Réflexions sur la situation de l'armée française, après le drame américain

Il aurait disjoncté, « victime de harcèlements »

Treize tués, trente blessés, si je ne me trompe pas. C’est le nombre des victimes de l’officier médecin militaire américain Nidal Malik Hasan, un commandant psychiatre.
Les militaires tués revenant d’Irak venaient consulter dans le service d’affectation de notre psychiatre meurtrier, qui aurait disjoncté parce qu’on lui aurait annoncé qu’il allait partir en Irak.
Disjoncté, l’explication est un peu courte…

Les médias ont aussi parlé de « harcèlement »

Par définition, un médecin militaire n’a pas à faire quotidiennement avec les officiers et sous-officiers « gueules de vache », comme on disait avant guerre dans l’armée française des militaires ayant vieilli sous le harnais et picolaient en se racontant leurs exploits guerriers. D’après les quelques informations disponibles le « harcèlement » résultait de sa fréquentation d’une mosquée radicale et de ses positions publiques hostiles aux deux guerres « contre les musulmans » (en Irak et en Afghanistan) qui avaient provoqué les boutades d’un ou deux collègues. Mais par sa nature, son travail le mettait en contact avec les militaires du gendre de ceux qu’il a tué ; eux ne le harcelaient pas. Il les traitait pour les effets d’une activité militaire laissant de graves troubles.
Notre pieux psychiatre, qui se plaignait de harcèlement, selon ses proches parents, ne s’était pas déclaré américain, mais Palestinien, en vue de trouver une compagne dans le milieu des femmes fréquentant les mosquées. Il expliquait aussi, apprend-on, que les porteurs de ceintures explosives ne sont pas des fanatiques furieux mais de courageux combattants, comparables, des hommes courageux et dévoués, comparables à des soldats qui se jettent sur des bombes pour sauver la vie de leurs camarades.
Comme s’il était pareil de se sacrifier pour sauver ses camarades et choisir de se transformer en charpie meurtrière pour tuer des êtres sans défense, pour tuer des femmes, des enfants, des vieillards et, parfois, quelques soldats impies exécrés ?!
Qui pouvait harceler un commandant, un psychiatre ? D’autres psychiatres, des médecins major généralistes ? Qui ?
Qui, avec lesquels il aurait eu ces contacts permanents douloureux au point de disjoncter ?
Les explications recueillies ici et là disent que les « harceleurs » étaient ceux de ses collègues qui refusaient d’entendre, sans réagir, un officier supérieur américain défendre les porteurs de ceintures explosives tuant des centaines de militaires américains et des milliers de civils irakiens.
Harcelé, est-ce que cela explique qu’un militaire non combattant, un médecin militaire, qui ne dispose pas d’arme dans l’exercice de son activité quotidienne, ait pu venir au travail muni de deux armes de poing chargées, lui permettant de tuer douze patients et un civil et en blesser trente autres, en accompagnant ses tirs de « Allahou Akbar »?

En d’autres termes le disjonctage a été un peu préparé, non ? Disjonctage…

Le Président Obama s’est déclaré désolé, effondré par la mort donnée à des Américains par un autre Américain chargé de leur santé. On le serait à moins. Mais encore…
Un clou chassant l’autre, on n’en saura pas beaucoup plus en lisant les journaux ou en regardant les chaînes télévisées et en écoutant les radios.
La télévision française a parlé du syndrome dont souffriraient de nombreux soldats US ayant combattus en Irak et en Afghanistan face aux commandos djihadistes dont les exploits consistent principalement à se faire exploser au milieu des irakiens et des Afghans qui viennent au marché, vont à la mosquée ou se rendent en pèlerinage. Difficile ce combat contre des fanatiques seulement visibles après qu’ils se soient déchiquetés parmi des femmes, des enfants et des vieillards, c’est sûr.
Mais notre médecin psychiatre militaire, lui, comment peut-il souffrir d’un syndrome avant d’avoir été plongé dans la réalité quotidienne qui génère le syndrome ?
Qui ne souffrirait pas d’affronter des individus invisibles, des hommes impatients d’aller rencontrer les 70 ou 72 vierges d’Allah, ces vierges sans cesse vierges après toutes les relations physiques possibles avec le martyr auquel elles ont été affectées ; des vierges aux yeux sombres, toujours à leur disposition et, selon les récents propos télévisés d’un prêcheur égyptien, « des vierges toujours vierges au vagin particulièrement doux et satisfaisant »…

Qui ne souffrirait pas de ramasser presque chaque jour des fragments sanglants de centaines de chalands irakiens victimes de ces impatients du lupanar éternel ?
On apprendra quand même quelque chose concernant cet officier supérieur américain transformé en tueur fou en série. C’est un Américain Palestinien.
En effet, quand il a recherché une épouse parmi les femmes observantes de sa religion, il n’a plus été américain, mais est redevenu Palestinien… Un détail probablement ?
Des amis me disaient hier ceci : ils pensent que l’on doit rapprocher de certaines choses qui se passent actuellement dans l’armée française, cette explosion de rage religieuse et cette violence meurtrière contre des gens désarmés que l’on est sensé soigner en les aidant à surmonter la souffrance psychologique dont nous avons parlé plus haut.

Et en France ? Quelles sont ces choses qu’il conviendrait de rapprocher ?

Il s’agit de ces réactions multiformes de militaires français de confession musulmane qui invoquent une clause de conscience pour demander à ne pas aller combattre les talibans Afghans ; ce sont ces mêmes militaires qui utilisent, pour cette raison : ne pas vouloir « combattre leurs frères », le moyen détourné des congés maladie permettant d’échapper à leurs obligations contractuelles, lorsqu’ils ne démissionnent pas ou ne sont pas radiés pour ces refus.
Bien sûr, on n’en est pas encore arrivé à la situation américaine. Aucun de ces militaires, pris entre leur loyauté envers la République française qui les emploie et leur loyauté Coranique envers tout musulman, fut-il un criminel avéré, n’a encore disjoncté jusqu’à utiliser les armes de l’armée française ou ses propres armes pour tuer des soldats et des civil français. (1)
Mais effectivement la question méritait d’être posée
D’une façon générale, puisque l’on a à faire à des soldats salariés (il s’agit dans tous les cas de militaires professionnels, pas de gens appelés à l’armée, dans le cadre d’une conscription obligatoire), la clause de base de tout contrat de travail, la clause de loyauté, s’impose à tout militaire professionnel, quelle que soit sa confession ou ses convictions philosophiques ou politiques.
Cette clause préalable, inhérente au contrat de travail, c’est, répétons-le, la clause de loyauté et de respect des prérogatives légales de l’employeur.
Ces militaires français, qui prétendent se soustraire à leurs obligations contractuelles résultant de décisions légales de l’employeur (la hiérarchie militaire mettant en œuvre les décisions légales du gouvernement légal), au nom de leurs croyances religieuses, se dérobent à leur obligation légale de loyauté d’exécution du contrat de travail.

Ils opposent à ce contrat des préceptes de leur religion…

De deux choses l’une :
– soit on contraint les militaires salariés à exécuter leur contrat de travail, avec le risque qu’eux aussi disjonctent et tuent leurs collègues
– soit on leur applique les normes du code du travail et on rompt leur contrat de travail pour faute professionnelle établie (refus d’exécuter un travail conforme à leurs obligations contractuelles).
– Soit on modifie les conditions du recrutement. (2)
Accorder à des militaires français qu’ils ne suivent pas leur unité en Afghanistan, au nom de motifs religieux, reviendrait à constituer de facto puis de jure une caste de citoyens français au-dessus des lois, au-dessus des autres.
En d’autre termes, l’égalité d’accès aux emplois, à tous les emplois, quelle que soit l’origine du postulant, n’émancipe pas de la mise en œuvre de critères connus de loyauté, des critères nécessaires à la tenue de l’emploi militaire postulé.
L’ami, qui établissait une relation avec la fusillade meurtrière sur la base US et ces cas de militaires invoquant la clause de conscience provenant de la solidarité islamique obligatoire, me soutenait un point de vue couperet : il y a incompatibilité entre pratique islamique et certains emplois.
Je n’irai pas peut-être pas jusque là (3), mais je crois : que comme lorsque la « guerre froide » pouvait mettre les militants du PCF et la mouvance stalinienne en opposition le sentiment d’appartenance nationale à la France avec la solidarité politique avec l’URSS considérée comme « la patrie des travailleurs » (et son soutien inconditionnel étant la « pierre de touche de l’internationalisme prolétarien » -Maurice Thorez), les enquêtes approfondies de la sécurité militaire et des renseignements généraux écartaient des citoyens français de certaines fonctions sensibles.
Ce n’était pas du racisme ni de la discrimination, c’était de simples mesures de bons sens et de sécurité élémentaire.
Alain Rubin
(1) à une exception près peut-être.
Je voudrai rappeler ici que l’homme qui s’est acharné à coups de béquilles, jusqu’à le laisser pour mort, sur le jeune Juif Rudy Haddad, cet homme était un permissionnaire de la base d’aviation militaire de Taverny.
Ce militaire permissionnaire, mu par la haine et le mépris du « yahoud », ne connaissait pas sa victime, frappée jusqu’à se retrouver dans un coma qualifié d’état critique plusieurs jours durant.
Les médias et l’enquête refuseront de voir dans cette agression un acte antisémite. La victime revenait de la synagogue, elle portait une kippa, mais on prétendra que c’était une réaction musclée de jeunes, intervenant à cause de bagarres qui auraient eu lieu entre de jeunes Juifs et de jeunes Arabes et Africains musulmans.
Le porteur de béquille n’avait pourtant rien à voir avec ces prétendus règlements de compte et ces duels des Buttes Chaumont.
On peut donc en effet se poser la question : comme Nidal Malik Hasan, le porteur de béquille de l’agression antisémite de la rue Petit, se sentait-il citoyen et loyal envers le pays et les forces armées dont-il était un élément ou se sentait-il plutôt, au contraire, un national du pays d’où ses parents sont venus ?
(2) Incorporé dans un régiment de transmission pour faire mon service obligatoire de seize mois, je garde le souvenir de ce camarade resté en « reliquat » de la classe nous précédant.
En effet, il avait été retenu pour être affecté aux services du chiffre à Montélimar. Mais la nature de cette activité liée au renseignement réclamait des militaires d’une parfaite loyauté politique. Comme ce camarade avait été membre de la « tendance socialiste révolutionnaire » du PSU, tendance animée par les pseudos trotskistes ancêtres politiques du postier de Neuilly sur scène, notre camarde ne fut finalement pas affecté à ce service et versé dans le train, à la caserne Dupleix.
Discrimination ? Personne n’aurait alors soutenu semblable absurdité.
(3) Brisant la puissance de la dictature spirituelle et matérielle de la charia, la révolution jeune turque et son leader Mustafa Kemal Pacha exigeront du corps des officiers une adhésion inconditionnelle aux principes kémalistes. C’est ainsi qu’un officier ne peut avoir une épouse portant le voile islamique. Un officier mariée à une femme enfermée est d’emblée soupçonné de déloyauté envers les principes qui ont émergé de la révolution nationale turque. Il y a quelques années des manifestations monstres eurent lieu en Turquie, exigeant la démission d’un officier dont l’épouse était voilée.
Bien que n’étant pas membres des forces armées de la république de Turquie, Erdogan, dont l’épouse est voilée eut d’ailleurs des problèmes. Les défenseurs du pacte national turc invoquant contre lui une violation publique des fondements kémalistes assurant la pérennité des éléments démocratiques de la société turque.
Alain Rubin

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