Recrudescence des attentats islamistes dans le monde

Pendant qu’en France, nous sommes en train de débattre au travers de la mission parlementaire sur le port de la burqa, les attentats islamistes s’intensifient en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et dans d’autres régions du monde.
Les islamistes continuent de façon régulière à frapper des victimes innocentes dans les zones ou ils ont de l’influence de manière à montrer aux pays occidentaux qu’ils n’ont nullement renoncé à islamiser par la terreur le monde entier.
Les pays visés actuellement sont l’Afghanistan et le Pakistan où la présence militaire occidentale est la plus importante et où les enjeux sont devenus cruciaux pour les sbires d’Al Qaida.

Le conflit afghan

Après la première guerre d’Afghanistan et le retrait de l’Armée rouge en 1989, les moudjahiddin afghans parvinrent à renverser le régime communiste en 1992. Cependant, le partage du pouvoir entre les différents seigneurs de guerre victorieux s’avéra impossible dans la durée. Une violente guerre civile, causée par les différences ethniques, le contrôle des différentes provinces, éclata alors entre les différentes factions. A l’origine (fin 1994), les talibans s’inscrivent dans ce schéma. Cependant, soutenus par les services secrets pakistanais et issus de l’ethnie pachtoune majoritaire d’Afghanistan, ils s’imposent en moins de deux ans dans le sud du pays, dominé par les Pachtounes.
Face à ses progrès, les moudjahiddin non taliban renforcés de quelques autres groupes avaient créé une coalition connue sous le nom d’Alliance du Nord, laquelle ne contrôlait plus en 2001 que la partie nord du pays.
A cette époque, le gouvernement taliban est le gouvernement de facto du pays bien que reconnu seulement par le Pakistan, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis et mit à l’index par l’ONU.
En janvier 1998, les talibans ont signé un accord sur la construction d’un gazoduc traversant leur pays avec le consortium CentGas menée par la compagnie américaine Unocal mais la situation politique a fait que cette dernière abandonne le projet. Le 21 août 1998, au lendemain de l’opération Infinite Reach de représailles après les attentats des ambassades américaines en Afrique l’’actuel président d’Afghanistan mis en place par les Américains Hamid Karzaï était, à l’époque, consultant pour cette compagnie.
De son côté, l’Alliance du Nord, qui comprend le gouvernement officiellement reconnu par l’ONU, éprouve de grandes difficultés. Militairement, ses forces sont inférieures et elle est divisée entre différentes ethnies, Ouzbeks et Tadjiks notamment. Les liens entre alliés sont donc relativement faibles. Le 9 septembre 2001, le chef de l’Alliance, Ahmad Shah Massoud, est assassiné (vraisemblablement par des agents d’Al-Qaida) lors d’un attentat-suicide, affaiblissant encore plus l’Alliance.
La situation change avec les attentats du 11 septembre 2001. En effet, dès le 14 septembre, les États-Unis et le Royaume-Uni désignent ouvertement Oussama Ben Laden comme responsable. Ils préviennent les Talibans que leur soutien à Oussama Ben Laden aura des « conséquences » et demande son extradition.
La seconde guerre d ‘Afghanistan de l’histoire contemporaine oppose d’abord, en octobre et novembre 2001, les États-Unis, avec la contribution militaire de l’Alliance du Nord et d’autres nations occidentales (Royaume-Uni, France, Canada…), au régime taliban. Cette guerre s’inscrit dans la « guerre contre le terrorisme » déclarée par l’administration Bush suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. Le but de l’invasion était de capturer Oussama Ben Laden, détruire l’organisation Al Qaïda qui possédait des bases dans le pays avec la bénédiction des Talibans, et renverser ces derniers.

Oussama ben Laden n’a pas été retrouvé et cette guerre contre les talibans, malgré qu’ils aient été renversés à la fin de l’année 2001, ceux-ci continuent à harceler les forces militaires occidentales en perpétrant des attaques suicides indifféremment contre les militaires, les civils et les bâtiments officiels du régime actuel.
Les dernières élections organisées en Afghanistan le 28 août 2009 ont été entachées d’irrégularités et ne servent nullement le régime en place, fragilisé par cette farce démocratique, qui malheureusement donne aux islamistes des raisons d’intensifier leur lutte contre l’occupant et son allié illégitime représenté par Hamid Karzaï, dont la politique dans son propre pays ne cesse d’inquiéter les occidentaux.
L’élection d’ Obama à la Présidence des Etats Unis devait redéfinir une nouvelle stratégie des relations internationales dans cette région.
Devant la recrudescence des attaques suicides des talibans, l’administration américaine, qui a décidé de se retirer du bourbier irakien, a redéployé des forces militaires sur le terrain afghan, de manière à contenir les tentatives de déstabilisation du régime afghan dont les bases démocratique semblent des plus controversées aujourd’hui.
En effet, il semblerait que l’on s’oriente près de deux mois après l’élection présidentielle du mois d’Août 2009 à un deuxième tour, nouvelle source d’inquiétude pour la coalition occidentale présente sur place.
Malgré ce climat d’incertitude politique propice à toutes spéculations sur le réel pouvoir qui règne à Kaboul, les américains ont décidé de renforcer le contingent de soldats de 45 000 hommes à 65 000 hommes d’ici la fin de l’année 2009.
Pendant ce temps là, les talibans accentuent leurs pressions pour reprendre le pouvoir à Kaboul et par la même au travers des zones tribales déstabiliser le Pakistan où ils y ont des alliés dont les objectifs sont similaires, pour contrôler cette région du monde, qui leur permettrait de relancer le djihad contre les ennemies de l’islam.
La liste des attentats perpétrés par ces fanatiques est impressionnante et devrait alerter les occidentaux que le djihad reste un objectif prioritaire de ces fous d’Allah que rien ne fera reculer, si nous ne prenons pas des mesures à la hauteur de ces actes terroristes criminels.
• 2 février 2009, Afghanistan : Attentat-suicide dans un centre de formation de la police du sud du pays. Au moins 21 policiers sont tués [.
• 5 février 2009, Irak : Attentat-suicide à Khanaqine, à 170 km au nord de Bagdad, dans la province de Diyala ; entre 12 [57] et 15 morts [58].
• 5 février 2009, Pakistan : Un attentat-suicide à Dera Ghazi Khan fait au moins 24 morts (33 selon l’AFP)
• 9 février 2009, Sri Lanka : Attentat-suicide dans un camp de réfugiés dans le nord de l’île, 28 morts.
• 13 février 2009, Algérie : Double attentat à Foum-el-Metlag, près de la frontière tunisienne, 7 morts.
• 22 février 2009, Égypte : Un engin artisanal posé sous un banc explose dans le quartier du vieux Caire tuant une Française et faisant 22 blessés.
• 3 mars 2009, Pakistan : Attaque à Lahore de l’équipe de cricket du Sri Lanka, 8 morts (6 policiers et 2 civils).
• 7 mars 2009, Algérie : Un kamikaze se fait exploser devant le siège de la garde communale à Tadmaït, une localité située à 15 km de la ville de Tizi Ouzou. Un garde communal, une femme âgée et le kamikaze sont tués.
• 7 mars 2009, Irlande du Nord : Une fusillade dans une caserne de l’armée britannique à Masserene, revendiquée par l’IRA véritable, tue 2 soldats et blesse 4 autres personnes.
• 27 mars 2009, Pakistan : Un attentat-suicide dans une mosquée située dans une zone tribale du Nord-Ouest du pays tue 50 personnes.
• 30 mars 2009, Pakistan : 12 morts lors de l’attaque d’une école de police à Lahore.
• 1er avril 2009, Afghanistan : Onze personnes ont été tuées dans une attaque suicide contre l’immeuble abritant l’assemblée provinciale au centre de la ville de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, rapporte le Ministère de l’Intérieur.
• 4 avril 2009, Pakistan : Un kamikaze tue 6 membres des forces de sécurité en se faisant explosé l’intérieur d’une base abritant des membres de forces paramilitaires au cœur d’Islamabad, la capitale pakistanaise, selon les autorités.
• 5 avril 2009, Pakistan : Un kamikaze se fait exploser dans une mosquée chiite au sud d’Islamabad, la capitale pakistanaise, faisant 22 morts et plusieurs dizaines de blessés, selon les autorités.
• 20 mai 2009, Algérie : Cinq gendarmes algériens meurent dans une embuscade.
• 22 mai 2009, Pakistan : Une voiture piégée fait sept morts à Peshawar.
• 23 mai 2009, Népal : Une bombe explose en faisant deux morts et quinze blessés à Katmandou[65].
• 25 mai 2009, Algérie : Huit militaires algériens meurent dans une embuscade
• 26 mai 2009, Afghanistan : Une bombe fait six morts, dont trois civils, près de Bagram
• 26 mai 2009, Ouzbékistan : Un attentat suicide tue un policier à Andijan.
• 27 mai 2009, Pakistan : Un attentat suicide à la voiture piégée fait 24 morts à Lahore, revendiqué par les Taliban.
• 21 juin 2009 : Irak: attentat-suicide à Taza, région turcomane, près de Kirkouk. 72 morts et plus de 200 blessés. Attentat le plus meurtrier depuis 18 mois.
• 17 juillet 2009 : Indonésie : 3 attentats (deux contre des hôtels, un contre un péage d’autoroute) font 9 morts et une dizaine de blessés
• 26 juillet 2009 : Tchétchénie : attentat-suicide devant une salle de concert de Grozny tue cinq policiers ainsi que le kamikaze.
• 21 août 2009 : Pakistan : attentat suicide tue 22 gardes-frontières dans la région de Khyber
• 8 octobre 2009 : Afghanistan : attentat à Kaboul 12 morts et 60 blessés
• 9 octobre 2009: Pakistan : un attentat fait au moins 50 morts dans un marché à Peshawar .
Cette liste n’est pas malheureusement exhaustive, mais prouve que la plupart des attentats qui frappent le monde aujourd’hui viennent en majorité des islamistes radicaux.
LE PAKISTAN
Depuis 2007, les attaques suicides ont repris de plus belle avec l’assaut de la mosquée rouge à Islamabad qui fit des centaines de morts et par l’assassinat de Benazir Bhutto, candidat électoral du Parti du Peuple Pakistanais (PPP).
Baitullah Mehsud, qui avait fédéré plusieurs groupes talibans dans le Tehrik-e-Taliban Pakistan fin 2007, a été fortement soupçonné de cet assassinat, commis dans le contexte de la campagne électorale, alors que le général Pervez Musharraf était encore au pouvoir.
En décembre 2008, la vallée de Swat a été envahie par les insurgés talibans. Les militants islamistes sous le commandement de Maulana Fazbulla regroupant une armée de 10 000 hommes avaient interdit l’instruction pour les filles et détruit par explosion ou incendie plus de 170 écoles.
Une tentative de cessez le feu avait été signée entre les talibans et le régime d’Islamabad contre l’application de la charia et de l’installation dans cette région de tribunaux islamiques.
Cet accord de cessez le feu avec les talibans avait surpris les occidentaux qui s’en étaient inquiétés auprès des Autorités Pakistanaises. N’oublions pas que le Pakistan est le seul pays musulman au monde à posséder l’arme nucléaire.
Cette trêve a été rompue par les talibans qui ont envahi une région proche d’Islamabad.
En mai et juin 2009, une opération militaire a été déclenchée par l’armée Pakistanaise, à la demande des Etats Unis, inquiète de l’offensive des talibans qui menaçait sérieusement le régime d’Islamabad et surtout les complexes militaires stratégiques du Pays.
Le 22 juin 2009, Asif Ali Zardari, président du Pakistan depuis 2008 (et veuf de Bhutto) déclarait qu’avec 1 200 soldats morts, le Pakistan avait payé un plus lourd tribut dans la guerre contre les talibans que l’ensemble réuni des États de l’OTAN.
Depuis cette intervention, les attentats suicides se sont multipliés dans le pays et ne cessent de provoquer inquiétude et exaspération de la part de la population.
Le 17 octobre 2009 une nouvelle offensive de l’armée Pakistanaise vient d’être lancée dans la région sud de Waziristan pour y déloger une forte implantation de talibans. Des dizaines de milliers de personnes seraient en train de fuir la région.
Cette opération militaire pourrait provoquer de nouvelles attaques terroristes, mais la situation est tellement tendue que celle-ci ne laisse aucune marge de manœuvre pour le Gouvernement Pakistanais. Si l’armée pakistanaise perdait cette guerre contre les talibans, c’est le régime même qui risquerait d’être renversé avec toutes les conséquences qu’une telle défaite pourrait provoquer sur son voisin l’Afghanistan.
Les occidentaux observent avec attention ce qui se passe au Pakistan. La coalition militaire occidentale présente depuis 2001 en Afghanistan ne peut pas imaginer un seul instant que le Pakistan tombe entre les mains des talibans.
Une telle issue pourrait remettre en cause sa présence en Afghanistan ou changerait totalement la nature du conflit dans cette région explosive du monde.
La lutte contre l’islamisme radical est de plus en plus d’actualité quel que soit l’endroit ou nous vivons. Les islamistes où qu’ils se trouvent ont les mêmes objectifs, imposer la charia et les tribunaux islamiques.
Il ne faut pas prendre à la légère les visées expansionnistes de cette idéologie fascisante qui comptent bien étendre son influence partout ou elle ne pourra, si nous reculons devant nos valeurs universalistes et si nous renonçons à défendre la démocratie, les droits de l’homme et la dignité de la femme.
Fabrice LETAILLEUR

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