Réponse à un article de Jacqueline Fichet, sur la dangerosité de l'Eglise catholique

REPONSE A L’ARTICLE DE JACQUELINE FICHET

Je n’apprécie pas le titre donné par Riposte laïque à l’article de Jacqueline Fichet : « N’oublions pas la capacité de nuisance de l’Eglise catholique ».
A l’heure actuelle, s’il y a « capacité de nuisance » d’une religion, ce n’est pas du côté du catholicisme qu’il faut la chercher, me semble-t-il ! Et je ne pense pas que l’Eglise catholique mette en péril la laïcité de la République et entende instaurer une théocratie française…
A preuve : le débat prévu à la Chambre des Députés, et où devaient intervenir Pierre Cassen et Christine Tasin, s’intitulait bien : « Immigration, islamisme : la France en danger ? », et non pas « Immigration, catholicisme : la France en danger ? ».
Les « bouffeurs de curé », viscéralement attachés à « bouffer du curé pour bouffer du curé », m’insupportent, même si je ne suis pas catholique pratiquante, ni même croyante ! Surtout en cette époque où il s’agit de ne pas se tromper d’ennemi, pour faire front en faveur de la laïcité !
Pour ce qui est du contenu de l’article lui-même, j’ai deux remarques :
1. je n’ignore pas, bien sûr, les « écarts de conduite » du catholicisme, mais, s’agissant
d’une lettre -genre voué à une certaine brièveté- il va de soi que je n’allais pas rentrer dans tous ces détails et toutes ces nuances ! Mais sans doute aurais-je dû écrire « elle ne remet pas FONDAMENTALEMENT en question la laïcité », au lieu de « nullement »…
Jacqueline Fichet évoque, notamment, l’opposition de l’église catholique à la loi Weil…
Mais qu’attendait-elle donc ? Que l’Eglise approuve l’avortement -elle le pouvait difficilement (« tu ne tueras pas », l’homme créé à l’image de Dieu etc…)- ou bien qu’elle reste silencieuse ? Personnellement, je pense qu’il lui était impossible de ne pas prendre position sur ce problème de société. En tout cas, qu’en a-t-il été du résultat ? La loi est passée et le politique l’a emporté, bien sûr, sur le religieux comme il se devait. Je ne vois pas là que la laïcité ait couru un réel péril, même si quelques fanatiques sont allés plus tard s’enchaîner dans les hôpitaux où se pratiquent les IVG !
Prenons l’actualité plus récente : il a suffi d’un communiqué de Mohamed Moussaoui pour que le débat démocratique, dont je parlais plus haut, soit annulé au nom de l’interdiction de critiquer l’islam ! A-t-on vu l’Eglise catholique monter au créneau pour interdire toute critique du pape, au nom du dogme de l’infaillibilité attachée à sa fonction ? La voit-on rédiger des communiqués incendiaires contre les humoristes, présentateurs ou journalistes qui se font un plaisir de la railler, de la ridiculiser ou d’insulter -parfois très grossièrement- Benoît XVI ? A-t-on vu tous les catholiques d’Europe descendre dans la rue et manifester leur colère contre les caricatures prenant pour cible la pédophilie des prêtres ou le pape, comme ce fut le cas dans tous les pays musulmans lors de l’épisode des caricatures de Mahomet ?
J’avoue que je ne parviens pas à discerner la « capacité de nuisance » actuelle du catholicisme…
2. quant à la loi Debré, qui scandalise Jacqueline Fichet, elle a accordé aux enseignants du privé un statut d’ « assimilés aux fonctionnaires », ce qui leur a permis d’être rémunérés par l’Etat et d’accéder à des salaires décents. Je ne vois pas ce qu’il y a là de choquant, les enseignants du privé faisant le même travail que ceux du public, et pour le même type d’enfants (n’imaginez pas qu’il n’y ait que les enfants catholiques et de milieux favorisés qui fréquentent ce genre d’établissement ! Aujourd’hui, il y a même beaucoup d’enfants musulmans, issus de l’immigration, qui y sont élèves…).
« Avec les impôts des contribuables », s’indigne Jacqueline Fichet ! Contribuables, dont font partie les parents et enseignants : ce sont aussi leurs impôts, elle semble l’oublier ! Ce qui m’importe, moi, c’est qu’une partie de MES impôts soit affectée à l’éducation et à l’instruction des futurs adultes, qui auront la charge de ce pays. Peu m’importe qui les éduque et les instruit, qu’ils soient du « privé » ou du « public » : ils poursuivent le même but, former de jeunes citoyens pour l’avenir de la France ! C’est pour moi un service public !
Je la rassure tout de même : alors qu’un professeur du public aura une retraite calculée sur la base des salaires des 6 derniers mois, le professeur du privé en aura une calculée sur la base des salaires des 25 meilleures années… Et j’oubliais : il touchera moins, MAIS aura cotisé bien plus !
Chantal Macaire

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