Raphaël Enthoven, je te propose un duel… sur Sud-Radio

CaptureEnthoven2.png

Cher Raphaël Enthoven

Comme beaucoup de non-vaccinés, je n’ai pas beaucoup apprécié tes insultes sur les ondes. Il t’était déjà arrivé de dire n’importe quoi sur Europe 1. C’était le 21 novembre 2017. La suppression du verbe « soumettre » dans la nouvelle traduction du Notre Père des catholiques t’avait inspiré un commentaire grotesque. Remplacer ce mot était à tes pauvres yeux un « signe d’islamophobie ». Si, devant le tollé suscité par une telle ânerie, tu t’es senti obligé de présenter rapidement des excuses, tu n’as pu t’empêcher dans ton Tweet non seulement de leur donner un tour alambiqué mais également de les assortir d’une pointe de cuistrerie en les illustrant d’un Saint-Jérôme se battant la coulpe au désert. On se fait tancer par les auditeurs mais, dans sa contrition, on tient à se distinguer.

Nous nous connaissons depuis notre collaboration au magazine Lire qui débuta dans les années 2004-2005. Tu as quitté le magazine assez tôt ; je suis parti un an après la démission de François Busnel en 2015. Ma collaboration au mensuel qui a duré une douzaine d’années n’était pas l’essentiel de mon activité. Je travaillais au Sénat. Nos itinéraires ont divergé, tu es parti vers la télévision et la radio. Nous nous sommes retrouvés pour ton anniversaire où le tout Paris était là. Il gelait à pierre fendre et des canons à chaleur réchauffaient le jardin de l’Hôtel particulier de Carla Bruni qu’une immense tente abritait pour la soirée.

J’avais de tes nouvelles en attrapant de temps à autres une de tes émissions de philosophie sur Arte ou en lisant les ouvrages collectifs sur Kant ou sur Proust dont tu avais assuré la direction. Il serait aussi stupide que malhonnête de ne pas reconnaître que tu es une personnalité brillante. On connaît ton parcours depuis le lycée Henri IV jusqu’à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm et l’agrégation de philosophie.
Nous nous sommes revus un matin dans un café près d’Europe 1. Tu sortais d’une émission. Nous avons pris un petit déjeuner et tu m’as très aimablement offert de me déposer au Sénat avec ta Smart. Tu m’as parlé de ta vie sentimentale et de tes enfants. Tout cela était fort sympathique. Avant de faire ta connaissance autour de la table de rédaction de notre magazine, j’avais lu un livre de ton père et m’étais laissé prendre au piège d’une vie que j’avais crue autobiographique, passée au milieu de meubles anciens et d’œuvres d’art. Voulant en savoir un peu plus, je t’avais invité au restaurant du Sénat. Au cours du déjeuner, tu m’avais détrompé en me racontant que tout cela était faux et que tu avais passé ton enfance au milieu de piles de pneus dans les bras de ton grand-père qui tenait un garage dans le nord-ouest de Paris, à Colombes si mes souvenirs sont exacts.

Je tombais parfois sur une de tes chroniques matinales. Mettre au jour le sens des petits riens, écrire des billets qui se voulaient peut-être secrètement des hommages aux Mythologies de Roland Barthes, pourquoi pas ? Ces chroniques, qui me laissaient indifférent, étaient certes bien troussées. Etaient-elles le meilleur des entraînements pour affronter quelques années plus tard la crise que notre pays traverse et qui est plus politique que sanitaire ?

Puisque tu aimes les petits riens du quotidien, en voilà un qui te ravira. Lors de ton anniversaire, j’avais apporté un cadeau que j’avais cru original. Il s’agissait de l’étude que Roland Barthes avait consacrée à la plus belle œuvre gravée du 18e siècle, à savoir Les Planches de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Cette étude d’une grande intelligence et d’une sensibilité peu commune existe bien entendu en collection de poche. Mais comment en apprécier la justesse sans avoir sous les yeux les gravures ? La belle édition que je t’offrais les reproduisait en regard même du texte. Je ne pouvais savoir qu’il y aurait autant de monde à ton anniversaire et encore moins imaginer qu’un piano à queue disparaîtrait sous une montagne de cadeaux.

Tu étais inapprochable, accaparé par les Beigbeder, les Kouchner, les Séguéla, les Guillaume Durand, les Christine Ockrent, des acteurs connus, d’autres moins. Je ne suis pas resté longtemps. Une petite heure. Le temps de parler à l’oreille de l’un ou l’autre. La musique était si forte. J’ai mis mon cadeau sur le tas. Il flottait dans son modeste papier kraft comme une pauvre chose au-dessus de la vague des cadeaux aux marques prestigieuses. Je suis parti au grand regret de ma femme que fascinait ce spectacle qu’elle retrouvera en 2013, à une autre échelle, dans La grande bellezza de Sorrentino.

Quelques semaines plus tard, lors d’un autre anniversaire, celui de Lire cette fois, anniversaire qui se tenait au dernier étage de l’immeuble du groupe Express rue de Châteaudun, tu vins vers moi après les discours de Jean-Louis Servan-Schreiber et de Bernard Pivot, les fondateurs du magazine, et me demandas si ce n’était pas moi, par hasard, qui t’avais offert une paire de gants en pécari de chez Hermès. A ton grand désespoir, aucune carte de visite ne les accompagnait. « Non, moi, c’est Barthes », ai-je répondu. Je ne sais même pas si tu as entendu, tant il y avait de brouhaha.

Fallait-il te demander si tu avais apprécié mon cadeau ? Ta désinvolture était sans conséquence. Elle n’était qu’un aveuglement mondain qui fait sourire chez un ancien membre du parti socialiste. Elle n’était qu’une indélicatesse, voire une impolitesse, pas encore une insulte.

Encouragé peut-être par la vulgarité d’un Emmanuel Macron voulant « emmerder » les non-vaccinés, tu t’es permis de déclarer : « Je n’ai jamais rencontré d’antivax ni con ni monstrueux ». Mais ça ne t’a pas suffi. Le 23 janvier sur Sud Radio, tu précisais qu’« on a pris pour une insulte ce qui n’était dans [ton] esprit qu’un constat ». Croyant te sortir de ce mauvais pas, tu t’es enfoncé : « je n’ai jamais rencontré un antivax qui ne soit ni con ni monstrueux ni complotiste, ni fou, ni sous informé… ». Et tu as poursuivi : « Mon erreur a été de théoriser mon expérience, il y a peut-être des antivax rationnels, je ne les connais pas ». Cela ne s’appelle pas théoriser, ami philosophe ! Cela s’appelle généraliser.

Tu vas un peu vite en besogne ! Ton devoir de chroniqueur serait de ne pas te contenter de l’eau qui alimente ton moulin. Vois-tu, cher Raphaël, je suis ce que l’on appelle aujourd’hui un « antivax », c’est-à-dire un citoyen à jour de tous ses vaccins mais qui s’élève contre une « thérapie génique » improprement appelée « vaccin ». Depuis le 25 janvier d’ailleurs, Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, croit paraître, comme Purgon ou Diafoirus chez Molière, plus savant en parlant désormais non plus de « vaccin » mais de « vaccin-médicament ». J’en viens donc à l’essentiel : tu as conclu ton explication incertaine en déclarant : les antivax rationnels qui ne seraient pas des cons, « qu’on me les présente ! »

Quand tu veux, cher Raphaël ! Je ne te donnerai pas rendez-vous sur le pré. Je te propose que nous nous retrouvions plus civilement dans le studio de Sud Radio. Pas à trois. Pas à quatre. A deux, avec un animateur-témoin. Et il ne s’agira pas de savoir lequel de nous deux est le plus « con ». Car la démocratie, c’est le débat, pas l’insulte. C’est aussi le courage. Tu es un homme de radio, d’honneur peut-être. Vois avec Sud Radio pour l’organisation prochaine de ce débat ! Je compte sur toi.

Jérôme Serri

image_pdfimage_print
18

17 Commentaires

  1. Je respecte totalement les antivax et surtout ceux qui sont brillants comme vous, virevoltant dans les hautes sphères.Mais les vaccins ne sont pas des thérapies géniques.Un médecin de la France d’en bas, »de la piétaille » avait dit Mitterand je crois.

    • un antivax qui a tous ses vaccins c’est comme un immigrationniste qui n’héberge pas de migrants chez lui ou comme comme un écologiste qui a 65 000 litres d’eau dans sa piscine :
      un incohérent

      • Et un vaccin qui ne protège pas c’est comme une capote trouée , c’est incohérent. L’auteur n’est pas contre les vaccins , il est contre le vaccin ARN ; c’est les pro vax qui appellent à tort ceux qui refusent le vaccin ARN antivax donc c’est eux qui sont incohérents.

    • 1 : Ah bon ce ne sont pas des thérapies géniques expérimentales ? Ce sont donc des vaccins ? Et depuis quand s’il vous plait cher monsieur ? Il y a eu une modification de ces poisons ? Car bien entendu vous contestez les sources officielles où sont comptabilisées les décès et les effets secondaires (par dizaines de milliers de par le monde et bien entendu très sous-estimés car vous même dans vos patients je présume que vous n’avez rencontré aucuns effets secondaires ? Seulement des coincidences ?) Lorsque des Professeurs tels Luc Montagnier, Christian Perronne, Alexandra Henrion-Caude (et ils sont des milliers de leur bord là encore dans le monde) émettent un avis à l’opposé du votre, vous qui vous targuez d’être un médecin de la France d’en bas vous n’avez pas le sentiment de ne pas vous comporter comme tel ?

    • 2 : Cherchez la contradiction et l’illogisme s’il vous plait et je suis certain que vous trouverez car je me refuse à croire que vous adhériez aux discours des politiques et médecins des plateaux TV, bardés de conflits d’intérêts et refusant systématiquement de débattre de véritable médecine avec leurs contradicteurs sur ces mêmes plateaux TV. Le dernier en date monsieur delfraissy refusant le débat avec l’éminent et intègre professeur Perronne.
      PS : je pense qu’il est inutile de vous rappeler qu’aucun laboratoire ne donne accès à la composition de ces  » vaccins  » et qu’ils ont obtenu une période de 50 ans avant de divulguer la teneur des poisons !!! Mais bon coïncidence là encore …

  2. donnez lui auparavant les questions pour qu’il prépare ses interventions, avez vous remarqué que ce gars lit toujours ses notes ? un bien piètre professeur de philo

  3. Le bobo Raphaël Enthoven, quand on le voit paraître à la télévision, le zapette entre en action.
    Il faut reconnaître à sa décharge qu’il est loin d’être le seul dans ce cas.

  4. Attention au déchet infiltré chez les modos, il ressemble comme deux gouttes d’eau à cette carpette de enthoven avec les même sornettes.

  5. Vous ne pourrez pas lui ouvrir les yeux. Non pas qu’ils soient « grands fermés ». Non, bien au contraire. Ils sont grand ouverts. Ils sont éblouis par les éclats de lumière renvoyés par les dorures des lieux de pouvoir.
    Raphaël est comme L’Abbé de Vilecourt dans le film Ridicule de Patrice Leconte https://youtu.be/q64oDKv-KnE . Il virevolte, il veut plaire, il s’étourdit de ses propres mots. D’ailleurs j’aimais bien ses petits chroniques sur Europe 1. Celle qui posait la question « sommes nous seuls dans l’univers » est un petit chef d’oeuvre. Car l’homme est doué et il le sait…trop.
    Quel gâchis !!

  6. J’aime bien les antivax… vaccinés… comme ceux qui soutiennent les grévistes et vont bosser, les chasseurs qui respectent et protègent la planète au volant de leur 4*4, les défenseurs de migrants mais qui ont 3 interphones avant de pouvoir ouvrir leur porte..etc…
    Symptôme d’une société de cynisme… où il n’y a plus de vrai « bonhomme » … pour le reste votre article dénonce précisément ce monde aussi léger qu’une bulle du champagne servi dans ces petites réceptions d’un microcosme indécent.

  7. Enthoven est un sale con que j’ai entendu pour la première et dernière fois à la convention de la droite organisée par Marion. Je ne vois pas pourquoi on lui a donné la parole et surtout sans contradicteur. J’avais fait des commentaires à haute voix et des obstructions réitérées au point que le service d’ordre était venu me museler. Ce genre de faux philosophe est à fuir et ne mérite pas un débat.

  8. Vous lui avez offert un livre ,Raphaël Enthoven n’en a que faire ,il faut lui acheter des psychés ,il ne discute qu’avec lui-même .

  9. les juifs adorent le devant de la scène, en bien ou en mal ils s’en foutent, le principal est de montrer qu’ils sont toujours là en train de faire la loi; il y a deux fois plus de Chinois en france mais on ne doit se taper que la tronche des premiers car le plus grand malheur qui les effraie est de passer pour un anonyme tout en refusant à l’autre le droit de le désigner ; n’est ce pas un raisonnement tiers-monde incapable de tout accès démocratique à l’Occidental ?

  10. Voir le/ces personnages qui ont la PAROLE sacrée… La philo n’est pas la vie, à réfléchir sur un représentatif boulanger qui boulange avec cette philo : rien que le boulot bien exécuté en temps et heure pour TE/nous nourrir et la suite… pendant que « d’autres » devant leur bureau la tête dans le vide (qui est déjà plein d’après des scientifiques) réfléchissent philo à QUOI QUI OU QUAND etc…avec les réponses identiques depuis 3 000 ans !

  11. Enthoven….Que dire de plus sur cette engeance dont la France à le secret !
    Ce petit con, bourgeois jusqu’au trognon, se veut philosophe alors qu’il n’est qu’un merdeux bellâtre maigre comme un coup de trique qui justement astiquait son bout dans la pute de son papa, la Carla de Sarko…ce microcosme médiatique du show baize et de la politique si je t’attrape je te nique est nul et non avenu ! On devrait les pendre à des crocs de boucher, comme disait le Mari de son ex compagne, Carla dont il tirait un portrait original de ses fesses de 1ére dame. Nous nous souvenons que cette merde prénommé Raphaël ne respecte même pas l’intimité de la mère de son propre fils, c’est dire le niveau de puanteur de cet ordure…Moins on n’en parle mieux on respire, et par temps de Covid il n’y a rien de plus précieux ! Enthoven, en clair, va te faire sodomiser au Maghreb !

  12. Ce n’est pas un philosophe mais un bobo-friqué de gauche et fasciste !!!
    Comment peut-on être philosophe sans être Objectif ???

Les commentaires sont fermés.