Renverser le pouvoir hors du champ légal : projet ou utopie ?

Publié le 8 octobre 2018 - par - 4 commentaires - 1 467 vues
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Un article au ton martial, « Hypothèse d’un effondrement du régime : la question de la reprise du pouvoir », sous la plume de Jean-Michel Darque, nous explique qu’il faut d’urgence se préparer à accompagner la chute du « libéralisme global ».

https://ripostelaique.com/hypothese-dun-effondrement-du-regime-la-question-de-la-reprise-du-pouvoir.html

L’expression « libéralisme global », nouvelle, semble-t-il, dans le vocabulaire politique (c’est tout à l’honneur de son auteur, la langue française est une langue vivante), apparaît pourtant très vague quant à sa définition. En revanche, si l’on se réfère à une explication du libéralisme (tout court) donnée par Alain Roussillon (politologue et titulaire d’un doctorat d’État), « le libéralisme est, avec son antonyme, le « communautarisme », dans ses différentes réalisations, au cœur même des problématiques de la science politique. »

Nous avons donc déjà là un premier problème, une contradiction dans le contenu de l’article sus-cité. Si nous combattons le « libéralisme », qu’il soit global ou français (?), nous ne pouvons aller que vers une forme de « communautarisme ». Mais quel « communautarisme » ? Judéo-gréco-chrétien, essence de notre culture et de notre civilisation, ou bien islamique, exogène, objet de tous les combats de notre société ? Dans le premier cas, c’est une forme de repli sur des valeurs qui comportent, comme l’islam, un volet religieux qui échappe au sens du laïcisme que la France connaît depuis un siècle et qui, dans ses excès, peut s’avérer dangereux pour la liberté de penser. Dans le deuxième cas, il n’est point besoin d’expliquer encore ce que la religion musulmane a de liberticide dans tous les domaines.

En nous proposant le terme de « libéralisme  global », l’auteur ne nous éclaire pas sur sa signification et il serait bon de prendre avec précaution ce « fourre-tout » dans lequel nous allons retrouver, tout au long de l’article, un grand nombre de formules à l’emporte-pièce. Des poncifs, voire des incantations guerrières, qui impressionnent mais ne veulent strictement rien dire quand ils sont sortis d’un contexte politique ou insurrectionnel précis. Prenons quelques exemples : « la reprise du pouvoir en situation de crise extrême, la mise en place d’un pouvoir fort en période d’exception, le rétablissement de la paix civile, la purge des élites, la mise en œuvre de la « remigration », la réforme profonde des institutions et, enfin, à terme, une fois la crise purgée, la réouverture du jeu démocratique (qui l’avait fermé ?)… » Tout cela n’a pas de contenu en dehors des mots et d’une organisation politique structurée dont les contours sont aujourd’hui plus que flous, improbables voire impossibles à dessiner.

Commençons par « la reprise du pouvoir en situation de crise extrême ». Comment ? Par un coup d’État, par un coup de force, par un processus constitutionnel (destitution du président ?), par un autre système ? Déjà, ici, on peut se poser la question de savoir qui serait derrière – ou devant – ce mouvement. Il est peu probable, aujourd’hui, qu’un homme se dresse pour en prendre la tête. Nous l’espérons, mais c’est peu vraisemblable. Nous serions déjà en phase de subversion opérationnelle avec, à sa tête, un « repreneur » potentiel des commandes de l’État. Une sorte de « Salvini » français, comme avancé dans un article précédent sur Boulevard Voltaire. Mais, ce qui est plus grave, c’est l’ordre des actions proposées. « Une fois la crise purgée, la réouverture du jeu démocratique… » Cela voudrait dire qu’un gouvernement « autoproclamé » prendrait le pouvoir pour réaliser l’ensemble de ces actions. C’est donc bien d’un « coup d’État » que l’on parle. Voyant le jeu des leaders politiques de tous bords et le silence oppressant des armées (c’est normal pour une « Grande Muette »), il est peu probable que l’on réussisse à fédérer le peuple français derrière un tel projet sans un chef digne de ce nom. Ou bien, il existe, mais il reste muet également, il se fait désirer…

Le second problème relevé dans cet article – et nous abordons le cœur détonnant du contexte franco-européen d’aujourd’hui – tient au fait que, pas une seule fois, les mots « islam », « islamique » ou « musulmans » ne sont présents dans ce texte. C’est faire peu de cas de ce que la France subit depuis plus de quarante ans, avec un pic violent qui ne cesse de grandir depuis dix ans. Or, c’est bien ce premier combat qu’il faut mener si l’on veut avancer dans la lutte contre l’appauvrissement culturel, idéologique et économique de la France. Même le Figaro (FigaroVox) peu suspect d’islamophobie, nous a livré une analyse pertinente, le 5 octobre, titrée : « Face à l’islamisme, nos élites ont trahi », se mettant, pour une fois, au diapason des sites de réinformation. C’est dire !

Le troisième concerne les combats qui nous sont proposés dans cet « Appel ». Dans l’ordre : conduire la remigration de manière négociée ou imposée, purger les élites, rouvrir le champ démocratique. On notera que le « champ » démocratique a été fermé. Quand ? Avant la purge des élites, après ? La remigration a-t-elle été opérée avant la purge des élites ? Comment s’y prendre ? Essayons d’être objectif ! Tout ce programme ne tient qu’à la faculté pour le papier de ne jamais refuser l’encre.

Peut-on espérer le renversement de l’État de droit pour le remplacer par une sorte de « Conseil de la Révolution » ? Ici, il faut être prudent. En premier lieu sur la formation d’une telle structure. Qui en décidera la création ? Qui décidera des membres qui la composeront ? Quel sera son agenda ? Quelle sera sa feuille de route ? Quelle sera l’étendue de ses pouvoirs ? Dans l’hypothèse où une telle situation adviendrait, il faudrait que les « patriotes » soient encadrés. Par qui ? Avec quelle formation ? Avec quels moyens ?

On le voit, lancer des incantations risque d’être contre-productif car cela donne une image très fantaisiste des mouvements « officieux » d’opposition présents au sein des réseaux sociaux ou des sites de « réinformation » qui en assurent la communication, souvent maladroitement.

Enfin, il serait bon de s’interroger une bonne fois sur le terme de « guerre civile ». Si d’aventure nous entrions en conflit déclaré et armé sur notre sol, il ne s’agirait pas d’une guerre civile mais, plus justement, d’une guerre ethno-religieuse ! Des « Français » qui ne sont que « de papiers », majoritairement de religion musulmane, appuyés par une arrière-garde islamo-gauchiste « mélenchonnesque », contre des Français de terre, de sang, de cœur et d’Histoire, descendant des soldats des deux guerres mondiales majeures, profondément patriotes, comme le sont devenus les Français d’origine portugaise, italienne, et tant d’autres dont la religion n’a jamais été un frein à l’assimilation au cœur du corps citoyen français ! Le « face-à-face », pour reprendre les termes de Collomb, entre des habitants exogènes hostiles à la France et des citoyens de souche particulièrement concernés par l’avenir de leur pays existe depuis plusieurs décennies. Il serait d’ailleurs intéressant, à ce propos, d’écouter l’intervention éclairante du général Soubelet qui, ce matin, dans les matinales du week-end de RTL, évoquait les actions et manœuvres républicaines possibles et nous annonçait également la création de son parti politique (un de plus !). À suivre ! C’est dans un tel combat que les mouvements de reconquête de notre territoire s’inscrivent déjà aujourd’hui par le verbe et l’action citoyenne pacifique. Gardons cependant à l’esprit que ces actions ne pourront perdurer que dans le respect de nos institutions, même si elles sont, à l’heure actuelle, discréditées par le comportement de notre gouvernement. Si le mouvement venait à déborder du cadre institutionnel, ce n’est pas seulement un front franco-français qui risquerait de se dresser devant les patriotes qui voudraient en découdre, mais toute l’institution française aux ordres de l’Union européenne qui se mobiliserait pour éteindre le feu avec la légitimité constitutionnelle et une loi martiale concoctée, pour la circonstance, par des juges félons.

Revenons un instant, comme c’est le cas dans l’article de Jean-Michel Darque, sur cette mobilisation des patriotes qui aurait fait fuir le rappeur du Bataclan. Ne nous y trompons pas, même si leur mouvement était noble, juste et parfaitement légitime, ce ne sont pas « cent patriotes », pour la plupart inconnus, en parallèle avec d’autres micro-mouvements dont les talentueux « Identitaires », passés maîtres dans l’art de la contre-offensive médiatisée, qui ont fait plier le pouvoir, malgré un engagement qui n’a jamais failli. Dans cette opération, c’est plutôt la manœuvre habile du gouvernement qui, loin de reculer sur le fond, a laissé du mou dans la forme pour étouffer « la rébellion » dans l’œuf et ne pas laisser la main lui échapper. Il avait trop à y perdre, en termes d’image et surtout de stratégie, car continuer sur la voie de la provocation en maintenant le concert du rappeur au Bataclan lui aurait fait perdre beaucoup d’autres points dans les sondages. Il s’est laissé donner ce coup de pied de l’âne pour paraître faible alors que sa force intacte était mobilisée pour d’autres réformes, beaucoup plus essentielles et importantes dans son agenda politique, en laissant croire aux Français, mobilisés pour la circonstance, qu’ils avaient remporté une victoire déterminante… Ne sous-estimons pas l’adversaire. La photo du doigt d’honneur de Saint-Martin, en forme de message subliminal, n’était peut-être pas sans arrière-pensée, tout comme les obsèques du grand Charles Aznavour aux Invalides ! Viens voir les comédiens / Voir les musiciens / Voir les magiciens / Qui arrivent…

Digression à propos du Bataclan. Dans une grande logique, ce n’est pas simplement à la venue du rappeur Médine qu’il fallait s’opposer, mais à toute tenue d’un spectacle de divertissement organisé dans cette salle de concert. Imagine-t-on, comme le soulignait Christine Tasin le 15 septembre dernier, en évoquant dans un article les « lyrics » du rappeur Médine, que des nazis puissent donner un concert sur le site d’Oradour-sur-Glane ? Même si je ne connais pas les airs et les « lyrics » joués par les nazis, à l’exception de Wagner et des Maîtres Chanteurs, cette salle de spectacle devrait être transformée, à l’image du site qui a connu les traumatismes de la barbarie le 10 juin 1944, en un lieu de recueillement et d’information, associé à une mise en perspective de l’Histoire des massacres commis par les musulmans en France. Ce serait une forme de respect national institutionnalisé envers les victimes, toutes les victimes, mortes ou vivantes, et envers leurs familles. Le groupe Lagardère, propriétaire de cet établissement, décidément bien éloigné des principes de Jean-Luc, son fondateur, a largement les moyens de construire un « néo-Bataclan » dans un lieu sécurisé, loin de l’existant. Mais le respect est à l’argent ce que l’eau est à l’huile, retenu dessous.

Revenons à nos moutons, ou nos veaux, c’est selon. Il est essentiel de se mobiliser, bien sûr. Mais pas avec une feuille de route utopique, peu crédible, qui ne dit rien de précis sur des faits et des actions bien définis et calibrés qui permettraient d’organiser un mouvement d’opposition national efficace comme, par exemple, cela se passe aujourd’hui avec Matteo Salvini en Italie, que Marine Le Pen va rencontrer à Rome ce lundi. C’est donc bien un « leader » qui nous manque en France et ce ne sont pas les querelles et les luttes de chapelle de la droite à la gauche – par ailleurs dans une grande confusion idéologique – qui nous aideront à le trouver. Sauf à révéler une femme, jeune, qui s’est éloignée du chaos politique pour mieux se construire et renaître, ou une autre qui, au contraire, viendrait d’entrer dans l’arène pour apporter bon sens, idées nouvelles et honnêteté irréprochable. « Phénixe » avec un « e » ! Il faut savoir être moderne !

Gardons à l’esprit que le vrai problème, l’urgence absolue, le premier pas vers une nouvelle liberté en France, c’est de combattre l’islam, mais ça, les Français, dans leur grande majorité, s’en foutent comme de leur premier sandwich au saucisson. Tout ce qui compte pour eux, c’est de ne pas voir leur « pouvoir d’achat » fondre de 20 € par mois, mais de dépenser des sommes importantes pour se pavaner au Mondial de fouteballe (sur ce point, les Espagnols sont en avance sur nous, ils ont hispanisé le terme anglais en fútbol) et faire la teuf pour fêter la victoire d’une équipe qui ne les représente en rien. Ce qu’ils affectionnent particulièrement, c’est de rouler en Renault « Kadjar » à 169 € mensuels avec radar de recul, Bluetooth, et tout et tout. Ce qu’ils ne veulent pas perdre, ce sont leurs vacances, leur Pastis et leur rosé bien frais à la terrasse d’un café où sur celle de leur maison avec piscine. Il n’est que de se promener dans les villes estivales, pendant les vacances, pour les voir attablés aux terrasses des restaurants, pas souvent du Cœur. Les entendons-nous ? Pas un mot ! Pour vivre heureux, vivons cachés. Accordons-leur cette importance donnée à leurs finances, à leur pouvoir d’achat et à leur joie de vivre, mais à quoi leur serviront tous ces plaisirs quand la charia, de moins en moins douce, les privera de liberté ? Quant aux retraités les plus modestes, ils sont nombreux et souffrent, c’est indéniable ! Et c’est à eux qu’il convient de s’intéresser en priorité, même s’ils ne composent pas une force dangereuse… en dehors des urnes ! Et puis, n’oublions pas non plus les sans-abri… les sans-abri, pas les migrants qui leur piquent la place qui leur revient, bien entendu !

Il semblerait donc peut-être plus urgent de descendre dans la rue chaque jour, pour ceux qui le peuvent, chez les commerçants, au bistro, sur les parkings (pardon, les stationnements), sans avoir peur d’affirmer ses opinions dans un cadre ouvert de discussion et d’échange face à face pour convaincre mot à mot la masse populaire. L’entre-soi des sites patriotes n’est plus suffisant. Les Français convaincus parlent aux Français convaincus et ce n’est pas cela qui, semble-t-il, permettra de renverser un gouvernement légitimement et démocratiquement élu, selon les règles en usage aujourd’hui. Mais entre balancer sa vindicte dans des commentaires guerriers sur les réseaux sociaux et parler mot à mot à ses concitoyens dans l’espace public, chaque jour, à chaque fois que cela est possible, pour convaincre et emporter l’adhésion, il y a un gouffre !

Les Français ont besoin d’être rassurés. Ils ont peur d’une guerre sur leur territoire. Quel que soit le nom qu’on lui donne, ils sont tétanisés à l’idée d’un nouveau conflit. Ils ne souhaitent pas être impliqués dans des actions dangereuses qui semblent ne pas les concerner, comme on le constate souvent en échangeant avec eux. Certains sont fatalistes, également : « On n’y peut rien… » Ils préfèrent laisser le travail aux autres, à ceux qui, selon eux, n’ont rien à perdre. Ils le disent souvent dans un langage égoïste qui se vérifie chaque jour dans les faits divers. « L’identification agrège chaque personne à un petit groupe ou à une série de groupes. Ce qui implique une multiplicité de valeurs opposées les unes aux autres », écrivait Michel Maffesoli il y a peu. Chacun pour soi !…

Si par une chance improbable – on n’est jamais à l’abri d’un coup de bol ! – le pouvoir actuel était « renversé » par une poignée de patriotes courageux, il faudrait à ce mouvement un nouveau pouvoir pour survivre le temps nécessaire au travail de reconstruction en profondeur du pays. Il lui faudrait également une base solide sur laquelle s’appuyer sur le long terme. Ce socle devrait être composé d’une majorité de Français de toutes origines politiques, largement convaincus, réunis sous une même bannière, celle de la sauvegarde de la France et de sa République. Mais c’est loin d’être gagné ! Ne trompons pas les patriotes avec des textes utopiques et ne faisons pas peur au reste, très largement majoritaire, de nos concitoyens qui aspirent au changement, c’est certain, mais sans verser le sang. C’est encore possible !

Jean-Louis Chollet

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Notifiez de
Granger

Excellentissime…la vérité toute nue !

lafronde

Je rejoins l’auteur : discuter avec nos compatriotes, leur faire connaître la gravité des périls actuels, les convaincre d’agir concrètement pour la cause patriote, sont des tâches essentielles. Seul un militantisme de terrain peut réaliser cela par proximité. Les vieux des campagnes savent-ils trouver les media de réinformation ? y contribuer ? Les jeunes actifs des métropoles-monde connaissent-ils l’islam ? ses risques ? Il y a du travail à faire dans toutes les villes et les campagnes. Des réseaux citoyens à créer et à fédérer. Tout le travail qui n’a pas été assez fait. Un exemple : lors de la… lire la suite

Clamp

Oui, moi aussi, j’avais envie de répondre à peu près les mêmes objections à la suite de l’article. Honnêtement, un coup d’état pour renverser le pouvoir, il n’y a guère que l’armée qui en ait la possibilité matérielle, et mis à part quelques généraux à la retraite encore en relation avec ceux en exercice, mais qui ne violeront jamais aucun de leurs secrets de cette importance, nul ne sait ce qui se trame dans les conversations privées des officiers supérieurs de notre grande muette. Il y a certainement au moins des brouillons de scénarios de prévus car c’est aussi le… lire la suite

jan le Connaissant

Réponse lucide !!