Réflexions suite à l'article de Maurice Vidal "Quand je serai grand, je vous tuerai tous"

Cher Maurice Vidal,
Réflexions suite à votre article paru sur R. L. N°157 : « Quand je serai grand, je vous tuerai tous ! »
http://www.ripostelaique.com/Quand-je-serai-grand-je-vous.html
Vous êtes parmi les meilleurs de celles et ceux qui savent équilibrer le discours dans l’intransigeance de ce qui est juste, sans céder, en rien, au relativisme qui se voudrait de bon aloi. Le petit frère de la fille de Katy, de Perpignan, répète une phrase terrible mais noble et juste. Ce petit garçon de 8 ans a dit, pour la circonstance, quelques paroles « de tout âge et de tous les temps ». Je me souviens de mes lectures de naguère (A. Dumas) et de l’enfant – futur d’Artagnan – qui a vu sous ses yeux, son père et sa mère sauvagement assassinés. On sait ce qu’il en advint, plus tard, sous la plume du romancier !
Plus tard ? Il est trop tard ! D’Artagnan était le symbole du héros de type « absolu ». La mort ? Connais pas. « Je vous tuerai tous » ! Seul compte la noblesse. « Plutôt la mort que le déshonneur, l’opprobre » : c’est cela que le petit garçon a voulu dire. « Vous avez peur de la guerre ? Vous croyez l’empêcher en acceptant le knout de la honte ? Vous aurez la honte et la guerre ». La vie humaine sans sa part de stoïcisme « ordinaire » ne vaut pas la peine d’être vécue. Philosophe, vous connaissez, certainement, le symbole du « taureau de Phalaris » aux temps du tyran Agrigente, (remontant au sixième siècle d’avant notre ère) : le blasphémateur qui s’oppose à la honte, meurt brûlé vif.
Mais les flûtes de la sculpture (le taureau) transforment les cris du supplicié en une douce musique. Beaucoup plus tard, sous la plume du poète (A. de Vigny) on connaît la leçon magistrale du loup infligée aux assassins médiocres qui l’ont voué à la curée :… […] comme moi, souffre et meurs sans parler ». Mais il avait, auparavant, tué les chiens de la meute. Son silence, en mourant, allait porter à la postérité, la musique de la souffrance, sa noblesse et enseigner à l’Histoire, que l’homme, issu du conflit, bourré de conflit, en conformité avec les implacables lois de l’Univers, n’en sortira qu’au prix fort : résister au bourreau, en tuant sans angélisme coupable, sans concessions. Pour sauver l’honneur de la vie ? Oui, à condition que la vie « vaille » l’honneur. Et cela, c’est du domaine secret et « sacré » de chacun de nous. L’angélisme, héritier malencontreux du judéo-christianisme incompris, c’est le déshonneur, la vomissure. « Ne soyez pas gentil, mais soyez vrai ». La gentillesse VRAIE est du cœur. Sinon, elle est imposture. Et l’imposture détruit le sacre de la vie. Le meurtrier barbare est un monstre et n’a droit à aucun respect. « Struggle for life ! » Nos démocraties amollies ne l’ont pas compris. Alors, elles seront tuées car la démission étant une barbarie par défaut, encense l’imposture et subira la vindicte et le sacrifice « halal ».
A bon entendeur (prêt à la guerre civile ?) Salut à l’Honneur.
Johann Soulas

image_pdf
0
0