Réponse à un maire-adjoint socialiste marseillais, qui se vante de relayer les revendications musulmanes

Cher Monsieur,
Votre diatribe ci-jointe (1) est un modèle de colère qui ne mérite même pas ma colère, car votre colère est de celles qui prennent le pas sur la raison. Or, j’aime la raison. C’est donc au nom de la raison que je me permets de vous répondre.
Les prières dénoncées par Marine Le Pen en terme d’occupation de l’espace public le sont aussi en Algérie par le ministre des Affaires religieuses, sans que cela provoque la moindre réaction de la part des musulmans ou hommes politiques français. Cet acquiescement silencieux ne semble nullement vous chagriner : pourquoi ?
Les musulmans qui, en France, recourent à ces prières ne sont pas des harkis, mais des «marqueurs spatiaux». Les harkis ont servi la France ; les «marqueurs spatiaux» se servent d’elle : la «visibilité musulmane» vient d’eux. Le voile, les mosquées, les minarets, la finance islamique, les écriteaux en arabe, la séparation des sexes, les horaires pro-musulmans, la dénonciation du porc et de l’alcool, l’Aïd el-Kebir, la publicité halal, la polygamie, le marketing «affinitaire», les tenues islamisantes… ça se voit, n’est-ce pas ?
En conséquence, comment ces avancées anti-laïques et anti-républicaines ne créeraient-elles point une «entité étrangère à l’intérieur de la nation française» ? Que diriez-vous si la terre d’islam se couvrait de cheveux au vent, de cathédrales aux flèches immenses, de panneaux ou d’enseignes en français, de piscines mixtes, de jambons et de saucissons, de vin rouge et de pastis, de processions religieuses en l’honneur du Christ ou de la Vierge, de publicités monogamiques, de marketing exogamique, de mini-jupes, de décolletés, de talons hauts et de jeans ?
D’où vient donc la flétrissure : de la France ou des musulmans qui, en France, stigmatisent la France ? En qualifiant de «faux débat» le débat sur l’identité nationale, ne montrez-vous pas par mégarde les musulmans du doigt ? Les Français sont-ils polygames ? Les Français sont-ils endogames ? Les Français instaurent-ils les mariages forcés ? Les Français ont-ils la culture du clan ? Les Français enferment-ils leurs filles ? Les Français interdisent-ils le mariage avec un musulman ?
Si les musulmans n’affirmaient point leur altérité avec autant de véhémence, pourquoi parlerait-on du fameux «vivre-ensemble» ? Qui s’insurge pour quelques caricatures ? Qui exige le délit de blasphème ? Qui lancent des fatwas de mort ? Qui ne pense le monde politique que par la Charia ?
Ce ne sont ni la précarité, ni la pauvreté, ni l’exclusion qui font le malheur de la communauté musulmane : c’est l’attachement au droit musulman ! Nul immigré choisissant le droit français n’est condamné à l’échec en France : la France réussit à qui ne la refuse point. Les Français se construisent par cette authentique profession de foi. Ils ne sont pas «nostalgiques» de leur «racines judéo-chrétiennes» : ils sont ces racines – qui puisent jusqu’en terre des Gaules !
Eh oui, les Français sont des Gaulois, et entendent le rester, comme vous entendez rester musulman !
C’est cette évidence que vous devriez méditer, au lieu de vous focaliser sur la «haine sans borne qui aura pour ultime conséquence le morcellement de la nation française». Car le «morcellement» auquel vous faites allusion n’appartient pas au futur mais au présent, notamment par tous ceux qui, avant même de mettre le pied en France, ont décidé d’y vivre en musulmans d’abord ! Si nos banlieues sont aujourd’hui ce qu’elles sont, c’est par ces musulmans-là : trop de contre-valeurs tue les valeurs de la France !
Partant, ce n’est pas en plaidant inconditionnellement en faveur de la communauté musulmane que vous convaincrez les Français.
Votre combat est anachronique : la religion musulmane a déjà sa place dans la République. Plus encore, il est contradictoire : si la religion musulmane n’y avait point sa place, comment pourrait-elle être la «deuxième religion de France» ? N’est-elle pas, d’ailleurs, en train de devenir la première ? Combien de mosquées en 1960 ? Combien aujourd’hui ? Et combien demain ? En va-t-il ainsi de nos églises en terre non-musulmane ? Que se passe-t-il à ce sujet en Algérie et dans l’ensemble des pays musulmans ? Le président Bouteflika n’a-t-il pas fustigé l’évangélisation sur son sol ? N’a-t-il pas averti que les enfants musulmans ne doivent point être «détournés de leur religion au profit du christianisme» (Discours de Constantine, 16 avril 2006) ? Quel statut l’Islam accorde-t-il aux autres croyants sinon celui de dhimmis ? Ces derniers ne sont même pas qualifiés de «croyants» mais de «mécréants» ou d’«infidèles» ! Quelle place, a fortiori, pour l’athée ? Et quel sort réserve le Coran à tous ces «égarés», hormis la conversion ou la mort ?
Vous qui, outre le mot «haine», utilisez volontiers les mots «respect» et «dignité», pourquoi ne vous indigniez-vous point lorsque vos frères en religion profanent nos lieux de culte ? Savez-vous que le 5 novembre 2010, à Carcassonne, des catholiques ont été caillassés pendant le service religieux ? Ignorez-vous qu’une semaine plus tard, dans la ville d’Avignon, un «jeune» a osé uriner sur le parvis de l’église Saint-Jean, avant de crier aux paroissiens : «On va tous vous griller, vous et votre église !» ? Ne vous souvenez-vous pas qu’à Strasbourg, le 14 octobre 2010, un tag peint sur la porte de l’église appelait à la «croisade» pour l’islam ? Avez-vous oublié que le 24 juillet 2010, à Echillais, en Charente Maritime, des «jeunes» sont entrés à motocross dans une église romane, et qu’à Bruxelles, l’archevêque en personne a été entartré en pleine messe de Toussaint par un musulman ? Comment auriez-vous réagi si de tels actes avaient pris pour cible un imam ou des édifices islamiques ?
Voyez-vous, cher Monsieur, je ne suis point un élu de la République, mais je suis républicain. Je ne suis pas marseillais, mais français. Je ne suis pas de confession musulmane, mais ouvert à tout ce qu’une religion peut avoir d’humanisant. Je suis donc fermé à tout ce qu’une religion peut avoir de déshumanisant, et, par suite, à tout ce qui déshumanise. Je combats le racisme, le négationnisme, l’antisémitisme et la peine de mort. Je soutiens le féminisme, sans lequel le monde serait un enfer ! Je ne sais toujours pas ce qu’est une déclaration «nauséabonde», car une déclaration n’a pas d’odeur. Je lutte pour que la République laïque puisse reprendre sa place dans une France bousculée par l’islam, et suis déterminé à ce que cela advienne, c’est-à-dire à ce que la loi française puisse de nouveau être respectée, dans sa dignité même, par chaque citoyen, quels que soient son sexe, sa race, ses idées politiques, ses conceptions philosophiques, ses options religieuses ou son rang.
Permettez-moi, cher Monsieur, de vous saluer !
Maurice Vidal
(1) Coup de gueule d’un élu de la République !

Et bien le « musulman »……….il t’emmerde !

Les récentes déclarations de Marine Le Pen, comparant les prières
musulmanes du vendredi à l’occupation de l’armée allemande lors de la
Seconde guerre mondiale, ont suscité l’émoi de toute la classe politique
française. Outre, la comparaison outrancière vis à vis de ces hommes, ces femmes et ces chibanis, souvent obligés de se prosterner à proximité de détritus, dans des conditions désobligeantes, voire déshonorantes ; et l’insulte en bonne et du forme adressée à la mémoire de ces « musulmans » qui ont payé de leur sang la libération de la nation française ; il y avait une réelle volonté de nuire.
Mais ces propos condamnables à plus d’un titre, prononcés par la future
présidente du Front national, s’inscrivent dans une longue chasse à la «
visibilité musulmane ». Ce n’est point le Front national qui pour gagner une élection présidentielle en 2007 a voulu légitimer l’idée d’un « ADN
musulman », sorte d’entité étrangère à l’intérieur de la nation française.
Je me rappelle de ces sommations permanentes, de ces agressions verbales, quotidiennes, de « on n’est pas polygame on ne pratique pas l’excision sur ses filles, on n’égorge pas les moutons dans son appartement et on respecte les règles de la République » (Nicolas Sarkozy) prononcé pendant les présidentielles lors d’une émission à grande écoute pour marquer au fer rouge les musulmans. Ces derniers présentés comme insatiables sexuellement, ne respectant pas les femmes, allant jusqu’à la mutilation de leur sexe ; barbares en puissance, allant jusqu’à assouvir par le sang leurs besoins de
violence et de surcroit hermétique à toute règle républicaine. Je me
souviens de ce « On », condescendant, méprisant, à l’encontre d’une partie de la population française. Il y avait là plus qu’un bruit….., plus qu’une odeur….. Il y avait là toute la quintessence de l’islamophobie. Il y avait là de la haine !
Ce n’est pas encore Marine Le Pen qui instrumentalisa le faux grand débat sur l’identité nationale qui très vite tourna à la mise en accusation des musulmans. Je me souviens d’un certains Eric Besson, transfuge du PS, qui déclarait : « La famille musulmane est polygame et endogame ; elle repose sur la loi du clan, et donne ses femmes aux cousins ; elle suppose l’enfermement des filles et le choix contraint », et d’ajouter : « Pour sauver leur modèle anthropologique dans un univers foncièrement hostile, les familles musulmanes qui refusent de donner leurs enfants à des « roumis » – le Coran interdit le mariage avec des non-musulmans – vont donc chercher des membres au clan au bled. Et ramènent en France un jeune homme ravi d’obtenir ainsi aisément ces fameux papiers qu’une foule en délire réclama à Jacques Chirac lors de son dernier voyage de président en Algérie ».
Ces propos d’une rare violence créaient une altérité totale séparant le
corps musulman du corps national, et instrumentalisaient l’immigration et l’islam comme frein au vivre ensemble. Mais à la course à l’incrimination calomnieuse toutes les écuries politiques y ont contribué avec un certain paternalisme pour les uns, et une vive répugnance pour les autres. L’islam devenait ainsi le réceptacle de tous les maux de la société française.
Au malheur d’être arabe, d’être noir, d’être pauvre, d’être déclassé
socialement, discriminé quotidiennement en France, s’ajoutait l’appartenance à l’islam. L’instrumentalisation politique de l’islam ne venait pas exclusivement des groupuscules extrémistes tels que le Bloc identitaire mais elle était orchestrée par notre classe politique « républicaine », d’André Gérin (PCF) à Nadine Morano (UMP), en passant par Jean François Copé (nouveau patron du parti présidentiel) et Manuel Valls (PS), voulant au non de l’islamophobie se refaire une santé politique. Et ce n’est point le récent sondage du journal Le Monde qui est des plus éloquents et des plus équivoques, qui nous démontrera le contraire. Éloquent, car la question posée suscite bien des interrogations. Pourquoi ces populations dites « musulmanes » sont-elles toujours soumises à la question de l’intégration ?
La raison est très simple, c’est qu’elle occulte la question de l’égalité
des droits.
L’intégration est ce beau concept qui emprisonne à vie ceux qui le rencontre sur leur chemin, qui scinde la nation en deux, les « légitimes » et les « illégitimes » au regard aux yeux de la société, les intégrés et les
non-intégrables. Alors que dire de cette prétendue menace que ces
populations font peser sur la nation ?
Menace des plus sournoises pour les plus nostalgiques d’une France aux racines judéo-chrétiennes, et menace encore des plus dévastatrices pour les défenseurs d’une nation gauloise. Menace qui répond enfin à une angoisse collective, transformant les musulmans en bouc émissaires, expiatoire, du « mal être français ».
Il est des sondages qui ne dévoilent pas les choses mais qui attisent la
haine. Lorsque les questions sont mal posées, les réponses deviennent alors empoisonnées.
Devant cette haine sans borne qui aura pour ultime conséquence le
morcellement de la nation française, j’appelle toute les âmes de bonne
volonté à résister contre cette chasse ouverte contre l’islam et les
musulmans, de pointer l’irresponsabilité de certains politiques qui
disons-le une fois pour toute ont échoué politiquement et notamment dans nos banlieues françaises. Faut-il islamiser la question sociale pour se dédouaner politiquement ? Est-ce vraiment les « musulmans » qui ont tourné le dos à la République ? Lorsque ces quartiers souffrent d’un chômage endémique, dépassant parfois les 45 %, lorsque la jeunesse de ces quartiers est totalement écartée de toute réussite sociale, lorsque les plus diplômés sont réduits à être maître chien, caissière, ou veilleur de nuit…Mais de qui se moque-t-on ? Qui a tourné le dos à qui ? Et à qui profite le crime ?
Vous gagnerez probablement des voix, vous construirez certainement à bons frais vos carrières politicardes, mais vous détruirez la France et ses
valeurs. Au nom de nos principes qui condamnent la haine et son
instrumentalisation, nous nous battrons par toutes les voies légales pour lutter contre le racisme d’Etat, l’islamophobie de certains partis
politiques et les déclarations haineuses.
Oui ! Je suis élu de la République, socialiste, marseillais, supporter de l’OM, français d’origine africaine, de filiation comorienne, de confession
musulmane, et je ne renoncerai à rien pour vous plaire. Je ne céderai ni aux appels des racistes notoires ni aux déclarations nauséabondes de ceux qui idéologiquement n’ont plus rien de républicain. Je lutterai pour qu’enfin l’islam puisse reprendre toute sa place dans la République laïque, respectueuse de la liberté de conscience. Je me battrai de toutes mes forces pour que les citoyens français de confession musulmane puissent bénéficier de la dignité, du respect, et de la considération que la loi française garantit à chaque citoyen. Je me battrai de toutes mes forces pour que la deuxième religion de France puisse bénéficier des lieux décents comme toute autre religion de l’Hexagone.
Toutefois, nous devons dorénavant savoir que sur la longue liste des
discriminations, la suspicion d’appartenance à l’islam est devenue la
nouvelle arme de destruction massive des prêcheurs de haine. Et bien, à bon entendeur salut ……, car le « musulman » que je suis, il t’emmerde !
Nassurdine Haidari, adjoint au maire PS du 1er secteur de Marseille

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