RATP : un statut spécial exceptionnel

Les salariés de la RATP sont les plus déterminés à une grève illimitée afin de conserver leurs acquis, et on peut les comprendre car leurs acquis battent tous les records au sein des grandes entreprises publiques.

Les deux autres imposantes entreprises que sont la SNCF et d’EDF, pourtant longtemps richement dotés, sont bien moins remplies que les coffres de la RATP, dont le régime n’est plus « spécial », mais bien davantage dans la catégorie des régimes « très spéciaux ».

C’est d’ailleurs ce que démontre l’iFRAP dans ses études successives depuis plus de 20 ans.

L’iFRAP est une fondation privée, créée en 1985, pour étudier les administrations et les politiques publiques.

Elle surveille de près, et depuis longtemps, cette entreprise très discrète, au point même que son administration a adopté une « monnaie » particulière pour calculer les salaires, les primes, les avantages et les retraites, grâce à laquelle il est difficile de comprendre si l’on n’est pas un « économiste distingué ».

L’iFRAP avait déjà publié, en septembre 2000, un dossier explosif intitulé « RATP : vive l’État-providence ! » qui avait beaucoup interpellé  à l’époque.

Dossier dans lequel étaient dénoncés les « gaspillages » de l’entreprise publique et les avantages dont bénéficiaient ses agents : « moins de 30 heures de travail par semaine, des salaires 20 % plus élevés que dans le privé, des retraites à 53,5 ans et deux fois plus élevées que dans le privé »

En octobre 2005, c’est Bernard Zimmern, président fondateur de l’iFRAP en personne qui prenait la plume pour constater que ces privilèges s’étaient encore accrus au détriment des comptes de l’entreprise et en avait tenu informer Jacques Chirac, président de la République et Jean-Pierre Raffarin, son Premier ministre.

« Les dépenses annuelles de la RATP s’élevaient alors à 4,3 milliards d’euros, dont 2,2 pour le personnel, face à 1,5 milliard seulement de recettes de trafic. Le différentiel étant comblé par les contributions des entreprises et des subventions publiques massives.

Les salariés avaient obtenu, dès 2003, que l’âge de la retraite soit ramené à 50 ans pour les « roulants » à condition qu’ils totalisent 25 ans de service, ce qui leur permettait de bénéficier d’un bonus de 5 années supplémentaires d’ancienneté.

À cela s’ajoutent plusieurs types de bonifications, d’abord pour « raisons familiales » : une augmentation de la retraite de 10 % pour trois enfants, 15 % pour quatre et 20 % pour cinq enfants. Ensuite, des bonifications « d’activité » : 1 année de bonus pour 5 ans d’ancienneté, 2 années pour 10 ans, et jusqu’à 5 années, donc, pour 25 ans de service. »

Bernard Zimmern précisait, dans ce même rapport, que les syndicats avaient également obtenu un privilège exceptionnel : 4 mois de « repos obligatoire » chaque année (121 jours exactement) pour tous les agents, quelle que soit leur fonction, secrétaires, femmes de ménage, comptables, informaticiens ou conducteurs de rames.

Les agents travaillant la nuit bénéficiaient de 8 jours supplémentaires, et ceux qui souhaitaient travailler pendant ces 4 mois de repos obligatoire le pouvaient sous certaines conditions et étaient alors payés à un tarif très majoré puisqu’il s’agissait d’une période de vacances.

En 2011, une nouvelle étude de l’iFRAP analysait un audit interne non publié et donc resté secret (comme le sera un an plus tard le rapport Perruchot sur le financement des syndicats) réalisé par l’Inspection générale de la RATP.

Cet audit révélait que l’entreprise « achetait » la paix sociale grâce à des  subventions accordées aux organes représentatifs : attribution de chèques syndicaux extrêmement généreux.

La seule subvention officielle de fonctionnement du comité d’entreprise était alors de 113 euros par salarié, deux fois plus qu’à la SNCF.

21 décembre 2017 : dernière étude de la fondation iFRAP : il s’agissait d’une étude comparative directe entre les régimes spéciaux de retraite de la SNCF et de la RATP.

« Le constat général de ce comparatif inédit était sans appel : la subvention d’équilibre (l’intervention financière de l’État pour équilibrer les comptes) prévue pour l’année 2018 était de 12 856 euros pour chaque retraité de la SNCF tandis qu’elle était de 14 551 euros pour la RATP.

Au total, il s’agissait de 3,3 milliards pour la SNCF (264 314 bénéficiaires) et de 709 millions pour la RATP (49 601 bénéficiaires).

Mais ce n’est pas tout. Dans leurs négociations permanentes, les syndicalistes de la RATP utilisent toujours le même argument, celui de la « pénibilité ». Or, l’iFRAP constate que la durée moyenne des pensions de retraite à la RATP s’établit à 40,63 années face à une durée d’activité moyenne qui n’est que de 34,82 années.

La fondation ne peut que constater que « cette pénibilité n’est pas synonyme de surmortalité ». 34,82 ans d’activité, s’agissant d’une moyenne, cela veut dire aussi que si la moitié du personnel a travaillé pendant 40 ans, l’autre moitié s’est contentée de 29 ans.

Enfin, si les employés de la RATP étaient déjà à moins de 30 heures de travail par semaine en 2000, où en sont-ils actuellement ? C’est une question à laquelle il n’est pas facile de répondre  pour le moment.

Si le chef de l’État et le Premier ministre parviennent  à franchir l’obstacle de la suppression du statut des cheminots pour les nouveaux entrants, sans compter tous les autres statuts, cela ne suffira pas pour qu’ils puissent tenir leur promesse électorale : « 1 euro de cotisation doit rapporter les mêmes droits pour tous. »

Mais ils peuvent toujours rêver mais, en consultant  le listing incompréhensible  des « primes, indemnités, allocations et gratifications » de la RATP, c’est d’un véritable cauchemar qu’il s’agit !

Manuel Gomez

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14 Commentaires

  1. Pauvre con de journaliste, 121 jours de repos c’est 52 fois 2 jours comme tout le monde plus 17 jours de Rtt, sauf que ces 2 jours de repos par semaine c’est rarement le week-end, et les 5 ans de bonification c’est fini depuis le 1er janvier 2009, pour ne citer que ces inepties.

  2. Et vous ne pourriez pas imaginer la mentalité de ces gens là. J’ai eu la malchance de croiser un de ces types, un ratépiste : (« compagnon » d’une de mes nièces qu’elle a quitté depuis, ce connard) un bonhomme infect, ignoble, abject. je ne sais pas s’ils sont tous comme ça, mais c’est inimaginable. Tout leur est dû, ils se considèrent au dessus du lot, en résumé, vous n’êtes tous que des sous-merdes. Non, vous n’imaginez pas à qui vous avez à faire, j’aurais de quoi écrire un livre

  3. Le document joint est édifiant ! Comparable à celui de la SNCF, sauf qu’il n’y a pas de « prime de charbon »…
    Creuset de l’islam dans ses employés ! RATP, comme son nom l’indique clairement !
    Sabotages le moment venu ?
    Il faut l’automatiser au plus vite, comme les lignes 1 et 14, qui marchent seules… en préservant les arrières techniques !
    SNCF et RATP sont les deux…. Poubelles de la France

  4. Il y a beaucoup de gens à la RATP qui se contre foutent totalement de Noël si vous voyez ce que je veux dire.

  5. Bonjour je ne connais pas la RATP par contre je peux vous dire que à la SNCF il n’y à pa ce genre de privilège….. Arretez de dire n’importe quoi et mettre tout le monde dans le même sac. A part les 8 voyage gratuits par an …..peut être que les dirigeants ont des privilèges que ne connaissaient pas la grande majorité des cheminots….. J’ai toujours payé mon loyer et pas donné pour autant même qu’il s’agissait d’un logement geré à 50 % par la SNCF (900 euro loyer et charges) et pour ce qui concerne les voyages…. il n’a plus de trains que sur les grande lignes…je prends ma voiture et parfois Easy Jet qui coûte pas cher en choisissant les jours….Et pour la retraite les primes et autres annexes ne sont pas calculés donc il y à un écart important à la fin…..

  6. les régimes spéciaux financés par les intéressés, tout le monde est pour
    financés par le contribuable, c’est autre chose
    j’ai souscrit à une retraite complémentaire, (200€ par trimestre) mais c’est sur mon salaire que je l’ai capitalisé!

    • C’est ce que je pense aussi. Ils veulent conserver leurs régimes spéciaux, soit. Mais dans ce cas, cela doit être des caisses autonomes indépendantes et non renflouées annuellement par le régime général.

  7. S’il n’y avait que la RATP !!
    Tous les emplois dépendant de la maire de Paris ont des avantages tellement considérables que 600 caractères ne suffiraient pas à les citer (60 jours de vacances + RTT, horaires aménagés, logements réservés, CE pléthoriques, régimes de retraites favorisés, et aussi en général une bonne paye, surtout pour le boulot qu’ils font.. pas étonnant que les finances d’hidalmogolito s’effondrent.
    J’en sais quelque chose, car à l’époque j’envisageais un « service détaché » à la ville de Paris : belle maison gratos à Saint-Germain-en-Laye (avec possibilité de refaire l’intérieur), eau gaz elec chauffage gratos, 60 jours vacances + 10 rtt +vacances gratos.. Je parle même pas du salaire,ça serait limite indécent, et c’était en 2005.

  8. merci pour l’info sur les centaines de primes à la RATP ! Cette régie recrute d’ailleurs sur DISCRIMINATION raciale avérée : pas d’égalité républicaine à la RATP, du favoritisme pour les franco-africain ou franco-nord africain ! c’est un contravention au principe d’égalité et d’accès au mérite dans les postes publics. Art. 6 DDHC 1789
    « Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. » La RATP n’est pas une entreprise, une régie républicaine ! C’est une entreprise onusienne, coloniale qui brime les francilien, et exclus de son recrutement les citoyens autochtones. Une entreprise RACISTE, à dissoudre, comme FranceTV (Ernotte-linotte)

  9. merci pour votre article sur ces avantages et privilèges que la RATP et la SNCF se gardent en secret, face à nous qui travaillons dans le privé pour une misère et beaucoup d’années à travailler pour une misère, et eux, se plaignent, mais ne parlent jamais de nous, c’est scandaleux, je suis choquée par tout ces avantages, il n’y a pas de justice ni d’égalité de traitements, c’est grave, nous devrions arrêté de les financer car c’est avec notre argent qu’ils ont des avantages car la différence entre les recettes et le montant des salaires distribués est plus haut que les recettes, une entreprise dans le privée serait en faillite car pas de subventions public, donc c’est à dire notre argent qui vient combler la différence, c’est cet argent là volé par eux qu’il faut redonner aux français du p

    • Le système nous empêche de faire quoi que ce soit pour arrêter cette gabegie des finances publiques en faveur des « nantis du public ». Quand on voit comment ceux qui soit disant veulent faire cesser ces injustices se mettent à genoux devant eux ça fait mal au cœur. Même si la réforme des retraites passait elle continuerait encore plus qu’avant à faire de l’Etat et du Public une honte pour ceux du Privé. Le changement dans la continuité.

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