Réponse à un lecteur de gauche en colère après notre livre “La faute du Bobo Jocelyn”

Publié le 3 octobre 2011 - par

Voici la lettre que Riposte Laïque a reçue de la part d’un de ses lecteurs bretons, qui souhaite préserver son anonymat.

J’ai bien reçu votre courrier m’incitant à acheter le livre « la faute de bobo Jocelyn ». Ce courrier m’a vraiment très désagréablement surpris.

Né en 1963, ancien adhérent de la Libre pensée, débaptisé en 1981, électeur de « gauche » ayant voté Chirac en 2002 pour les raisons que vous connaissez (vote que je ne suis pas du tout près à renouveler si ces raisons se reproduisaient), je souhaite que vous m’expliquiez ce que vous appelez « la gauche » et pourquoi vous semblez redouter qu’elle remporte les élections en 2012.

Vous nous demandez de voter « à droite » ou au Front national ???

Sauf à lire une explication sérieuse de votre part, je vous demande de bien vouloir me rayer définitivement de tous vos listings, quels qu’ils soient.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma profonde colère, si laïque soit-elle.

Cher camarade,

Nous avons quelques similitudes, j’ose donc te tutoyer, et t’appeler camarade. Je suis né quelques années avant toi, et je me suis fait débaptiser, moi aussi, pour être en accord avec mes convictions. Jusqu’en 2004, j’ai toujours voté à gauche, plutôt extrême gauche au premier tour, et socialiste au deuxième. Contrairement à toi, je n’ai pas voté Chirac en 2002, j’ai voté blanc. Comme toi, j’ai été membre d’une association laïque, et même porte-parole national, et j’en ai démissionné.

Tu me demandes pourquoi Christine Tasin (issue du Parti socialiste) et moi considérons que la victoire de la gauche en 2012 serait une catastrophe. J’aurais presque envie de te répondre d’acheter le livre, mais comme tu n’as pas l’air d’en avoir l’intention, je vais te fournir quelques explications complémentaires. Jusqu’en 2004, je considérais que la pire des gauches était préférable, pour les salariés de ce pays, à la meilleure des droites. Je n’avais pas oublié que les plus grands acquis sociaux avaient été obtenus lorsque la gauche était au pouvoir (1936, 1945, 1981). Le social était pour moi le facteur dominant dans mes choix électoraux.

Et puis en 2003, j’ai commencé à militer contre l’islamisation de la France, à travers une loi contre les signes religieux (dont le voile) à l’école. J’ai constaté alors qu’il avait fallu un gouvernement de droite pour interdire le voile qu’un gouvernement de gauche avait autorisé en 1989. En 2005, j’ai milité pour le “Non au TCE”, et j’ai constaté la connivence entre l’UMP et le PS-Verts, confirmée en 2008, par la ratification du traité de Lisbonne, contre l’avis du peuple de France. Je n’ai pas voté à gauche en 2007, pour la première fois de ma vie, à une présidentielle, j’ai voté Schivardi au premier tour (pour son discours contre l’Union européenne) et blanc au deuxième.

J’ouvre les yeux, depuis plusieurs années. Je vois l’islamisation de mon pays, je vois une nouvelle immigration, sans intégration, en période de chômage de masse, transformer la France, et la communautariser davantage. Je vois les territoires perdus de la République se multiplier, et la peur s’installer. Et je vois cette gauche qui réclame la régularisation des clandestins, se bat pour le droit de vote des étrangers, s’oppose au renvoi des personnes en situation irrégulière, qui relativise les questions d’insécurité dont sont victimes les classes les plus modestes, réclame encore plus d’Union européenne, milite pour la discrimination positive, la laïcité ouverte (comme Sarkozy) et a délibérément choisi, comme le revendique le groupe Terra Nova, proche de Strauss-Kahn et d’Aubry, de se tourner vers la diversité, et d’abandonner les ouvriers jugés archaïques et trop sensibles aux thèses dites populistes. Et penser que tout le monde, du PS à Mélenchon, était prêt à nous convaincre que Strauss-Kahn, l’homme du FMI, qui contraint les peuples à la misère pour développer les profits des multinationales était l’homme de la situation, quelle honte ! Doit-on rappeler, en plus, que Martine Aubry a applaudi à la candidature de Christine Lagarde au FMI, elle qui a encouragé et permis la discrimination par la finance islamique ?

Cette gauche a été incapable de comprendre le sens du message du peuple de France, le 21 avril 2002. Elle méprise son peuple, elle n’a plus rien à voir avec son Histoire, elle a renié la Nation, la laïcité, la République, elle n’a aucun amour de notre pays. Nos concitoyens réclament d’un Etat qu’il les protège, et cette gauche livre notre peuple à la mondialisation libérale, à l’Union européenne, à l’islam, et à une nouvelle immigration qui, trop souvent, entend imposer des pratiques coutumières qui n’ont pas leur place en France. Comme le dit la remarquable Malika Sorel, “La France s’autodétruit sans rendre service aux immigrés”. J’ajoute que je ne supporte plus la dictature du politiquement correct imposée par le PS, l’extrême gauche; les pseudo organisations anti-racistes et les médias bien-pensants, et que j’en ai marre qu’on se fasse traiter de raciste dès qu’on critique l’islam. Nos grand-pères n’ont pas lutté contre les curés pour qu’on se couche devant les imams.

Dans ce roman, que tu ne liras sans doute pas, nous avons décidé de montrer, sous forme de conte, les conséquences pour les citoyens de ce pays, quelles que soient leurs origines, de la victoire de la gauche en 2012, et de l’application de son programme actuel, sur les grands points que j’ai développés. Je considère effectivement que c’est le pire scenario qui puisse se produire mais chacun conserve son libre arbitre et peut considérer que la société que nous montrons est enviable… Question de choix, question de valeurs.

Tu crois y voir un appel à voter à droite ou Front national. Quelle étroitesse d’esprit, camarade ! C’est un roman, et rien d’autre. Riposte Laïque prend ses lecteurs pour des grands garçons, et respecte les différentes opinions qui s’y expriment. Nous ne donnerons aucune consigne de vote, pour ces présidentielles, ni dans notre roman, ni dans nos prochains numéros, mais cela ne nous empêche(ra) pas, dans nos articles comme dans notre roman, d’analyser, de mettre à jour les mensonges, de montrer où risquent de nous mener les projets et les programmes de ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire. Il n’est pas trop tard pour que le peuple de France, qui n’est ni de gauche ni de droite, se révolte pour le peu de cas que l’on fait de lui et cesse d’apporter sa voix à ceux qui, tout en se prétendant de gauche, ne rêvent que de le faire travailler jusqu’à 67 ans pour complaire aux vrais maîtres, qui sont à Bruxelles… Alors, nous ne nous laisserons pas davantage intimider par la dictature des bobos bien-pensants et des adeptes du politiquement correct obligatoire.

J’ignore si ces quelques lignes auront apaisé la profonde colère qui émanait de ton texte, mais je t’ai répondu avec toute la sincérité dont je suis capable. Je t’invite à sortir des clivages traditionnels, qui ne sont plus opérants aujourd’hui, et à raisonner, non pas en fonction d’un attachement parfois religieux à un camp, quel qu’il soit, mais en fonction d’une pensée juste et libre.

Je te transmets mes salutations laïques, républicaines, féministes et patriotes.

Pierre Cassen

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