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Réchauffement : 700 scientifiques français alarment dans Libération

« Seuls des changements immédiats et des engagements à court terme, dans le cadre d’objectifs clairs et ambitieux à horizon 2030, peuvent nous permettre de relever le défi climatique ».

À les écouter et à les croire, l’alarme est récente. Mais depuis des siècles et des siècles, du temps de Cro-Magnon, le climat a toujours été la préoccupation des hommes. Les catastrophes sont bien connues et les victimes s’adressaient à leurs dieux car Nature et Divinité ne formaient qu’une seule entité. De nos jours, on est plus moderne, on s’adresse à Libération !

De nombreux témoignages au cours de l’Histoire sont là pour montrer que cette alarme était régulière et que les conséquences étaient terribles.

Ulf Buentgen, de l’Institut de Recherche Fédérale Suisse pour la recherche sur les forêts, la neige et les paysages, et principal auteur d’une étude :

« Des étés chauds et humides ont eu lieu pendant les périodes de prospérité romaine et médiévale. L’augmentation des variations climatiques entre 250 et 600 apr. J.-C. coïncide avec la chute de l’Empire romain et la tourmente de la période de migration. »

« Les différentes périodes de sécheresse au 3e siècle coïncident avec une période de crise grave lors de l’Empire romain marqué par l’invasion barbare, la tourmente politique et la dislocation économique dans plusieurs provinces de Gaule », poursuit l’étude.

Ce qui entraîna l’invasion des Barbares, populations chassées de leur région par les variations climatiques.

L’an mil fut très chaud et les mémoires semblent l’oublier. Et pourtant, si nous appelons ainsi le Groenland, c’est qu’il fut la Terre verte, donc dénuée de glaciers.

Pendant longtemps, depuis la fin des grands âges glaciaires – disons depuis une dizaine de milliers d’années – les périodes douces ont alterné avec les périodes fraîches, les optima climatiques ont succédé à des petits âges glaciaires (PAG) et vice versa. Entre ces deux types de périodes, l’écart pouvait n’être que de 0,5 à 0,7 °C (ou davantage ou moins : 0,3 ou 0,4 °C) dans les moyennes multidécennales et séculaires. Pour en rester à des époques moins lointaines, on notera l’optimum climatique de l’âge du bronze entre 1500 et 1000 av. J.-C. A-t-il favorisé les cultivateurs clairsemés de cette époque ? On est bien incapable de trancher sur ce point. Il y a ensuite (après un petit âge glaciaire ad hoc dans l’entre-deux) un optimum climatique d’époque romaine, de 200 av. J.-C. à 200 après, couvrant les temps glorieux de la République et de l’Empire.

Un extrait du Popular Mechanics, célèbre magazine américain de l’époque, qui détaille la production de charbon de 1911.

« Les chaudières du monde brûlent 2 milliards de tonnes par an. Quand le charbon est brûlé et mélangé à l’oxygène, il ajoute du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ce qui pousse à rendre l’air étouffant et à augmenter les températures. Les effets pourraient être considérables dans quelques siècles. »

Caltecor 5127, un poème écologiste publié en 1978, époque où le climat intéressait peu de Français et surtout pas les autorités, lançait un avertissement sur ce que serait la planète en 2030. Car la politique était tournée vers la croissance et la création de richesses.

À la fin du seizième siècle, un Français, Agrippa d’Aubigné, poussait aussi un cri d’alarme.

Il sert de préface à Caltecor 5127 :

Ces hommes déréglés

Pour un aveugle feu moururent aveuglés ;

Contre eux s’émut la terre encore non émue,

Sitôt qu’elle eût appris sa leçon en la rue :

Elle fondit en soi et cracha en un lieu

Pour marquer à jamais la vengeance de Dieu,

Un lac de son bourbier ; là mit à la même heure,

La mer par ses conduits ce qu’elle avait d’ordure,

Et, pour faire sentir la même ire de l’air,

Les oiseaux tombent morts quand ils pensent voler

Sur ces noires vapeurs, dont l’épaisse fumée

Montre l’ire céleste encore allumée.

Venez, célestes feux, courez feux éternels,

Volez ; ceux de Sodome oncques ne furent tels

Pour condamner le mal du siècle qui les passe

D’un siècle plus infect…

Terre qui sur ton dos porte à peine nos peines,

Change en cendre et en os tant de fertiles plaines,

En bourbe, nos gazons, en charogne nos fleurs.

Déluges, retournez, vous pourrez par votre onde

Noyer, non pas laver les ordures du monde !

Agrippa d’Aubigné – Les Tragiques, 1577-1616

 

Extraits de Caltecor 5127 :

Vision II –  2

Au milieu des prairies où frémissaient des fleurs,

Le béton a coulé, des murs se sont bâtis.

Sous un ombrage vert où suintaient les pleurs

D’un limpide ruisseau s’est creusé un égout.

Du fond de la vallée, jadis abandonnée,

Le berger et son chien se sauvent de dégoût

Devant le crachin gris qu’année après année

Jettent les cheminées d’une usine chimique.

La fine cendre ensevelit la feuille et l’herbe,

Détruit plus sûrement qu’une bombe atomique,

Transforme la montagne en territoire imberbe.

Vision IV – 2

Par une nuit d’été, l’enfer se déchaîna.

L’Australie explosa. Du Pérou au Ghana,

Montagnes et plateaux d’un vigoureux effort,

Agitèrent leurs flancs comme des sémaphores

Dont les bras sont rompus. Des contreforts d’ardoise,

Tordus par la fureur de l’attaque sournoise,

Soudain privés d’appui, s’écroulaient pêle-mêle.

Le ciel vira au noir. La plaine, de lamelles

Se couvrit. Les rochers, les bois et les torrents,

Comme lave enragée, spectacles effarants,

Noyèrent champs, prairies, autoroutes, villages…

Les violentes trémeurs rompirent les barrages.

Ce ne fut très vite qu’un océan de boue.

 

Cet appel est insignifiant et surtout inutile car il s’adresse à ceux qui ne peuvent pas grand-chose. Chaque individu peut participer à l’effort de limiter son émission de carbone et de faire le tri dans ses déchets. Un jeune du nom de Maxime Lelong, un peu plus utopiste que les autres, vient d’inviter les Français à se mobiliser contre le changement climatique par des « Marches pour le climat ». Quelques dizaines de personnes défilèrent dans les rues en chantant des slogans souvent dépassés.

Pendant ce temps, à Saint-Tropez, le propriétaire milliardaire d’un yacht de 60 millions d’euros remplissait son réservoir pour 25 000 euros de carburant afin d’emmener ses amis et ses courtisanes faire un tour en Méditerranée.

Et de l’autre côté de la planète, aux États-Unis, un DiCaprio et un Bill Gates avec leur mode de vie professionnel et privé émettaient autant de CO2 en un an que 60 000 paysans du Bangladesh. La communauté des écologistes va demander à ces misérable de se serrer la ceinture. Le 1 % de la population riche et puissant produit près de 90 % de la pollution. Ils ne se battent pas pour LA planète mais pour LEUR planète, leur type de consommation et de confort qu’ils veulent à tout prix maintenir en pressurant les pauvres.

Ségolène Royal elle-même n’est pas exempte de reproches : ses voyages, ses rencontres professionnelles et ses activités privées font qu’elle émet autant de CO2 que 15 000 paysans d’Afrique.

Nous nous retrouvons dans la situation dans laquelle nous a fourrés Macron : certains doivent payer pour les autres. Pour redresser le budget, Macron tape sur les vieux, les retraités qu’il « essore, d’après Marianne ». Il vise les pauvres, les « bons à rien » et privilège les « riches », ceux qui sont les premiers de cordée et sont les moteurs de l’économie.

Les écologistes font de même : ils accusent la masse populaire de ne pas faire assez pour sauver la planète, alors qu’ils ne soufflent mot des guignols milliardaires ou millionnaires qui s’alignent pour la photo officielle de la COP21.

La réaction ne peut pas être populaire car l’exemple ne vient pas d’en haut, Macron étant le dernier à penser ralentir son utilisation d’électricité à l’Élysée ou pour l’eau de sa nouvelle piscine.

Les Américains consomment en moyenne plus de 900 litres d’eau par jour (personnelle et industrielle) tandis qu’en Afrique, dans certaines régions, c’est moins de trois litres par jour. Qui peut économiser ?

Nous perdons notre temps si l’élan ne vient pas de TOUS et surtout de ceux qui peuvent marquer les esprits et encourager par leurs efforts la grande majorité des hommes et femmes sur terre. On en est loin, comme dans les temps anciens, et comme pour les Romains, tous ensemble nous disparaîtrons !

André Girod