Référendum J-21 : Une Kanaky entre improvisation et incantation

Publié le 13 octobre 2018 - par - 41 commentaires - 990 vues
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Les jours passent et rapprochent la Nouvelle-Calédonie du 4 novembre, journée où ses habitants sauront s’ils sautent dans le vide sans parachute ou demeurent en terre française.

Les drapeaux kanaks décorent les paysages tandis que les drapeaux tricolores brillent par leur absence.

Louis Alliot du Rassemblement national se demandait si le drapeau français était devenu le drapeau de la honte. L’explication fournie par une Calédonienne est plus terre à terre : « Mon cousin, qui avait mis un autocollant bleu-blanc-rouge sur sa voiture, a vu sa carrosserie rayée et ses pneus crevés ! »

Les exactions de groupuscules indépendantistes alarment les Calédoniens. Ils voient dans cette montée de l’extrémisme kanak le retour des années noires 1984-1988. Les dernières « œuvres » des « révolutionnaires » en peau de niaouli : l’incendie de la « Serpentine » à Kouaoua, un tapis roulant qui convoie sur des kilomètres le minerai de nickel de la mine SLN (Société Le Nickel) à la mer où il est chargé sur des minéraliers.

La mine est bloquée. Les ouvriers majoritairement kanaks sont au chômage.

Pour raffermir l’ambiance, le médecin du village a été tabassé, le dispensaire fermé.

Les caillassages continuent.

Les gendarmes barricadent leur casernement : barbelés anti-intrusion et grilles aux fenêtres.

Comme le souligne Le Chien bleu, l’unique journal satirique de Nouvelle-Calédonie : « On n’a pas de mal à imaginer le message que cela envoie à la population. La gendarmerie prépare à sa façon l’après-référendum. »

 

Dans le quotidien local Les Nouvelles et sur les plateaux télé et les radios, les dirigeants indépendantistes soufflent le chaud et le froid. L’un, Louis Kotra Uregei, appelle au boycott du vote au motif que seuls les kanaks devraient voter, tout en bramant qu’il veut participer à la campagne référendaire.

Un autre, M. Néaoutyne, affirme que rien ne changera si le « OUI » à l’indépendance l’emporte, contredisant ainsi les propos du Premier ministre Édouard Philippe qui rappelle calmement qu’en cas de « OUI », « une indispensable période de transition limitée dans le temps sera mise en place pour assurer le nécessaire transfert des compétences ».

On se demande ce que dans l’expression « limitée dans le temps », M. Néaoutyne ne comprend pas. Le journaliste qui interviewe la version locale du Père Noël lui précise qu’en cas d’accession à la pleine souveraineté « les mécanismes actuels de financement de l’État, reposant sur l’accord de Nouméa, n’auront plus de fondement juridique, et seront donc caducs ». Édouard Philippe l’a annoncé en ces termes : « Les relations financières entre la France et la Nouvelle-Calédonie seront établies dans le cadre de la politique publique d’aide au développement ». Ce qui revient à rappeler très justement que les aides consenties par la France au titre de la solidarité nationale se transformeront rapidement en coopération internationale, bien moins juteuse. Mais ça, M. Néaoutyne refuse bien sûr de l’entendre, comme il refuse d’ailleurs de chiffrer les dépenses du futur État sous prétexte qu’il n’est « pas devin ». Décidément, l’indépendance kanake sent l’improvisation socialiste.

Un troisième leader indépendantiste, Daniel Goa – celui qui insulte la population loyaliste en faisant d’elle « l’axe du mal » – revient sur ses paroles. On l’a mal compris. « L’axe du mal, ce n’est pas l’État, ni les anti-indépendantistes, c’est le système qui a été mis en place et qui nous exclut tous aujourd’hui. » Ben voyons !

M. Goa se dément lui-même. S’il avait lu le texte qu’on lui avait remis avant de l’ânonner devant le comité directeur de son parti, cela lui aurait évité de se triturer les méninges en essayant de se faire passer pour ce qu’il n’est pas : un dirigeant kanak modéré, démocrate et progressiste.

Ceux qui ne se trompent pas sur la dégringolade économique qui enverrait dans le tiers-monde la Nouvelle-Calédonie grimée en Kanaky, ce sont les syndicats (sauf l’USTKE – Union syndicale des Travailleurs Kanaks (et) Exploités).

Ainsi le Sypstep, un syndicat de gauche de l’enseignement privé, longtemps fort compréhensif envers les milieux kanakistes, vient de diffuser un fascicule dans lequel il souligne : « Nous ne faisons pas campagne électorale et ne donnons aucune consigne de vote ». Mais en deux rubriques : « Si c’est OUI à l’indépendance » et « Si c’est NON à l’indépendance », il taille des croupières aux indépendantistes. En clair, pour lui, si le « NON » l’emporte, l’enseignement privé – mais c’est également vrai pour l’enseignement public – restera de qualité. Si c’est « OUI » à l’indépendance, le budget de l’enseignement passera de 100 milliards de FCFP à 50 en étant optimiste et de 100 milliards à quelques noix de coco et poils de roussette si l’on est pessimiste. Seuls les établissements que les parents et les pouvoirs publics de la Kanaky pourront financer resteront ouverts : c’est-à-dire pratiquement aucun. Les profs de ces enseignements sous contrat d’association avec l’État ne seront tout simplement plus payés.  Des emplois seraient supprimés en nombre ainsi que des « services jugés non-prioritaires (cantines, internats, transports scolaires. […] Des centaines d’emplois pourraient être perdus et toutes les grilles salariales revues à la baisse. »

Concernant le système de santé qui, contrairement à l’enseignement, dépend entièrement de la Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes, après avoir rêvé de la venue de médecins cubains et vénézuéliens pour remplacer les médecins français, fantasment maintenant sur l’arrivée de docteurs canadiens et… algériens.

« Il faut juste une commission d’équivalence », dit un tenant de la Kanaky. Peut-être donneront-ils aussi une équivalence aux sorciers de Tanna (île de l’archipel du Vanuatu, frère proche de la Kanaky) qui ont si bien soigné un des leaders indépendantistes qu’il est revenu de l’île Ni-Vanuatu dans un cercueil plombé.

Pour les dépenses, « on met les sociétés à contribution, on fiscalise le système, on le nationalise », balance un « économiste kanak ».

Dans son hypothétique au-delà, Hugo Chavez doit approuver.

Comme il doit se réjouir de ce témoignage d’un habitant de Vanuatu : « Il y a 39 ans, les médecins anglais et français étaient là en fonction. Maintenant c’est le Vanuatu… Une infirmière, aucun anti-douleur, des draps de lit couverts de sang, personne capable de lire une radio au service de radiologie. »

Et lorsque M. Tutugoro – un politicard indépendantiste – sourit qu’« on ne va pas non plus revenir à nos médicament traditionnels », en est-il vraiment persuadé ?

Les promesses de la Kanaky rappellent les propos que lançait le Ghanéen Nkrumah aux Occidentaux lors des indépendances africaines : « Donnez-nous l’indépendance, le reste suivra. » Vu l’état de l’Afrique, le reste a visiblement oublié de suivre.

Les indépendantistes sont dans la pensée magique.

Si le « OUI » à l’accession à l’indépendance l’emporte, ce sera de la magie noire.

Lucette Jeanpierre

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41 réponses à “Référendum J-21 : Une Kanaky entre improvisation et incantation”

  1. butterworth dit :

    comme au zaire pour les mines ou congo https://www.youtube.com/watch?v=6LaSD8oFBZE

  2. butterworth dit :

    votre sort idem celui des blancs sud africains https://www.youtube.com/watch?v=kIQxGIBnui8 la solution partage de l ile en deux armez vous et engagez des mercenaires de toutes facons vous resterez francais meme independants BI NATIONAUX PAS LES KANAKS

  3. Jill dit :

    Si le non l’emporte, ce sera dangereux pour les
    Français résidents en NC… si le oui l’emporte aussi.

  4. J-J Tatie dit :

    RE bonjour, voici un site qui mérite le détour : http://www.clocherobecourt.com/Robecourt/NC/CarteNC.php

    ET NOOOON à l’indépendance ! Vive la France

  5. Emile ROUX dit :

    OUI= Mayotte bis
    NON = la CAF continue de payer
    dans les deux cas, la France paye

    • Spipou dit :

      « OUI= Mayotte bis » ? Mayotte a voté pour devenir un département ! Je ne vois pas très bien en quoi c’est indépendantiste !

  6. sonia decamps dit :

    Si le OUI l’emporte , nous allons subir une nouvelle vague d’immigration

  7. Joël dit :

    J’y suis allé au Vanuatu et voici ce qu’un local m »a baragouiné en Français approximatif : « On a foutu les Anglais dehors mais eux ne sont comme les Français en Afrique, ils ne nous donnent plus d’argent ».

    • Paskal dit :

      Le Vanuatu était un condominium anglo-français appelé à l’époque Nouvelles Hébrides. Il fait partie du Commonwealth, comme les Fidji où la cohabitation entre autochtones, Indiens, Chinois et Européens, aujourd’hui ne se passe pas trop mal.

  8. Evelyne dit :

    La France vient d’étendre son domaine maritime en accédant à de nouveaux fonds sous-marins d’une superficie totale de 579 .000 km² au large des Antilles, de la Nouvelle-Calédonie, de la Guyane et des îles Kerguelen.
    C’est l’article 76 de la Convention des Nations unies de Montego Bay sur le droit de la mer(ou Convention des Nations unies sur le Droit de la mer de 1982) qui autorise un pays à étendre son contrôle au-delà des 200 milles (370 km) qui marquent la limite de sa zone économique exclusive (ZEE) jusqu’à un maximum de 350 milles (650 km).
    La France possède juste après les Etats-Unis, le domaine maritime le plus important du monde.
    Plus d’informations : http://www.meretmarine.com/fr/content/extraplac-la-france-agrandit-son-domaine-sous-marin-de-579000-km2publié le 11/04/2016 haut de la page

  9. BobbyFR94 dit :

    AllonZenfan, je dirais même PLUS : laissez tous ces CONNARDS se DEMERDER !!!

    Que nous ont-ils apportés ? RIEN, le NEANT !!! ils veulent leur indépendance, c’est comme pour l’île de Mayotte, mais qu’on leur rende leur indépendance à tous ces CONNARDS de muzzs !!!

    Ils nous haïssent, mais hypocrite qu’ils SONT, savent prendre le fric que les CONtribuables en métropole leur donnent !!!

    • Michel dit :

      Que nous ont’ils apporté ? Ben rien, en effet mais jusqu’à preuve du contraire c’est nous qui sommes venus coloniser cette île après eux, ils ne nous ont pas demandé de venir et donc il est logique qu’ils ne nous apportent rien. Par contre, le pognon de l’extraction du Nickel , ça on sait bien s’en servir, merci pour eux.
      Je redis ce que j’ai déjà posté :
      Est-ce qu’au moins tu sais que les Kanaks ne sont pas majoritaires sur le territoire ? Dès lors, pourquoi accéder à cette revendication ?
      Dernier point : pas de « muzzs » ici, essaie un autre argument;

  10. Spipou dit :

    Bon, si j’ai bien compris la suite d’articles sur le même sujet depuis plusieurs jours, la remigration, c’est bon pour la métropole mais pas pour l’outre-mer, c’est ça ?

    • Pyrrhon dit :

      Un commentaire de m…. pour une excellente suite d’articles

    • Yohann le debattant dit :

      Vous n’êtes qu’un crétin spipou

      • Paskal dit :

        Quelque part, il n’a quand même pas entièrement tort. Pour le reste, garder la Nouvelle Calédonie n’est peut être pas une priorité alors qu’on perd le 9 3.

        • Spipou dit :

          Oui, c’était l’un des sens de mon commentaire.

          En plus, comme le referendum semble s’orienter vers les 70% contre l’indépendance, je ne vois pas très bien l’intérêt de ce genre d’articles catastrophistes.

          Et comme il s’est passé près de deux semaines sans qu’on puisse commenter, je ne peux pas relever ici les aberrations que j’ai pu lire dans chaque article.

          Enfin bref, il me semble qu’on a d’autres terrains où orienter nos petites énergies.

      • Spipou dit :

        Oui, j’ai l’habitude, Yohann.

    • Yohmerde dit :

      Superbe l’article quand même !

  11. Allonzenfan dit :

    Mais P… de B… de M… qu’on leur file l’indépendance et qu’on cesse de dépenser en vain l’argent du contribuable pour tous ces connards !

    • SARRAN dit :

      On prend un peu de hauteur !Ces idiots ne sont qu’une minorité la Nouvelle Calédonie est un territoire magnifique ou plus de 500 000 personnes peuvent vivre normalement.Elle à un fort potentiel et représente une base avancée de la France et de l’Europe dans le Pacifique Sud c’est comme un grand plus pour nôtre pays que doit être vu la solidarité financière auquel il est fait allusion.Enfin le territoire à été le premier à rallier la France libre et ces Français du bout du monde à mourir pour elle.CS.

      • J-J tatie dit :

        Bonjour, 500 000 personnes ? Ben, je ne connais pas tout le monde, surtout dans la Provine Nord mais ce chiffre est très exagéré, 275 000 au maximum en 2014 et encore… Où avez-vous lu ce chiffre ?

    • Michel dit :

      En voilà un raisonnement qu’il est bon ! mais dis-moi, tu dois être un expert de la question pour savoir autant de choses sur le sujet.
      Est-ce qu’au moins tu sais que les Kanaks ne sont pas majoritaires sur le territoire et donc c’est un peu si je te disais que l’on doit céder la France aux musulmans car ils le réclament ? idiot, non ? ben c’est pareil.
      Le reste de la population n’a aucune envie de l’indépendance, certainement comme toi tu n’as pas envie de quitter ton pays.
      Et si tu as envie de répondre « c’est leur terre », relisons l’histoire et découvrons comment les kanaks sont arrivés en Nouvelle Calédonie et ont chassé les habitants qui s’y trouvaient, ce qui fait d’eux les premiers colons et non pas un peuple natif. Dès lors, le débat s’en trouve orienté différemment et ne reste que des questions économiques, politiques ou stratégiques mais en tout cas plus du tout éthiques. Pour conclure, je te remercie de me traiter de connard car moi j’y vis…

      • Paskal dit :

        Sauf que contrairement aux musulmans en France, les Kanaks sont arrivés bien avant les Européens. Très possible que la NC ait été déjà habitée, comme la Gaule quand les Celtes l’ont envahie. A ce compte-là, on a tous envahi quelqu’un.

        • Florence Labbé dit :

          Les Gaulois sont des Celtes.

          • Paskal dit :

            Les Iberes et les Ligures n’étaient pas celtes.

          • Florence Labbé dit :

            Vous avez parlé d’une invasion de la Gaule par les Celtes. Les Gaulois étaient des celtes. Les Ligures et les Ibères étaient assez proches.

          • Paskal dit :

            Les Ligures peut être, on a pas de certitudes. Les Iberes étaient des préindo-européens proches des Basques et des Berbères.

          • Spipou dit :

            Et encore, Paskal, on ne connaît pas les noms des peuples pré-celtiques dans la moitié nord de la France, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Et toutes ces régions étaient déjà bien peuplées, comme en témoignent les mégalithes.

            C’est curieux d’ailleurs que seule la France se réclame des gaulois, puisque l’Allemagne, les Iles Britanniques, l’Espagne, la Belgique, la Turquie, la Slovaquie et le nord de l’Italie auraient tout autant de légitimité à le faire. J’ai pas trop de sympathie pour les romans nationaux, ceux ici qui me connaissent ont déjà dû le remarquer.

            Enfin, pour tous ceux qui fantasment sur les gaulois, il faut quand même se rappeler que c’étaient des envahisseurs tout aussi sanguinaires que les romains ou les germains, même s’ils ont subi quelques petits revers de fortune vers -52 avant Jésus-Christ.

          • Spipou dit :

            Les ibères proches des berbères, vous êtes sûr ? Proches des basques, oui, mais les langues berbères sont des langues sémitiques qui n’ont rien à voir avec le basque. Vous pensez à un substrat pré-sémitique ?

          • J-J Tatie dit :

            Les Canaques,sont des c.nnards ! Dommage le Caillou est si beau… Cette « minorité » dite première emmerde tout le monde sur place et survit, très bien, aux crochets des aides sociales généreusement dispensées par la Métropole. Trop cons ces gens !

      • Allonzenfan dit :

        Michel, d’autant plus désolé de m’être emporté que j’ai lu « Le Grand Sud » du regretté ADG…
        Mais on n’entend plus aujourd’hui parler que les récriminations du FLNKS depuis la prise d’otages d’Ouvéa qui a vu dans un premier temps rétablir la Loi et l’Ordre et dans un deuxième temps le gouvernement français baisser son froc dans le cadre des accords de Matignon.
        Je ne souhaite pas cette indépendance mais, si elle devait survenir, je ne veux pas que la métropole continue de cracher au bassinet comme si rien n’était arrivé de fâcheux… Jusqu’au vote, nous ne pouvons plus rien pour vous !

    • Evelyne dit :

      Renseignez vous davantage au lieu de dire des imbécilités…

    • JACOU dit :

      En cas d’indépendance c’est l’Australie qui ramassera le gros lot.