Rapport Obin : Les signes et tenues vestimentaires à l’école

Le Rapport Obin souligne la montée en puissance du phénomène religieux dans les quartiers, notamment chez les jeunes. Le développement des signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les écoles et les établissements scolaires ne semble être que la conséquence, ou plutôt la partie scolairement visible d’une dynamique plus vaste, souvent récente, parfois brutale. Cette partie scolaire n’épargne pas le premier degré, elle touche davantage les collèges que les lycées et concerne en priorité les élèves, en second lieu les familles, et accessoirement des personnels.

Les appartenances religieuses qui se manifestent à l’intérieur des établissements se revendiquent exceptionnellement du christianisme (mais, d’une part il existe des aumôneries dans certains établissements et, d’autre part, un élève sur sept dans le premier degré et un sur cinq dans le second sont scolarisés dans une école ou un établissement privé catholique), parfois du judaïsme (mais il s’agit d’un mouvement de repli face à l’antisémitisme et la communauté juive dispose aussi d’établissements privés) et le plus souvent de la religion musulmane. Aucun soupçon d’une quelconque « islamophobie » ne peut être opposé à ce constat, qui s’explique fort bien par ses composantes objectives bien connues : l’arrivée récente, par l’immigration, des populations musulmanes et la vigueur prosélyte de certains courants religieux.

Les manifestations observées en milieu scolaire, individuelles et le plus souvent collectives, revêtent des formes parfois licites (comme la participation au jeûne rituel ou le refus d’aliments non consacrés, ou encore le marquage vestimentaire des parents), parfois illicites (comme l’absentéisme sélectif, ou le refus ou la contestation d’activités et de contenus d’enseignement), ou au caractère parfois plus difficile à apprécier (comme certaines revendications d’adaptation de la vie scolaire ou des contestations politico-religieuses).

Les manifestations d’appartenance religieuse semblent être, à tous les niveaux du système, la classe, l’établissement, l’académie, l’objet d’une sorte de refoulement, ou de déni généralisé de la part de beaucoup de personnels et de responsables d’établissements. (moralité :  surtout pas de vagues !).

La vie d’un établissement est rarement le simple décalque de celle d’un quartier. Mais on ne peut comprendre les comportements des élèves sans savoir de quoi est faite leur vie familiale et sociale, et sans comprendre que des faits qui peuvent paraître étranges, graves ou intolérables dans l’établissement ne constituent souvent que l’écho de ce qu’ils vivent dans les quartiers. La plupart des habitants n’ont pas le choix d’en partir, et ceux qui l’ont, les jeunes décrochant un diplôme ou un emploi stable, le font en général dès qu’ils le peuvent. En fait, c’est presque toujours la même histoire : celle de l’homogénéisation progressive, et souvent achevée, d’un ancien quartier ouvrier caractérisé il y a peu encore par une certaine diversité des populations, et sa transformation en une « cité ghetto » dont les « Français » et ceux disposant de revenus stables sont progressivement partis pour s’installer dans des zones plus résidentielles. D’autres épisodes se répètent à l’identique : l’arrivée de familles de plus en plus précarisées, le regroupement ethnique sur la base de la cité ou d’un immeuble, et plus récemment l’arrivée d’une grande variété de nouvelles nationalités.

Le départ des commerces « européens » a contribué à faire fuir les dernières familles « françaises » qui le pouvaient. Ne sont restées que les plus précaires, souvent des femmes seules et sans revenus, avec des enfants, le « quart-monde ». Parfois le départ des anciens habitants a été accéléré par des violences bien ciblées quand les menaces et les agressions ont eu raison des derniers responsables des associations qui militaient pour la mixité et l’intégration. La ségrégation sociale, ethnique et religieuse n’a donc été qu’en partie                  « spontanée », c’est-à-dire une conséquence mécanique, non régulée, des évolutions démographiques et économiques. Elle a été le fruit de l’activisme de groupes religieux ou politico-religieux, ainsi que de l’action de certains bailleurs et de certaines municipalités, favorables à une forme de séparation des populations.

Ces politiques se sont appuyées sur un courant de la sociologie favorable au « regroupement » des populations précaires. Ce que des sociologues appellent « l’ethnicisation » de la vie des adolescents, c’est-à-dire leur construction identitaire sur la base d’une origine reconstruite ou idéalisée, et dont nous mesurons les effets destructeurs dans la vie scolaire, ne peut être conçue comme un phénomène isolé ou spontané, mais constitue l’un des fruits de ces évolutions, de ces politiques et de cette idéologie.

Les évolutions religieuses sont une évolution plus brutale que sur le plan social, un « basculement » rapide et récent, l’accomplissement de « l’islamisation » du quartier, impliquant des changements visibles des modes de vie et des comportements personnels, familiaux et sociaux. À l’origine de ce mouvement, de jeunes hommes professant une religion à la fois plus pieuse, moins populaire et plus intellectuelle, souvent diplômés et ayant fait des études supérieures, en France, au Maghreb ou au Moyen-Orient, ceux que des professeurs appellent avec une certaine agressivité « les barbus ». Il n’est pas rare qu’on mentionne d’anciens élèves dont la « conversion » s’est faite au cours d’un séjour en prison et qui bénéficient à ce titre d’une double aura auprès de certains collégiens et lycéens. Des jeunes plus pieux et plus radicaux prennent le pouvoir au sein des associations cultuelles, ou créent leurs associations, bousculant des anciens soupçonnés d’être inféodés aux associations traditionnelles contrôlées par les pouvoirs politiques des pays d’origine.

Ces « barbus » proposent avec succès aux jeunes issus de l’immigration une identité positive et universaliste « musulmane » se substituant aux identités, souvent perçues comme négatives, « immigrées » de leurs parents et « mal intégrées » de leur génération, victimes l’une et l’autre du stigmate raciste. Celui-ci est rebaptisé « islamophobie », arme philosophiquement contestable lorsqu’elle est tournée vers l’enseignement et les professeurs, mais qui a l’avantage de pouvoir « souder » la nouvelle « communauté assiégée ».

Beaucoup de jeunes découvrent la religion en dehors du milieu familial.

La fréquentation des lieux de culte reste largement liée à l’origine nationale. La vague religieuse n’a pas fait disparaître la structuration par pays d’origine, ni les tensions inter-ethniques, toujours présentes, elle y a superposé une autre structuration, qui touche en priorité les hommes les plus jeunes et les plus militants autour d’affiliations plus idéologiques que culturelles. La nature et l’implantation des lieux de culte sont un élément important de la vie du quartier et de celle des élèves.

Peu de professeurs savent qu’une mosquée n’est pas seulement un lieu de culte, mais aussi un lieu d’enseignement comportant des salles de classe. Elle est souvent le siège d’associations culturelles et d’action sociale s’adressant à des publics particuliers (femmes, jeunes, enfants…) tendant à encadrer des aspects essentiels de la vie des élèves en offrant des services comme les loisirs et le soutien scolaire. C’est aussi parfois un centre de propagande et de diffusion de divers matériels : livres, brochures, cassettes audio et vidéo, édités en France ou au Moyen-Orient, que des élèves possèdent et diffusent.

Connaître l’idéologie permet de comprendre le comportement des élèves. Les chefs d’établissement ne savent pas tous discerner entre les courants ou groupes qui animent les lieux de culte fréquentés par les élèves. En conséquence, les personnels se rendent rarement compte que ce qu’ils perçoivent comme un mouvement général et indifférencié de progression du religieux chez les élèves peut être le résultat d’une surenchère entre mouvements rivaux dans une perspective de contrôle des populations et d’un quartier.

Les régressions de la condition féminine. C’est le côté le plus grave, le plus scandaleux et en même temps le plus spectaculaire de l’évolution de certains quartiers avec le recul de la pratique sportive chez les jeunes filles de ces quartiers. Partout le contrôle moral et la surveillance des hommes sur les femmes tendent à se renforcer et à prendre des proportions obsessionnelles. D’où ces femmes entièrement couvertes de noir, y compris les mains et les yeux, accompagnées d’un homme, souvent jeune, parfois un pliant à la main pour qu’elles n’aient pas à s’asseoir sur un endroit impur, que plus personne ne semble remarquer tant elles font partie du paysage, et dont personne ne semble s’offusquer de la condition pour comprendre la régression.

Alors que l’on observe de plus en plus souvent des fillettes voilées, les adolescentes font l’objet d’une surveillance rigoureuse, exercée davantage par les garçons que par les parents. À côté des fréquentations et des comportements, le vêtement est l’objet de prescriptions rigoureuses : comme le maquillage, la jupe et la robe sont interdites, le pantalon est sombre, ample, style jogging, la tunique doit descendre suffisamment bas pour masquer toute rondeur. Partout la mixité est dénoncée, pourchassée et les lieux mixtes comme les cinémas, les centres sociaux et les équipements sportifs sont interdits. Les violences à l’encontre des filles sont commises de plus en plus ouvertement au nom de la religion. L’ordre moral imposé aux filles explique la recrudescence des mariages traditionnels, forcés ou arrangés, dès 14 ou 15 ans.

Dès l’école primaire les tensions avec des parents deviennent plus fréquentes avec des refus de la mixité. Les cas de fillettes voilées semblent se développer, de même que l’observance du jeûne (dès le cours préparatoire) et le refus de la viande non consacrée à la cantine. Les activités corporelles et artistiques sont particulièrement visées : refus de chanter, de jouer d’un instrument, de danser, de dessiner un visage.

Des tensions ou des conflits avec les parents concernent la tenue vestimentaire « religieuse » des mamans. Certains instituteurs semblent considérer que le principe de laïcité vaut pour le territoire de l’école, et voient d’un mauvais œil l’arrivée de mères voilées dans la cour ou au conseil d’école. Le conflit s’envenime dans le cas, de plus en plus fréquent, où la personne voilée n’est plus du tout identifiable.

On a vu un père refuser que sa fillette soit laissée dans la classe d’un instituteur (homme) remplaçant l’institutrice. L’obsession de la pureté est sans limite : à ces élèves d’une école primaire qui avaient institué l’usage exclusif des deux robinets des toilettes, l’un réservé aux musulmans, l’autre aux Français, répond la demande d’un responsable du culte musulman d’instituer des vestiaires séparés dans les salles de sport, car selon lui « un circoncis ne peut se déshabiller à côté d’un impur. »

Les signes et tenues vestimentaires. Les cas les plus nombreux concernent des élèves souhaitant affirmer leur appartenance à la religion musulmane la plupart du temps de la part d’élèves filles, mais parfois aussi de garçons s’étant présentés aux portes de l’établissement en tenue dite « islamique » ou encore « afghane ». Pour les filles, la marque d’appartenance ne se borne pas au « foulard » ou au « voile », mais peut aller jusqu’à la tenue islamique complète : la burka. Le contrôle du corps et du vêtement des filles est devenu, pour certains groupes religieux, un élément central de « l’ordre moral » qui doit régner dans les quartiers.

Avec Éric Zemmour : Nous devons reprendre le contrôle de notre pays !

Source : Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires Rapport présenté par Jean-Pierre Obin Juin 2004

Thierry Michaud-Nérard

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6 Commentaires

  1. Je ne comprends pas ce problème !
    Il suffit d’exiger à l’école une tenue correcte, sans attributs religieux. Dire aux musulmans qu’ici on est en France et que les écoles ont un règlement concernant la tenue vestimentaire. Point !
    Avec le risque d’être expulsé des cours.

  2. Dans tous les pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine, en Russie, en Grande Bretagne les élèves portent un uniforme! Il n’y a que dans les pays européens où l’uniforme est interdit!

  3. Un bijou, petite main de fatma, autour du cou suffirait amplement pour vivre sa foi au long de la journée mais ce n’est pas du tout conquérant donc voilà!

    • Exactement… beaucoup portent une croix en pendentif ou une médaille… ça ne fait de mal à personne et pas de prosélytisme.
      Sinon, à ce compte là, on verrait se multiplier les boubous, paréos tahitiens, burkas avec grillage… c’est coloré mais pas acceptable… Tout comme les jeans troués, t-shirts degringolant des épaules…shorts..!tenue correcte c’est tout ! Faut arrêter de nous bassiner avec ce problème facile à régler simplement !

  4. chut ! le suicide des français par leurs zélites doit se poursuivre dans la plus grande discrétion

  5. La « conquête » islamique par l’intimidation bat son plein à l’éducation nationale et le personnel enseignant, profs, chefs d’établissement, inspecteurs et recteurs, ne bouge pas le petit doigt pour faire cesser ce prosélytisme intolérable, non seulement ils n’essaient pas de juguler le phénomène avant qu’il ne prenne une ampleur mortifère, mais ils ne sont même pas foutus de se mettre en grève pour contraindre leur hiérarchie et les autorités compétentes à prendre les mesures d’urgence qui s’imposent. Il ne peut s’agir que de complicité pour certains d’entre eux et de lâcheté pour les autres. Ces gens-là ne comprennent que la force, tous les spécialistes le savent et parfois le disent, alors ils profitent à fond de la faiblesse de l’état français à leur égard depuis des lustres. Basta, la coupe est pleine !!!

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