Réponse amicale à Fabrice Robert : Assez d’Europe, retrouvons notre souveraineté, c’est notre seule chance !

Publié le 15 août 2011 - par - 1 810 vues
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Décidément, malgré nos inquiétudes communes sur l’islamisation de la France, les divergences avec les Identitaires persistent. Non seulement leur régionalisme nous fait craindre un repli communautariste à l’échelle de toute la France, encourageant le communautarisme musulman susceptible d’y trouver et modèle et justification, mais l’idéalisation et la défense de l’Europe  à laquelle vient de se livrer  Fabrice Robert, notre allié de l’apéro saucisson-pinard du 18 juin 2010 et des Assises sur l’islamisation de l’Europe du 18 décembre dernier mérite une réponse des souverainistes que nous sommes.

Si nous sommes bien d’accord sur son postulat de départ « il va falloir repenser le monde« , nous ne pouvons souscrire à son rêve de voir l’Europe comme une puissance politique qui serait garante de la paix dans le monde. Tout simplement parce que déposséder les peuples de leur pouvoir, de leur souveraineté, de leur monnaie et de leurs choix, pour les confier à des technocrates qui ont d’autres objectifs que le bonheur de leur peuple nous semble une des plus grandes escroqueries de notre siècle. Tout simplement encore parce que l’Europe que Fabrice Robert appelle de ses vœux est celle qui existe et qui nous montre depuis des lustres ses inconvénients. Tout simplement parce que l’Europe que les Identitaires appellent de leurs vœux est celle de l’euro, c’est-à-dire de la spéculation, de la libre circulation des capitaux, de l’interdiction de battre monnaie et donc celle de la nécessité pour les Etats d’emprunter sur les marchés financiers, ce qui les amène à être endettés dans une spirale infernale. Condamnés à être endettés, condamnés à ne jamais pouvoir rembourser leur dette à cause des intérêts prohibitoires, nous sommes in fine condamnés à accepter les desiderata des marchés financiers, qui sont – et ce n’est pas un hasard-  les mêmes que ceux du FMI, que ce soit celui de Strauss-Kahn ou celui de Lagarde :  hausse de l’âge légal de départ à la retraite,  réduction des pensions de retraite, délocalisations, diminution ou même suppression des aides sociales, des allocations chômage, des services publics, entraînant la nécessité de payer des entreprises privées pour tout ce qui, auparavant, était gratuit, augmentation du coût de l’énergie, diminution de la protection  liée à l’assurance santé….

Contrairement à ce que dit Fabrice Robert, sans l’euro, les pays au bord  du gouffre comme la Grèce ne le seraient pas et ceux qui sont menacés à plus ou moins brève échéance se seraient mis à l’abri. Au lieu d’emprunter toujours plus et de se voir obligée de demander à ses citoyens de renoncer à leur patrimoine (qu’on se rappelle cette honte, le port du Pirée aux mains des Chinois) et de réduire drastiquement leur niveau de vie tout en travaillant toujours plus, au lieu d’entraîner, par la force de l’euro, les autres pays européens dans sa débâcle puisqu’obligés d’emprunter, fort cher, sur les marchés les sommes qu’ils prêtent, sans avoir aucune chance de les revoir, pour sauver les banques grecques, la Grèce aurait pu faire ce qu’a fait l’Islande : refuser de sauver les banques aux dépens du contribuable, dévaluer  fortement pour faire réduire le montant de la dette,   contrôler les capitaux. Tout ce que nous ne pouvons pas faire parce que liés par le Traité de Maastricht, l’euro et Bruxelles qui nous mènent à une perte sciemment orchestrée.

Les Trente Glorieuses avaient permis, au grand dam des ultra-libéraux, aux salariés de gagner correctement leur vie, de pouvoir envisager de changer d’emploi et d’employeur parce qu’il y avait peu de chômage, de se sentir protégé par des lois sociales remarquables. Tout cela au grand dam des spéculateurs. Ils ont inventé la mondialisation. Ils ont inventé l’OMC. Ils ont inventé l’Europe. Ils ont inventé Maastricht. Ils ont inventé l’euro. Ils ont appelé à grands cris les immigrés pour créer artificiellement du chômage et faire baisser salaires et revendications des salariés français.

Cher Fabrice, l’Europe que tu appelles de tes vœux n’existe pas et ne peut exister, il s’agit d’un miroir aux alouettes et nous ne nous y étions pas trompés, le 29 mai 2005, en votant massivement non. Et ils ne se sont pas trompés, les Sarkozy, Hollande, Bayrou, Aubry et Royal, tous ceux qui veulent nous mettre en coupe réglée et faire de nous les esclaves des financiers du monde entier  en appelant massivement les députés à bafouer notre vote en février 2008.

Ne me dis pas, cher Fabrice, que tu crois vraiment à ce mirage pour enfants, l’Europe comme garante de la paix ! Est-ce la paix cette Europe qui interdit aux pays de contrôler ses frontières et les contraint à accueillir clandestins et délinquants libérés des prisons tunisiennes ? Est-ce la paix cette Europe qui refuse que l’on indique sur la viande si elle provient d’animaux égorgés selon le rite halal ? Est-ce la paix cette Europe qui veut que les Etats lui soumettent les lois des finances avant de les faire voter par leurs Parlements ? Est-ce la paix cette Europe qui veut imposer 50 millions d’immigrés à des pays qui ne parviennent déjà plus à gérer leurs propres ressortissants ? Ne vois-tu pas, Fabrice, que tout cela génère et peur et révolte ? Ne vois-tu pas, Fabrice, et les émeutes de 2005 en France comme celles qui viennent d’avoir lieu en Grande-Bretagne le démontrent, hélas, que les guerres ne se feront pas pour des frontières mais à l’intérieur de celles-ci, entre nouveaux arrivants voulant imposer leur mode de vie et anciens attachés au leur ? Ne vois-tu pas que c’est précisément l’Europe politique qui nous condamne ? Ne vois-tu pas que, précisément, cette absence de lien de proximité entre les peuples et un pouvoir qui leur est étranger  ne peut aboutir qu’au désenchantement dans le meilleur des cas, au désespoir et à la guerre dans le pire ? C’est à toi, identitaire, qui mets l’identité et les racines en priorité de toutes choses que je dois rappeler cela ? J’avoue ne pas te comprendre… il y a là une contradiction indépassable.  Il ne peut y avoir un gouvernement politique européen tout simplement parce qu’il n’y  a pas de peuple européen. Que nous soyons les héritiers de la civilisation judeo-chrétienne tisse des liens, permet de partager des valeurs, cela ne fait pas d’un Français attaché à la poule au pot d’Henri IV et à nos traditions centralisatrices un homme comprenant au quart de tour  un Catalan régionaliste en diable ou un Anglais acceptant de payer des sommes folles pour un roi d’opérette… Nous sommes différents et c’est notre force. Pourquoi vouloir nous mettre tous en coupe réglée, sous les diktats américains et bruxellois nous interdisant l’inflation comme le fromage qui pue ? Pourquoi nous refuser le droit de nous unir, à chaque fois que nous le souhaitons et le croyons nécessaire autour de projets bi-nationaux comme Airbus ?

Non, cher Fabrice, les souverainistes ne sont pas tournés vers le passé, au contraire. Les souverainistes veulent un avenir radieux à la hauteur de leur passé. Les souverainistes ne voient pas pourquoi, à l’instar des staliniens de sinistre mémoire, ils devraient sacrifier une ou deux générations en attendant le jour improbable où, dans le système totalitaire qui est mis en place par le Traité de Lisbonne,  une AUTRE Europe, que tu appelles de tes vœux, pourrait voir le jour…

Ne sois pas hypocrite, Fabrice, tu sais fort bien que nous sommes pieds et poings liés et que nous ne pourrons inventer une autre Europe que si nous sortons de celle-ci pour la faire éclater en mille morceaux. On ne peut changer de l’intérieur un régime dictatorial. Il faut le fuir et/ou le détruire. C’est une nécessité vitale.

Je passerai vite sur d’autres passages de ton discours qui m’ont fait bondir : non, l’indépendance de la France, ce n’est pas le désir de mesurer sa puissance au nombre d’établissements où l’on « baragouinerait » le français. Baragouiner le français, Fabrice ! Toi qui es si amoureux de la France, de se culture, de sa langue, tu n’as pas peur d’utiliser un tel mot ? Tu sais fort  bien que ceux qui, à l’étranger, font l’effort d’apprendre le français lui vouent une véritable dévotion et font tout pour le parler à la perfection, fiers de manier la langue de Voltaire. Que dire encore de ton refus de  l’assimilation – conçue comme un viol !-  au nom de l’identité ? Crois-tu vraiment que proposer à ceux qui ne sont pas français de partir vivre au pays de leurs ancêtres ou de leur enfance alors qu’ils aspirent à notre liberté, à notre émancipation, à notre démocratie soit plus facile que de leur demander de faire ce que des générations d’Italiens, d’Espagnols et de Portugais ont fait avant eux, s’assimiler, pour devenir français, pour faire partie du peuple français et y obtenir les mêmes droits et devoirs ?

Cher Fabrice, la lecture de ton texte me laisse un sentiment de malaise, un peu comparable à celui que m’a laissé la déclaration de candidature d’Eva Joly -pardon de ce rapprochement injurieux pour toi, je connais ton amour authentique de la France-  la France, au nom de laquelle tu parles, est terriblement absente de ton discours, il n’est question que d’Europe, d’identité, de monnaie, de re-migration… mais quid de notre pays, de ses spécificités, de notre culture, de nos valeurs, de notre histoire ? La France est un pays, Fabrice, et non un conglomérat de quelques régions d’Europe. Ne l’oublie pas, car ce serait notre mort et celle de notre civilisation à laquelle je te sais autant attaché que moi.

Christine Tasin

Résistance républicaine

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