Référendums en Suisse et en France…

democratieLes « Sages », saisis par le Premier ministre, ont annoncé dans un communiqué qu’ils avaient « jugé cette loi organique globalement conforme à la Constitution », dont la révision de 2008 a introduit la possibilité de telles consultations.

La loi adoptée le 19 novembre consacre le droit pour un cinquième des membres du Parlement soutenus par un dixième des électeurs – soit 4,5 millions de Français – de demander l’organisation d’un référendum législatif.

Il ne pourra être organisé que sur la ratification des traités, l’organisation des pouvoirs publics et des réformes à caractère économique, social ou environnemental. Article d’Emile Picy, édité par Yves Clarisse paru dans http://www.reduitnational.com/

On verra ce que ça va donner mais :

– Tant que la Loi ne parait pas au Journal Officiel, elle n’est pas en application, on peut attendre des lustres avant de la voir,

– On a vu lors du dernier référendum (il y a 9 ans) que l’avis du peuple n’a pas été respecté (refus du traité européen) et que la décision d’adhérer à cette fumisterie a été prise par les députés. On imagine donc facilement ce qu’il adviendra des prochains référendums.

A l’heure ou les Français, tout au moins les Français qui se préoccupent de la politique et en particulier de l’actuelle qui nous conduit droit au mur à toute vitesse et sans air-bag, regardent de plus en plus vers des pays qui s’en sortent mieux, nos politiques sortent un lapin du chapeau : Le référendum. Le fameux truc fantastique appelé démocratie directe qui fonctionne bien en Suisse, économie en bonne santé, air vivifiant de la montagne, taux de chômage tel qu’ils importent environ 1 millions de travailleurs français, banques remplies d’or et de Cahuzac, vin blanc et gruyère fondu et surtout pas pays de l’UE.

Donc un peu de goût artificiel de démocratie histoire de calmer les bonnets rouges et les manifestants contre la dénaturation du mariage. Sauf que le futur référendum d’initiative populaire en France est loin de ressembler à celui que les Suisses pratiquent. D’abord parce qu’il est obligatoire en Suisse, pas en France. Le tableau d’absentéisme ci dessous montre à quel point les Français se préoccupent de leur liberté d’expression. Le record est atteint en 2000 (le quinquennat) avec un sursaut en 2005 pour dire non à l’Europe, on sait ce qu’il en advint (54,7% de non à l’Europe et nous voici englués dedans).

france participation référendums

Notez que depuis 1958 on a eu 10 référendums, donc 2013-1958=55 ans soit une moyenne de 2 référendums par décennie. C’est beau la démocratie directe en France. La Suisse pratique aisément le référendum, une moyenne de 5 par an au niveau fédéral, plus au niveau cantonal et pareil au niveau communal (hé oui! ça existe au niveau communal).

Notez aussi qu’en Suisse le système de décret imposé par l’Etat ne peut concerner la ratification des traités, l’organisation des pouvoirs publics et des réformes à caractère économique, social ou environnemental. En France, pays des droits de l’homme, l’Etat peut diriger par décrets et pour tout, c’est inscrit dans la constitution. Je décrète, tu obéis et tu fermes ta grande gueule … sinon c’est garde à vue comme on l’a vu dans la manifestation pour tous (avec gazage accessoire).

Cette initiative venue de notre dernier des premiers ministres me parait machiavélique. On laisse faire un ou deux référendums, la grogne continue puisque les choses empirent, et là il pourra fièrement  nous dire que c’est notre choix, pas le sien. Habile. C’est comme le bricoleur du dimanche qui rate son coup, se fait enguirlander (c’est bientôt Noël) par son épouse et lui dit: « Si tu sais faire mieux que moi, vas-y fait le » et il la plante tel un goujat devant une grosse fuite d’eau en lâchant ses outils.

Pour terminer : Cette information provient d’un site Suisse. Aucune information à ce sujet n’est apparue sur les sites d’information français. Ah tiens ? Voudrait-on nous cacher cette démocratie directe ?

Philippe Legrand

 

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