti.

  4. Il me semble que ces décisions sont prises d’en haut sans beaucoup de consultations.
    Plusieurs patrons d’émission ont disparu sans raison !
    2 heures d’info de 7 à 9 ne concernera que des inactifs ! Est ce une bonne idée qui va coûter très cher ???

  5. Cher monsieur,

    Ayant été l’un des invités les plus souvent sur les plateaux de presque tous les patrons d’émission entre 1995 et 2006, et beaucoup moins souvent ensuite, j’ai bien connu la radio de Jean Ferré et même son émission où il m’a fait l’honneur de m’accueillir dès 1996. Ce qui a changé – et depuis longtemps – c’est la liberté de ton, et surtout, dans nombre d’émissions le niveau intellectuel. Ceci est une maladie et une catastrophe française à laquelle Radio courtoisie n’échappe pas. Mais vouloir entrer dans « le monde » est pire car il faudra accueillir les pires absences de talent et de pensée. Maintenant, pour la moitié de l’auditoire de radio courtoisie dans les années où je la fréquentais, il y avait des patrons gaullistes mais Jean Ferré ne l’était pas.

    • Jean Ferré respectait tout le monde, et il voulait que sa Radio Courtoisie soit respectueuse de toute la Droite.

  6. RC sera sans aucun doute à terme une radio sans aspérité. La tentation de vouloir attirer un nouvel auditoire passe trop souvent par la perte des racines. Il restera un cadre vide !

  7. Réflexion n° 3

    Pour finir, j’avoue que le ton de la nouvelle matinale de Courtoisie me laisse dubitatif, et m’incite au zapping sur mon autoradio.
    Zapping toujours insatisfait, entre la mièvrerie des acolytes de Pavlenko sur Europe, et les journaleux de Sud Radio qu’on croirait droit sortis du cabinet de Véran.
    S’il faut avancer et se rajeunir, il n’en faut pas perdre son âme pour autant.
    J’attends avec impatience le moment où enfin, je retrouverai l’envie d’honorer ma cotisation.
    Là, quitte à seulement mettre 1 euros dans le cochon, je dirais « wait and see… »

  8. Réflexion n°2

    Maintenant, cet entre-soi idéologique est confortable et rassurant, mais je me souviens d’une époque où étaient invités Roland Dumas, Michèle Cotta, Hubert Védrine…
    Finalement, De Lesquen poussait la logique de ces dernières années jusqu’ au bout: pas de contradiction.
    Donc oui, même s’il faut bien choisir ses invités pour ne pas tomber dans le pugilat, il est plutôt sain de confronter ses idées. Le fameux  » droite rabougrie, recroquevillée sur elle-même » est un peu vrai.
    On peut le faire en gardant une ligne dure.
    Quand j’entends dire que Sud Radio fricote avec nos idées, qu’Europe 1 se droitise, ou que CNews, à part quelques émissions qu’on connait, est d’extrême chose, ça mamuse beaucoup.
    Il faut continuer à tirer la couverture médiatique le plus à droite possible.

  9. Réflexion N°1

    Je suis partagé…

    De Lesquen, alias Riton le Courtois, se rendait insupportable, massacrant à l’antenne quiconque n’ayant pas son point de vue, coupant la chique, s’énervant, monopolisant la parole pour démontrer l’ignardise de son interlocuteur… Un enfer radiophonique.
    Mais la ligne politique était couillue.

    Depuis son éviction, on se croirait dans un salon bourgeois tendance epahd de luxe, où Paoli, caricature de baronne sur le retour, se pavane sur les exploits extra-conjugaux de telle ou telle princesse d’un lointain passé.

    Elle peut s’assoir depuis des années sur ma cotisation, ça rend plus confortable son fauteuil roulant.

  10. Le dernier Libre Journal de la liberté de penser du 1er septembre avec le Pr Christian Perronne demeure remarquable et loin de la pensée unique obligatoire.

    • Bien sûr ! et du reste toutes les émissions sur la crise sanitaire ont été remarquables et d’un top niveau ! Les autre radios pourraient en prendre de la graine !

    • Absolument d’accord et c’est le cas de plusieurs émissions sur les vaccins

  11. si mlp voulait vraiment dédiaboliser le RN, elle laisserait la place à plus charismatique et subtil qu’elle

  12. Alias Jimi Pirson…. Homme de lige de Dominique Paoli….il a sauvé sa tête en se rendant politiquement et pour faire élire le trio infernal….

  13. Sud Radio, des 7 h00 du matin… Depuis l’éviction honteuse de M. de Lesquen, c’est devenu un média ouvertement Gaulliste et pas trop méchant….. Il suffit pourcela d’écouter les Paoli, Leblay, Simon…..

  14. Il faut revenir à l’esprit qui est celui du fondateur, Jean Ferré : « la radio de toutes les droites ».
    On ne saurait mieux dire. Et Jean Ferré, lui, agissait.

    • A propos des fondateurs de Radio Courtoisie pourquoi ne citez-vous pas aux cotés de Jean Ferré le regretté et talentueux Serge de Beketch?… Oubli ou omission volontaire? …

    • Oui, ces deux dames sont d’excellentes professionelles et pourtant toutes simples. Tres agréables, Gabrielle bataille dur parfois face à certains invités de l’autre bord, Charlotte s’impose paisiblement…Bravo à toutes les deux.

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