Référendum grec : le jour d’après…

Ri7HollandemerkelrefgrecPour la forme, Merkel et Hollande ont annoncé que le vote des citoyens grecs doit être respecté.
Dans la réalité, ils se moquent du vote démocratique.
Et ils ne sont pas les seuls.
Dans la même petite bande, nous trouvons :
– Jean-Claude Juncker : président de la Commission européenne – dit « M. Trois grammes » pour son penchant pour les boissons fortes. Il a osé le célèbre « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés »,
– Christine Lagarde : patronne du FMI, – 31 700€/mois net d’impôts – qui parle des Grecs comme de sales gamins gâtés – salaire moyen 817 €,
– Sigmar Gabriel : ministre allemand de l’Economie. Il a déclaré que de nouvelles négociations avec la Grèce étaient « difficilement imaginables », Tsipras ayant « coupé les derniers ponts » entre la Grèce et l’Europe,
– Jeroen Dijsselbloem : à la tête de l’Eurogroupe. Il a toujours souhaité un « scénario chypriote » : contrôle des capitaux d’où blocage des investissements et renflouement des banques avec l’argent des déposants. Remèdes qui sont plus terribles que le mal qu’il a contribué à diffuser,
– Wolfgang Schäuble : ministre des Finances de l’Allemagne. Il désire une Europe restreinte dont son pays sera à la tête avec l’instauration d’un euro Deutsche Mark,
– Martin Shulz : président allemand du Parlement européen qui désire un gouvernement de technocrates à Athènes,
– Mario Draghi : président de la BCE. Il a fait fermer les banques grecques en leur refusant l’accès à la liquidité d’urgence espérant ainsi forcer la victoire du « Oui » par cette sorte de coup d’Etat économique.
Pour tous ces gens-là et nombre d’autres membres de la caste politico-médiatique, la démocratie doit demeurer une apparence, un colifichet, un amusement pour les peuples mais surtout ne jamais devenir une réalité.
Je n’aime pas spécialement Tsipras, sorte de Besancenot qui aurait réussi parce que plus intelligent que notre facteur d’opérette, mais, reconnaissons que, grâce à lui, l’Europe a respiré plus librement durant quelques heures.
Le jour d’après, ce n’est déjà plus le cas.
Les habitants de notre continent, jusqu’à ce qu’on leur impose l’Europe, étaient au carrefour de trois éléments : le lieu (celui de leurs racines, celui qui permet d’être attaché à un pays, à une nation), l’esprit (l’imagination créatrice liée à la conscience d’être un individu capable de juger et d’être jugé), la volonté (qui fait que l’on a la capacité de rompre les chaînes de l’asservissement).
Durant une poignée d’heures, le « non » grec a donné le sentiment que le mur édifié par l’Union européenne pour nous séparer de nous-mêmes était tombé.
Mais la haine froide, totalitaire, de l’Union sous la direction de l’Allemagne (c’est elle qui dirige l’Europe) s’est de nouveau exprimée dans toute sa splendeur à la première lumière du matin.
Pour l’Union, il n’est pas question que les Grecs deviennent un exemple pour d’autres peuples. C’est sa grande terreur. La décision de les crucifier a donc aussitôt été prise par Berlin et ses alliés du nord de l’Europe.
Les Grecs partiront. Mais ils le feront dans la douleur. Pas question de les accompagner vers la sortie.
Le sacrifice, sur l’autel du temple Europe, du bouc émissaire Varoufakis qui venait de traiter les créanciers de son pays de « terroristes », ne calme pas la rage de la caste.
L’égorgement économique du peuple grec doit aller jusqu’au bout.
Il faut que le sort des Hellènes marque les esprits des peuples récalcitrants qui rêvent de dire NON à Bruxelles.
Rappelons-nous que la caste nous a vendu l’Europe comme un lieu idyllique d’où la guerre serait bannie à jamais (oublions le dernier conflit des Balkans et celui du Kosovo), comme une zone de sécurité économique parce que marché commun solidaire (mais visiblement la solidarité s’arrête au premier accroc et l’on demande, dans la foulée, le divorce pour faute). Quant à l’instauration d’une monnaie unique, la caste a menti sur l’euro instrument de croissance, de stabilité. Aujourd’hui, il révèle ce qu’il est : un outil d’asservissement.
24 heures après la victoire du « non », l’Allemagne semble plus que jamais la maîtresse de l’Europe.
Mais le combat entre les peuples et les technocrates n’est pas terminé.
Marcus Graven
 

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