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Relaxé par les juges de cassation, mais viré du RN par Marine Le Pen !

Nous avons appris deux décisions importantes qui concernent notre ami Jean-Claude Blanchard. Il a été d’abord été relaxé par la Cour de cassation, après deux condamnations. Mais 48 heures après, il apprenait son exclusion du FN, par lettre recommandée de Marine Le Pen. Cela fait beaucoup, et nous a donné envie d’en savoir davantage…

Riposte Laïque : Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs, pour expliquer ce que vous êtes, et ce qu’a été votre parcours politique, syndical et associatif ?

Jean-Claude Blanchard : J’ai un parcours qui ressemble pas mal au vôtre, Pierre. J’ai 67 ans (un an de plus que vous), comme vous j’ai trois enfants, et comme vous je suis de culture ouvrière. J’étais d’abord soudeur aux chantiers navals de Saint-Nazaire. J’ai été rapidement syndicaliste, à la CGT-FO. J’étais par ailleurs un militant politique trotskiste, mais d’une autre chapelle que la vôtre ! Ensuite, j’ai changé de métier, et suis rentré dans l’administration hospitalière. J’ajoute que la défense de la laïcité a été, de tous temps, au cœur de mes engagements.

Riposte Laïque : Vous comprenez bien que votre parcours, qui ressemble un peu au mien, malgré quelques différences, ne me laisse pas indifférent. Quel a été le détonateur qui vous a fait quitter vos premiers engagements, et vous a fait rejoindre le parti de Jean-Marie Le Pen ?

Jean-Claude Blanchard : J’ai rejoint Jean-Marie Le Pen en 1984. Tout simplement parce que la réalité m’a éclaté au visage. Je défendais dans les années 1980 l’internationalisme prolétarien. Et puis j’ai vu la réalité, la désindustrialisation de la France, les délocalisations, la passivité, pour ne pas dire la complicité de l’extrême gauche et de toute la gauche devant l’invasion migratoire, en période de chômage de masse, leur indifférence devant la fausse concurrence des travailleurs français avec des étrangers payés moins cher, dans une économie ouverte. Sans oublier le mépris pour les ouvriers, pour les travailleurs manuels, de tous ces dirigeants qui sont tous issus du même moule, et forment une caste. Seul Jean-Marie Le Pen tenait un tel discours, dans les années 1980. Sans parler de la liaison entre l’insécurité et l’immigration, qui touche d’abord les plus démunis des Français, dont principalement les ouvriers et les chômeurs français. Finalement, j’ai toujours défendu le peuple et la Nation, mais avant, je croyais que l’extrême gauche trotskiste était le bon outil, et je me trompais. Mais j’ai vu clair dès 1984, moi !

Riposte Laïque : Vous militez depuis de longues années sur Saint-Nazaire, ville ouvrière, avec les chantiers navals et une municipalité socialiste. Votre ancrage local évite-t-il la diabolisation de votre parti ?

Jean-Claude Blanchard : Je suis respecté à Saint-Nazaire parce que je fais partie de l’histoire politique de cette ville depuis près de 40 ans. J’en ai vu beaucoup arriver en culottes courtes. Donc, je suis considéré un peu comme celui du FN (j’ai du mal à dire RN) avec lequel on discute, dans les coulisses, même si on crache ouvertement sur ce parti quand il s’agit de s’exprimer publiquement. Vous ne pouvez pas imaginer le degré de haine que véhiculent contre nous l’équipe municipale et son maire, David Samzun. Cela dépasse l’entendement, mais il faut croire que cela marche, puisque cette diabolisation empêche des millions de Français, et des milliers d’électeurs de Saint-Nazaire, de voter pour nous, alors qu’ils sont d’accord avec ce que nous disons sur l’immigration et l’islam. Et l’extrême gauche, sa mouvance prétendument antifa, constitue pour le pouvoir les milices dont il a besoin pour combattre les patriotes, les seuls vrais rebelles qui dérangent le système.

Riposte Laïque : Vous venez de gagner un procès en cassation, contre une association musulmane, après avoir été deux fois condamné, en première instance et en appel. Pouvez-vous expliquer cette histoire à nos lecteurs ?

Jean-Claude Blanchard : Une histoire compliquée. J’avais dénoncé le fait que le maire PS avait mis à disposition de l’association musulmane locale un gymnase, à l’occasion de la fête de l’Aïd, ce qui pose déjà un problème quant à mes conceptions laïques. Moi, je croyais que je payais des impôts pour construire des gymnases, certes, mais qui devaient servir à faire du sport. Par ailleurs, mal informé, j’avais émis l’hypothèse que des bêtes auraient pu être sacrifiées dans cette salle ; j’avais protesté sur les réseaux sociaux, le temps, quelques heures plus tard, de faire machine arrière. Mais cela avait suffi pour que l’organisation musulmane, conseillée par les « antiracistes » professionnels du coin, se saisissent de l’aubaine pour me traîner au tribunal. Ils ont gagné en première instance, puis en appel, mais la cour de cassation a cassé ces deux verdicts, estimant que mes propos ne visaient pas l’ensemble de la communauté musulmane. Une victoire qui fait chaud au cœur, mais ces procédures judiciaires ont quand même légèrement fait diminuer mes maigres économies !

J’ajoute que l’islam, de tout temps, a posé problème au laïque que je suis. Quand je vais dans un pays musulman (cela m’arrive), je respecte ses règles. Je constate que, dans mon pays, l’inverse n’est pas vrai, trop souvent. Je pense que l’islam n’est pas qu’une religion, mais un dogme politico-religieux incompatible avec les valeurs de la France, et je regrette qu’Éric Zemmour soit bien seul, avec votre mouvance, à dire aussi clairement les choses.

https://ripostelaique.com/cassation-le-rn-jean-claude-blanchard-a-gagne-contre-la-mosquee-de-saint-nazaire.html

Riposte Laïque : Vous avez reçu, la semaine dernière, une lettre recommandée de Marine Le Pen, vous faisant savoir, vous, conseiller régional et conseiller municipal, que vous étiez exclu du Rassemblement national. Pour quelle raison, et avez-vous eu la possibilité de vous défendre ? Allez-vous faire appel ?

Jean-Claude Blanchard : Cela ressemble effectivement un peu à une justice d’exception. Dans les partis, syndicats ou associations, en principe, il y a une commission qui étudie les faits, vous convoque, vous écoute, et émet un verdict ensuite. Les principes démocratiques dont nous nous réclamons, c’est cela. Là, au bout de 35 ans de présence au Front national, après avoir mené la liste de Saint-Nazaire aux dernières municipales (13 %, 3 élus), puis avoir été élu conseiller régional, je reçois, dans une lettre recommandée de ma présidente, en quelques lignes, l’annonce de mon exclusion. Cela fait drôle. Et je ne suis pas le seul, cinq exclusions ! Nous sommes suspectés d’être des taupes de Marion, et de préférer, pour gagner en 2022, de penser que l’union des droites est nécessaire. Nous n’avons peut-être pas raison, et dans ce cas, qu’on nous prouve le contraire. Mais la méthode Marine, contrairement à ce qu’était son père, c’est « Je ne veux voir qu’une tête ! ». J’ajoute que les relations entre militants du FN, tissées tout au long de ces années d’engagement, ne sont pas remises en cause, et que j’ai reçu de nombreux soutiens amicaux, qui bien sûr m’ont fait chaud au cœur.

Riposte Laïque : Je présume qu’une telle décision ne vous laisse pas indifférent. Quel est votre état d’esprit, et comment voyez-vous l’avenir de votre militantisme ?

Jean-Claude Blanchard : Je prends acte de la décision. Je vais voir si cela vaut le coup que je fasse appel, ou si la page est tournée avec ce RN dans lequel, au niveau de la direction nationale, je ne me reconnais plus beaucoup. Cela ne m’empêchera pas de continuer à militer, il n’y a pas que le RN dans la vie. Et de suivre de près ce qui se passe en France, et à Saint-Nazaire, notamment à l’occasion des prochaines élections municipales. Et puis, le vieux laïcard que je suis aura l’occasion d’être davantage disponible pour Résistance républicaine, dont je suis un adhérent depuis 2010…

Riposte Laïque : Parlez-nous d’une de vos grandes « amies », Nathalie Bruneau, l’égérie de la gauche radicale de Saint-Nazaire, enseignante au lycée alternatif de Saint-Nazaire, longtemps dirigé par Gaby Cohn-Bendit, frère de « Dany »…

Jean-Claude Blanchard : C’est une caricature, elle en est comique. Et dire qu’elle a été conseillère municipale ! Elle défend tout le monde (sauf les travailleurs français), le clandestin, le prisonnier, le délinquant, et bien évidemment, elle est dans la mouvance antifa et a décidé que Marine Le Pen ne devait pas mettre les pieds dans sa ville. Je préfère ne pas envisager ce qui se passe durant ses cours… Mais nos amis de Breizh Infos en parlaient fort bien. Disons que Nathalie Bruneau est une idiote utile du capitalisme qu’elle prétend combattre.

https://www.breizh-info.com/2014/04/14/10952/nathalie-bruneau-pilote-lextreme-gauche-nazairienne

Riposte Laïque : Serez-vous candidat aux prochaines élections municipales ?

Jean-Claude Blanchard : C’est mal parti…

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Jean-Claude ?

Jean-Claude Blanchard : Ce n’est qu’un début, continuons le combat, celui de la Reconquête, pour que notre pays redevienne la France.

Propos recueillis par Pierre Cassen