RATP : ce que révèle le refus de quelques musulmans de serrer la main des femmes

Le 27/05 dernier, sur BFMbusiness, Paul PENY, DRH du groupe RATP, était invité pour faire la promotion du guide patrique de la neutralité et la laïcité dans l’entreprise sensé stopper la montée du communautarisme religieux au travail. A cette occasion, la RATP se dit intransigeante sur la non-discrimination, le respect de la diversité et  l’égalité homme/femme. Avec quelques rappels basiques tel que l’interdiction de faire la prière ou du prosélytisme, ce guide mentionne que rien n’oblige un homme à serrer la main à une femme, y compris pour raison religieuse, au prétexte que « l’entreprise ne peut codifier les marques de salut ».

Faut-il rappeller que dans l’entreprise, jusqu’à l’arrivée de nos collègues barbus (signe ostentatoire), la poignée de main fraternelle était de coutume pour tous les machinistes. Elle l’est toujours pour les hommes mais plus pour les femmes. De fait, sans prendre en compte les dérives de rejet et d’exclusion que cela entraine et la souffrance que cela génère pour les femmes, la direction de la RATP, en totale contradiction avec ses annonces sur la non-discrimination, le respect de l’égalité homme/femme et la laïcité,  laisse l’islam se charger de modifier et « codifier » les marques de salut.

La femme, symbole négatif en islam, tentatrice ou impure ou les deux à la fois, ne PEUT pas, ne DOIT pas être saluée comme les hommes par les « bons » musulmans :

« Il n’est pas permis à un homme qui croit en Allah et à Son messager de mettre sa main dans celle d’une femme qui ne lui appartient pas et qui ne soit pas une de ses proches parentes. Quiconque le fait commet une injustice contre lui-même D’après Maaqal ibn Yassar, le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « que l’on enfonce une aiguille en fer dans la tête de l’un d’entre vous vaut mieux pour lui que de toucher une femme qui n’est pas la sienne… » (Rapporté par at-Tabarani, dans al-Kabir, 486).

Ainsi la direction générale de la RATP, incapable de gérer ses agents intégristes musulmans et à défaut  de faire appliquer la LAICITE entièrement, s’en remet à la loi islamique (plus connue sous le nom de « charia ») et laisse, dans la souffrance, ses agents féminins (ultra minoritaires) qui refusent, en toute légitimité, de se soumettre à ces pratiques religieuses moyenâgeuses et qui, se faisant, exposent leurs intégrités physique et mentale.

Certes, me direz-vous, tous les musulmans ne sont pas intégristes et de ce fait la direction de la RATP en a déduit que « les faits communautaires existent mais  sont circonscrits et non structurés » sans prendre en compte « les droits du musulman envers son coreligionnaire » inclus dans la charia qui stipulent (entre autre) que : « Les croyants sont des frères et constituent une communauté solidaire telle des constructions qui se soutiennent mutuellement. Ils s’aiment et nourrissent de la sympathie les uns pour les autres en vue de sauvegarder leur cohésion. Dans le cadre de cette fraternité, Allah a prescrit des droits au musulman au profit de ses coreligionnaires. Parmi ces droits figurent l’amour, le conseil, la dissipation de ses soucis, la dissimulation de ses faux pas, son soutien dans la vérité,  bien traiter ses hôtes  et le respect de son voisinage». (Rapporté par Mouslim, 2625).

Lorsque le syndicat SUD Nanterre RATP,  à forte majorité musulmane, fait circuler une pétition pour laver « l’honneur » de NASSER ADJAL (qui nous attaque pour diffamation, Riposte laïque et moi-même, alors qu’il n’est ni cité ni visé dans la vidéo de Guy sauvage)  celle-ci a, en réalité, pour but de soutenir leurs coreligionnaires qui sont dans « la vérité » et envers qui ils ont des « devoirs » comme stipulé dans « les droits du musulman ».

La RATP, consciente d’un rapport de force qui ne lui est pas favorable, se détourne des valeurs de la République, abandonne ses agents féminins et laisse s’appliquer la charia dans l’indifférence (presque) générale.

Pendant que la RATP s’en remet à la charia, la  ville de Bruxelles a, quant à elle, licencié un fonctionnaire musulman extrémiste parce qu’il refusait de serrer la main à ses collègues féminins. Ils ont mis en avant le « devoir » de neutralité au travail et la « civilité entre les employés ». A noter que le directeur-adjoint du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme estime que « la Ville de Bruxelles a pris la bonne décision ».

Ghislaine Dumesnil

 

 

 

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