Réponse à Alexandre Adler, qui renvoie dos-à-dos démocratie chrétienne et démocratie musulmane

Publié le 12 décembre 2011 - par - 904 vues
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Après avoir vendu l’islam des lumières, l’islam modéré, et maintenant suite à l’écrasante victoire aux élections en Tunisie, au Maroc et en Égypte des frères musulmans et surtout des salafistes (les passéistes qui imitent le beau modèle de Médine du VII siècle, dans leur vie quotidienne), les spécialistes  en géostratégie de la charia tentent une fois encore de trouver un nouveau slogan pour se dédouaner des fausses analyses qu’ils ont débitées sur les plateaux de télévision concernant le fameux printemps arabe, à l’exemple de M. Alexandre Adler qui vient d’inventer le concept de la  démocratie musulmane en faisant le raccourci avec la démocratie chrétienne. C’est vite aller en besogne, soit par ignorance soit délibérément pour noyer le poisson dans l’eau. Mais comme M. Alexandre Adler est un fin connaisseur du monde islamique, le doute est permis…

Alors comment peut-il comparer l’incomparable ?

Dans les Évangiles, Jésus dit : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Il est clair que dans le christianisme, la religion n’a pas à se mêler de la politique. Les deux autorités, Dieu et César s’occupent  chacun de son royaume, avec ses propres lois et ses propres institutions. On peut dire sans se tromper qu’il y a vraiment séparation de l’Église et de l’État, à la naissance du christianisme.

Ce n’est pas le cas de l’islam où le spirituel et le temporel sont imbriqués l’un dans l’autre. Mahomet était prophète et homme d’état. Il a fondé une communauté religieuse et une nation politique (la ouma). Il était chef militaire qui faisait la guerre ou la paix mais aussi un législateur qui rendait la justice.

Dès son apparition, l’islam ne fit pas la différence entre l’histoire sacrée et l’histoire séculière, le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.

Par contre, le christianisme  avait subi  trois siècles de persécutions, avant d’être pris en otage par le pouvoir politique. L’empereur Constantin s’en était accaparé pour ses ambitions personnelles de pouvoir sous les conseils de sa mère Hélène qui était déjà chrétienne.

En proclamant le christianisme religion d’état par l’édit de Milan, l’empereur Constantin (272-337) ouvrit la brèche pour les dérives sanglantes et inhumaines pratiquées par l’Église durant des siècles au nom du message de Jésus. Mais la Renaissance et les siècles des lumières avaient peu à peu permis au christianisme de retrouver sa vocation première et aux Occidentaux de se libérer des griffes de cette Église qui s’était éloignée des enseignements des Évangiles, de défaire les interdits et les pesanteurs créés par des religieux avides de pouvoir temporel et d’aller vers la démocratie.

Quand on sait ce que l’inquisition avait engendré comme atrocités, sans oublier les tueries causées par les guerres de religion, on doit être admiratif devant le message de Jésus qui avait anticipé sur les multiples dérapages monstrueux faits en son nom.

Tel n’est pas le cas dans le monde musulman. Dès son apparition, la religion islamique cadenassa les cerveaux de ses ouailles par la charia : la loi d’Allah. Depuis lors, il est hors de question de la contrarier et encore moins de la remettre en cause.

N’est-il pas écrit dans le coran sourate 3-famille d’Imran : verset 109 : « Je vous ai distingué parmi les peuples, comme étant le meilleur. En effet, vous prescrivez le bien, vous défendez le mal et vous croyez en Dieu. Si les gens d’Écriture avaient la foi, il n’en vaudrait que mieux pour vous. S’ils comptent quelques croyants, la majorité est impie. » ?

Comment après avoir lu ce verset, peut-on parler de liberté et de démocratie en islam qui considère que les musulmans sont le peuple distingué par Allah, et le meilleur parmi les autres peuples, et qui rejette de facto ceux qui ne suivent pas Mahomet ?

La loi islamique (charia) est basée sur : le coran, la sunna, l’ijma (consensus de la communauté orthodoxe) et le quiyas (méthode de raisonnement par analogie.)

Le coran, c’est la parole d’Allah. Il contient toutes les règles destinées aux musulmans.

La sunna désigne les coutumes et la manière de vivre des musulmans selon l’exemple des actes et les paroles de Mahomet. La sunna complète le coran…

Le coran et la sunna sont l’expression des commandements divins, la volonté irrévocable et impénétrable d’Allah, à laquelle, les musulmans sont tenus d’obéir aveuglément, sans hésitation, sans questionnement, ni réserve et surtout de ne pas douter.

L’ijm, c’est la doctrine du consensus des oulémas, des savants religieux dont le peuple en est exclu, c’est l’anti-démocratie. C’est la dictature des seigneurs de la théocratie !

Kiyas, c’est le raisonnement par analogie, est considéré sans importance par les docteurs de la foi car il est subordonné aux trois fondements de la charia.

On voit clairement que la loi islamique est divine et il n’y a pas lieu de discuter les principes. Elle est gravée dans le marbre jusqu’à la fin des temps.

L’aspect irrationnel de la charia provient du coran et de la sunna qui sont les commandements d’Allah et comme la logique divine est impénétrable, elle appelle à l’observance de la lettre et non de l’esprit, elle est immuable, et en aucun cas ne reflète l’évolution constante des réalités sociales des musulmans.  Elle est infaillible pour la caste des oulémas qui a reçu le pouvoir de la figer pour l’éternité. En fin de compte, les musulmans se retrouvent prisonniers de cette caste qui tire profit de sa position en décrétant le bien et le mal après avoir inventé  le fiqh  (science de l’interprétation du coran et de la sunna), dont elle en a fait sa chasse gardée par la censure et surtout par la terreur. Elle a dogmatisé jusqu’à la fin des temps les neurones de ses disciples, qui dans leur grande majorité, pensent qu’il n’y a point de salut en dehors de l’islam.

Pour Christian Snouck Hurgronje (1857-1936 orientaliste hollandais, ayant accompli le pèlerinage à la Mecque), l’islam est totalitaire et à ce sujet, il écrit : «  la charia contrôle dans les moindres détails les activités politiques et sociales des individus, sans aucune restriction la vie des fidèles ; et s’assurer que les autres religions ne puissent pas gêner l’islam. »

C’est ce qui est en train de se passer en Égypte pour la communauté copte mais on observe aussi ces comportements discriminatoires dans certaines banlieues françaises où l’islam est majoritaire.

Hurgronje savait de quoi, il parlait car il avait vécu quelque temps à la Mecque où il fit d’excellentes observations.

Toute réflexion hors du cadre de la charia est bannie. Les lois sociétales ne pourront jamais évoluer, car l’islam est avant tout une religion où le sacré et le profane sont intiment liés ( dîne oua dounia).

Dans ces conditions, peut-on parler de démocratie, d’élections libres dans les pays musulmans quand on sait le rôle que joue les théologiens dans les mosquées  où se déroulent des congrès islamiques chaque vendredi qu’Allah fait ?

Sans oublier que l’ignorance règne sans partage dans ces contrées où la religion de paix et de tolérance emprisonne les femmes à perpète où elle envoie les apostats à la guillotine. Elle bataille aussi pour l’islamisation de la terre entière, en  affirmant qu’il n’y a qu’une seule religion tout en encourageant la démographie pour ses besoins d’expansion.

Qu’on arrête de vendre aux Français  un islam modéré et de parler de démocratie musulmane sur les plateaux de télévision par des intellectuels de mauvaise foi… C’est l’hérésie à l’envers.

Il est bon de rappeler aux libéraux et aux gauchistes que l’islam ne leur reconnait aucune existence, alors qu’ils sachent une fois pour toute qu’ils seraient demain traités comme des impies bons pour la potence.

Le mensonge ne dure qu’un temps alors qu’ils cessent de faire des élucubrations !

Hamdane Ammar

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