Raphaël Liogier n’avait rien compris à l’islam, François Gemenne non plus !

Publié le 11 novembre 2013 - par - 1 735 vues
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Après le sociologue et philosophe Raphaël Liogier, pour qui l’islamisation de la France est un « mythe » (1), voici François Gemenne, chercheur en sciences politiques, spécialiste de la gouvernance globale des migrations environnementales, pour qui l’immigration est indispensable (2), vertueuse sur le plan économique (3) et inscrite dans le « sens de l’Histoire » (4).

Tous ceux qui pensent le contraire relèvent « de  l’émotionnel, de l’idéologique, du fantasme et de la peur», à tel point que leur raisonnement s’enfonce « dans le paradigme de l’immobilité » (sic) !

Autant dire que notre intellectuel est « très favorable à l’ouverture des frontières », car –affirme-t-il – « il y a une injustice fondamentale dans le fait que votre vie soit uniquement déterminée par l’endroit où vous êtes né ».

Voilà un bel exemple d’ouverture d’esprit, qui s’ouvre, hélas, sur des absurdités, à commencer par celle qui consiste à faire d’une phrase de bon sens un « cliché absolu » ! Quelle est donc cette phrase ? C’est celle de Michel Rocard déclarant que « La France ne peut accueillir toute la misère du monde ».

Aux yeux de François Gemenne, il y a là « une insulte à tous ces immigrés qui sont généralement plus qualifiés que le Français moyen », car –  précise-t-il  –  « ce sont souvent les plus éduqués, les mieux informés et les plus riches qui ont les moyens de migrer vers l’Europe (…). Les plus pauvres sont immobiles. « La misère du monde » n’a pas les moyens de migrer ».

Mais si ceux qui émigrent sont si riches que cela, pourquoi émigrent-ils ? Qui prendrait le risque d’abandonner son chez soi dès lors qu’il possède un magnifique chez soi ? Et si « les plus pauvres sont immobiles », comment expliquer l’augmentation des clandestins depuis 1980, et les drames de Lampedusa depuis 2000 ? Faut-il recourir à l’argument selon lequel l’immigration n’est un problème que parce qu’on martèle qu’elle en est un ?

François Gemenne en est persuadé : « La gauche poursuit-il – a commis une faute à partir de la fin des années 80 en disant que le Front National apportait de mauvaises réponses à de vraies questions. Le Front National ne pose pas de vraies questions, mais il est parvenu à imposer tous ses thèmes de campagne à l’agenda politique ».

Ah bon ? Parce que les thèmes de campagne du Front National ne seraient pas de vraies questions ? Mais alors, pourquoi ces mêmes thèmes occupent-ils l’agenda politique ? Quel parti politique néglige aujourd’hui de s’interroger sur une immigration qui refuse de plus en plus manifestement l’intégration ? La banlieue parisienne n’a-t-elle pas ses ghettos, et la France ses banlieues communautarisées ? Cette radicalisation émanant des immigrés s’explique-t-elle par la manière dont nous les traitons ou par des revendications antinomiques à celles de la République ? Les fameuses « émeutes des banlieues » (5) traduisaient-elles un désir d’intégration ou un rejet radical de la société française ?

On devine sans difficulté les réponses qu’apporte François Gemenne à toutes ces questions. Avouons simplement que vouloir s’intégrer en saccageant les biens et les valeurs du pays d’accueil est une étrange façon de procéder, comme est étrange l’idée de vouloir faire croire que l’immigration nous est indispensable, à l’heure où la France est, par son immigration même, au bord de l’explosion.

Mais ceci explique peut-être cela !

Maurice Vidal

(1) Raphaël Liogier, Le Mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective, éd. du Seuil. Cf. également Riposte Laïque, n° 297, article de Maurice Vidal.

(2) Rassurons-nous : il y a même des personnes qui prétendent que la guerre est indispensable !

(3) Ne le serait-elle donc pas sur les autres plans ?

(4) La « fin de l’Histoire », écrivait Camus, « n’est pas une valeur d’exemple et de perfectionnement. Elle est un principe d’arbitraire et de terreur » (L’homme révolté, NRF, 1951).

(5) Ces émeutes ont commencé le 27 octobre 2005 et ont pris fin le 17 novembre de la même année.

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